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Auteur Fil de discussion: Pourquoi ?... ... histoire d'une maltraitance infantile  (Lu 51448 fois)
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dominique
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« Répondre #75 le: 26 Novembre 2016 à 21:15:39 »

         

   ......Depuis quelques temps, j’ai honte de ce comportement de faible qui est mien. J’ai pris conscience que psychologiquement je suis devenu très fort. Je me sens bien dans ce nouveau "cerveau". Je ne veux plus retourner en arrière. Bien sur, ma famille continue a me manquer, mais je ne fais presque plus de cauchemar. C’est comme si mes  "fantômes" étaient partis en voyage. Je sais qu’ils peuvent revenir et je sais que s’ils reviennent, ce sera a cause de moi. Je ne dois plus sombrer dans la tristesse, le doute, la douleur morale. En gros, je dois penser a demain, après demain, de temps en temps a aujourd’hui, mais jamais a hier ! Je dois apprendre a ne jamais revenir sur ce qui vient de se passer. Je dois me forcer a regarder devant moi, ne jamais laisser mon attention se détourner.  Je dois m’occuper de moi, je sais que j’existe, je suis une personne, je suis moi ! Alors, en avant.
                                                       
J’approche du but final de mon "expédition". Ma motivation de ce matin n’a plus rien a voir avec l’instant présent. A chaque carrefour, a chaque stop, je me retiens de ne pas faire demi-tour. Dans mon cerveau, toute les images de mon enfance se mélangent a quantités de questions dont je me refuse a fournir une seule réponse. Je tremble de peur. Plusieurs fois je me suis arrêté au bord de la route pour reprendre une respiration normale. La frousse qui c’est emparé de moi est inhumaine. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine. Pourtant, je résiste toujours a cette petite voix intérieure qui m’ordonne de rebrousser chemin.


Depuis quelques centaines de mètres déjà, je suis entré dans l’antichambre de ma maltraitance infantile. C’est la ville qui précède celle ou j’ai souffert tant d’années. Je roule si doucement, qu’a chaque tour de roue de mon engin, je risque de perdre l’équilibre. Soudain, sur le trottoir est planté le panneau qui indique le nom et le début de la ville ou sont enfermées toutes les souffrances de mon enfance. La ville de ma maltraitance, la ville dont j’avais promis de ne plus jamais y retourner ! C’est trop difficile, je ne peux pas avancer un mètre de plus. Je suis paralysé par la terreur. Je suis persuadé que "l’autre" est là, tout autour de moi……elle me surveille, elle va m’attraper, me tirer a la cave, elle va me………

"Ça ne va pas jeune homme ? Vous avez besoin d’aide ? "

J’ouvre les yeux, je suis assis par terre, a même la route. Plusieurs personnes se tiennent autour de moi. Quelqu’un est en train de relever ma mobylette.
Que s’est-il passé ?  Non ! C’est impossible..... ils ne peuvent pas être revenus ! Ils n’ont pas le droit ! Comment je dois faire pour ne plus voir ces fantômes ? Je dois m’enfuir, disparaître, ne plus jamais revenir ici, ne plus……   

" Allez, un effort, levez vous, vous avez fait une chute en mobylette. Vous n’avez rien ? "


Touts ces mots me ramènent peu a peu a la réalité.  Mes fantômes ce sont fondus dans ces personnes que je ne connais pas et qui veulent m’aider. Ce qui me fait le plus grand bien. Je suis sensible a la gentillesse de ces gens, mais en même temps je ressens un sentiment que je n’arrive pas a définir. On dirait que………

" Vous allez mieux ? "

Mais oui ! C’est ça, Ces gens que je ne connais pas, ces gens me disent vous ! Comme a un adulte, ils me vouvoient ! Ils me respectent ! C’est magnifique, c’est délirant, c’est…… Je leur fais mon plus beau sourire, et je leur dit

" Je vais bien, merci beaucoup "

Ma joie est telle que je me sens obligé de leur dire

" Moi aussi j’habite ici, j’étais parti, maintenant je suis revenu ! "

Aussitôt le vide se fait autour de moi. J’ai conscience d’avoir parlé bête, mais je m’en fiche complètement.
Je redémarre mon engin, et tout en partant je crie a l’adresse de ces gens

" Au revoir, merci beaucoup, a bientôt ! "

J’ai de nouveau réussi a attraper quelques minutes de plein bonheur..... Je n’arrive pas a croire que des gens m’ont vouvoyé, moi, un môme de l’assistance publique,  un commis de ferme,  un…… Ils m’ont dit "vous".

Puis, la réalité de l’instant reprends bien vite le dessus son mon bonheur, quand je passe devant ce qui était mon école primaire. Le bâtiment paraît plus petit que dans mes souvenirs. Même la cour semble avoir rétrécie ! Pourtant, rien n’a bougé, tout est a sa place. Je ne comprends pas cette différence par rapport a mes souvenirs. Mais de toute façon, cela a-t-il une quelconque importance ?
Je reste un long moment devant ce lieu qui a été le témoin direct de ma maltraitance. J’essaie de me rappeler des bons moments passés dans ce bâtiment, mais rien n’y fait. Seuls les instants de souffrance que j’y ai vécu me viennent en mémoire. La planche de bois du directeur qui s’abat sur ma main, ses moqueries lors de mes bégaiements, son pacte avec "l’autre", les… Alors je détourne les yeux et je continue de rouler.

Aussitôt j’aperçois quelques dizaines de mètres plus loin, l’entrée du magasin ou régulièrement, "l’autre" m’envoyait mendier de la nourriture. Comme pour l’école, ce n’est que de la souffrance qui envahit mon cerveau. Les réflexions cruelles du propriétaire du magasin me font beaucoup plus mal maintenant, qu’il y a quelques années.

"Sors de mon magasin, reviens quand tu auras de l’argent, dis a ta m… qu’elle me paie ces dettes"

A nouveau je détourne les yeux. Je roule lentement dans cette rue qui maintes fois a été souillée des larmes de ma maltraitance. Je connais chaque morceau de trottoir, de macadam, le moindre creux, la moindre bosse. C’est cette rue qui……C’est…… C’est ma rue, ma souffrance, ma douleur. Aujourd’hui, c’est la rue qui me mène a mes fantômes.
Encore quelques secondes et je vais passer devant la maison qui……… C’est trop difficile. Je sens que je vais m’évanouir.......
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« Répondre #76 le: 09 Décembre 2016 à 22:25:55 »

     Dans ma poitrine, mon cœur me fait mal tellement il bat fort. Je n’arrive presque plus a respirer, j’ai des maux de tête, je tremble.....
Alors sans vraiment savoir comment, je réussi a accélérer et tout en pleurant, je m’éloigne de ma.... de cette maison ou sont peut être mes frères et sœurs. Et aussi papa..... " l’autre ".....

Arrivé au bout de la rue, je tourne sans réfléchir vers la gauche. Je veux rejoindre l’endroit d’où je suis parti il y a quelques années. Ce lieu qui a été le témoin de ma dénonciation. Cet endroit ou se trouvait une voiture a l’arrêt avec deux personnes a l’intérieur. Une assistante sociale et un môme maltraité. Une adulte et un enfant. Une adulte qui a réussi a ce qu’un enfant dénonce la maltraitance que lui faisait subir sa.....  l’autre ". Une adulte dont le métier était de sortir les mômes de leur lieu de souffrance. Une adulte qui a eut le pouvoir de m’éloigner de cet enfer. Une adulte qui a autorisé mon placement dans une famille d’accueil. Et ensuite, cette adulte ne s’est plus jamais occupé de moi. Bien sur, elle venait de temps en temps me voir, mais ce devait être pour constater comment mes patrons supportaient ma présence. Mais de moi,  jamais elle ne c’est plus occupée.
Quand je dis "de moi", je veux parler de mon mental, de ma douleur, de mes fantômes, de mon mal être, de.....

Hé, Dominique ! Tu t’égares. Cette adulte, pouvait elle prendre la responsabilité de s’occuper de ta douleur psychologique ? Cette adulte était-elle formée pour gérer un problème aussi complexe que tes dérives mentales ? Cette adulte, avait elle seulement le temps de prendre en compte tes nouvelles douleurs ?
A toutes ces questions et il y en aurait beaucoup d’autres, tu dois savoir que la seule réponse possible est "non!". Le système mis en place pour la protection des enfants n’en est pas a ces débuts, mais ne critique pas ce système. Quelques années plus tôt, personne ne se serait intéressé a ton sort. Et aujourd’hui, au lieu de te trouver devant cet endroit qui a en quelque sorte changé ta vie, il aurait été fort possible que tu n’ai pas survécu ! Alors, dans ton malheur, n’y a t il pas du bonheur ?  Ou de la chance !  A toi d’accepter ou de rejeter ces certitudes.     

Voilà ! Je me trouve a l’endroit exact qui a contribué a l’arrêt de ma maltraitance, et je ne trouve pas mieux a faire que de critiquer le système et la personne qui m’ont enlevé il y a quelques années a un enfer passé. Le comble a tout cela, c’est que je suis revenu de mon plein gré vers ce lieu de souffrance. Mon patron a raison quand il me dit que je n’ai pas de cerveau,  pas d’avenir, pas de..... Je démarre ma mobylette et m’éloigne rapidement de ce lieu de..... Je m’éloigne.

Je roule vers la ville voisine. Elle est distante d’à peine un kilomètre. Je me refuse a continuer de souffrir. Je dois retourner d’où je viens. Je sais que j’ai fait une erreur en revenant ici. Je n’y ai plus ma place. Ou plutôt, cette place est réservée au môme d’il y a quelques années, a l’enfant maltraité, au gamin qui prenait des coups heure après heure, jour après jour, au gosse qui..... Ce n’est pas moi, ce n’est plus moi.



                                                                 


                                 Cela fait une bonne heure que je roule en direction de la ferme. J’en suis encore loin, ce qui me laisse tout loisir pour réfléchir a ce que je vais pouvoir raconter comme mensonge.
Ce n’est pas évident de revenir sur le passé. Qu’il soit proche ou loin, le problème est identique. Je pense que ce n’est qu’une histoire de préparation psychologique.

                                 Moi, je suis parti vers un lieu que je n’aurai jamais du revoir, et maintenant je retourne vers un lieu que je n’aurai jamais dut quitter. C’est trop compliqué. Dans le deux cas, je ne suis pas prêt. Comment cela se fait-il ? Au fond de moi je commence a comprendre mon erreur. Il me faut un quart d’heure et quelques kilomètres de plus pour qu’une logique a mon problème prenne complètement vie dans mes pensées. Mon erreur, c’est que dans chacun des deux cas, j’ai cherché, et je cherche a prévoir mon destin.
Je suis parti de la ferme avec la pensée de ce qu’il pourrait arriver quand je serai au milieu de cet enfer qui appartient a un môme qui n’existe plus ! Maintenant, je retourne vers mon point de départ avec une pensée identique a la précédente ! Que va-t-il arriver au môme que je suis quand il va se retrouver en face de son patron ? Tout cela est compliqué et simple a la fois.
Compliqué de par le fait que j’entretiens une peur de chaque instant que je sais ne pouvoir maîtriser.
Simple, du fait que j’ai conscience de cette situation. Il me suffirai donc de changer dans ma manière de voir les choses ! C’est dur la vie. Je pense que je suis encore loin d’être adulte. Peut être même ne réussirai-je jamais a le devenir !
Tellement de questions, et si peu de réponses.


                                                  Il fait nuit quand j’arrive a la ferme. J’ai coupé le moteur de mon engin depuis le sommet de la côte. Le plus silencieusement possible, je le gare derrière la maison. Il ne me faut pas plus de deux minutes pour rejoindre ma chambre. Chose étonnante, je suis heureux d’être rentré.
Allongé sur mon lit, je cherche quelle sera ma tactique de demain matin,  face a mon patron. J’ai déjà une petite idée sur ce que je ferai.
Tout d’abord, je resterai muet a toutes ces questions. Ensuite, s’il s’énerve trop..... Je me défendrai !


               Il fait grand jour quand j’ouvre les yeux. Quelle heure est-il ? Je ne sais pas. J’ai la désagréable sensation de revivre un moment passé. Mais cette fois ci, je ne me laisserai pas surprendre. C’est moi qui aurai le dessus. Je n’ai pas besoin d’eux, ni de leur nourriture, ni de quoi que ce soit. D’une rapidité exemplaire, j’enfile mes bleus de travail. Sans couper mon élan, je sors de ma chambre, dévale les escaliers, et en quelques bonds, me retrouve au milieu de la cour. Je ne sais vers quel endroit aller. Un bruit de moteur de tracteur semble provenir de derrière la maison. C’est dans cette direction que je me dirige d’un pas assuré. Mon patron est occupé a accrocher une fourche de chargement au tracteur. Par expérience, je sais que ce n’est pas facile d’effectuer cette manœuvre en solo.
Alors, sans un regard vers mon patron, je me saisi d’un axe de fixation, et d’un geste autoritaire de la main, j’invite mon boss a avancer avec le tracteur. Pendant plusieurs secondes il ne se passe rien.
Pour la seconde fois, je lève la main et fais signe d’avancer. Mon regard reste concentré sur le support qui doit accueillir l’élément de la fourche. Comme rien ne se produit, sans tourner la tête je m’écrie

"Vous avancez, oui ou non ! "

J’entends la vitesse qui s’enclenche et enfin, le tracteur avance. Je sais que je n’ai pas intérêt de louper mon coup.
Les supports s’emboîtent l’un dans l’autre du premier coup. D’un geste adroit, j’enfile l’axe dans son logement, et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je bondis de l’autre coté du tracteur pour positionner le second axe. Opération réussie du premier coup ! Tout vas très bien ! Pourvu que ça continue.
Maintenant, je n’ai plus le choix. Il va falloir que je lève les yeux vers mon patron. Ce qui, je le reconnais, n’est pas évident. Tout en faisant semblant de contrôler les fixations de la fourche de chargement, je tente de me motiver mentalement.
Allez Dominique, du courage ! Il ne va pas te manger, et rappelle toi ta résolution d’hier au soir,  tu te défendras ! D’un geste brusque, je me tourne vers mon patron. Et là, je reste sans voix. Assis sur son tracteur, il me souri !...........
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« Répondre #77 le: 27 Décembre 2016 à 21:12:50 »

........ Ce n’est pas un sourire de satisfaction, c’est un sourire amical. Ce n’est pas possible, ce type sait vraiment comment me dominer. Et ça marche ! Je suis incapable de rassembler une pensée cohérente. J’en ai marre. tout en gardant son sourire angélique, il me demande....

" Alors Dominique, on a prolongé son temps de repos ? "

Si ce bonhomme ne se tais pas tout de suite, je sens que je vais piquer une crise de nerf. Il faut que je trouve quelque chose a lui dire ou a faire, sinon je vais m’écrouler. Malheureusement, rien ne viens. Ou alors, peut être que....
D’un geste rapide, je retire l’axe de maintien de la fourche de chargement qu’il y a quelques minutes a peine j’avais mis en place, et le jette le plus loin possible.
Toujours assis sur son tracteur, mon patron entre dans un fou rire qui se transforme rapidement en étranglement. Une colère folle m’envahit. Je serre les poings. Je vais le cogner, le.... C’est a ce moment que je réalise que mon boss est en train de s’étouffer.
Pendant une fraction de secondes, je suis satisfait de la tournure des évènements. Puis, comme a chaque fois qu'une situation tourne en ma faveur, je me résous a porter secours a ce.... Enfin, quand je dis "porter secours", c’est hurler le plus fort possible pour alerter la patronne qui en quelques secondes se trouve aux cotés de son mari.
Moi, pendant ce temps, j’en profite pour disparaître en direction de ma chambre. Au fond de moi, malgré le risque encouru par mon patron, je ressens une agréable sensation de satisfaction. Allongé sur mon lit, j’imagine qu’il est mort, et que....
La porte de ma chambre s’ouvre violemment et laisse apparaître la stature imposante de ma patronne. Son regard est furieux. Ces yeux, s’ils étaient des armes, ne me laisseraient aucune chance de survie. Debout au pied de mon lit, elle me regarde droit dans les yeux et me dit

"  Si tu recommence, je te tue "
 
Aussitôt elle se tourne et quitte la chambre, non sans avoir au préalable enfoncé sa main au fond de sa poche, et jeté sur le lit la lettre que je leur avais écris quelques jours plus tôt. En descendant les escaliers elle me crie

" Dommage que tu sois revenu ! "

Et voilà, maintenant je n’ai plus le choix. Je vais partir. Le plus rapidement possible, tout de suite ! Là, maintenant....
Sitôt dit, sitôt fait. Je jette mes quelques affaires dans mon sac, fais rapidement un regard circulaire autour de la chambre, pour être sur de n’avoir rien oublié et dévale les escaliers quatre a quatre.
Dans la grange,  assis sur une botte de foin, mon patron semble avoir récupéré de son malaise.
Sans un mot, sans un regard vers sa personne, je me dirige vers ma mobylette que j’enfourche fièrement comme un chevalier qui viens de gagner un duel.
Devant moi, s’ouvre la route d’un avenir complètement incertain. Il ne me reste plus qu'une seule direction a prendre, et je me dois d'y aller. Une force m'y pousse.... une voix a l'intérieur de mon cerveau me dit.....  "vas-y.... n'hésite pas...."

je retourne vers.... chez moi....

                                                         
                     Me revoilà de nouveau dans la ville de ma maltraitance. Il fait nuit. Appuyé contre le tronc d'un arbre, je regarde sans la voir, la maison ou doit vivre ma sœur. Des trois aînés, c’est la seule qui ne m’a jamais fait de mal pendant ma maltraitance.
Peut être que..... si j’avais le courage, j’oserai frapper a la porte de sa maison. Peut être qu’elle serait contente de me revoir ! Peut être qu’elle ne m’a jamais oublié ! Peut être que....
Tellement d’incertitude plane dans mes pensées, qu'elles font que jamais je ne pourrai me décider a m’avancer vers cette maison, frapper a la porte, et....

Alors Dominique ! Il est ou le preux chevalier qui, il y a peu de temps a quitté fièrement la ferme et ces patrons ? Serais tu vraiment trouillard ? Vas tu de nouveau faire demi-tour ? Pour aller ou ? Es-tu seulement capable de.... De toute façon, tu n'a plus aucun endroit ou aller. Si tu retournes vers ton assistante sociale, tu vas te faire tuer! Peut-être pourrais tu aller vers ces gens qui t'on accueillis la première fois..... ceux qui t'on sortis du foyer de l'assistance publique.... Madame et Monsieur X. Eux non plus ne veulent plus de toi!!! Plus personne ne veux de toi.... tu es trop compliqué. Tu as découvert un nouveau passage dans le labyrinthe de la vie. A l'entrée de ce passage, il pourrait y être écrit.... " Solitude".

Plongé dans mes pensées et sans en avoir réellement conscience, je me retrouve devant la porte de la maison. Mes pensées ce sont transformées en un grand tableau noir. Je ne réussis plus a contrôler quoi que ce soit. Mes maux de tête se rappellent a mon bon souvenir.... je tremble de tout mon corps.... Sans que je comprenne comment, les yeux fermés, je frappe de plus en plus fort contre cette porte.... cette nouvelle porte qui....

" Dominique ! C’est toi ? Tu es revenu !"

Les deux poings levés, j’ouvre doucement les yeux. Devant moi, se tiens une femme que je ne reconnais pas. Il est vrai que quelques années ce sont passées depuis mon départ de ma famille. Je creuse dans les profondeurs de mes souvenirs pour me rappeler le son de la voix de ma sœur, mais rien n'y fait. Qui est cette personne qui connais mon prénom Pourtant, c'est chez une frangine que je suis sensé être..... je me souviens de ma sœur "d'avant". C’était une femme fine et jolie. Et là, se tiens devant moi une personne de forte corpulence avec un visage.... Et elle semble si petite ! je ne sais pas... je ne sais plus.

"Dominique ! Tu ne me reconnais pas ? C'est moi ! ta sœur A...."
             
Doucement, le son de cette voix reprends place dans mon cerveau. C'est ma sœur.... elle a changé physiquement, mais c'est ma sœur. Je me souviens de ses semblants d'étouffements dans les fin de ses phrases.... En même temps, quelque chose de fort m'attire vers elle. Je sais que je me trouve devant ma sœur, malgré que je ne la vois plus comme dans mes souvenirs de môme.

Mes jambes peinent a me supporter. J’essaie de dire quelque chose, mais aucun son ne sort de ma bouche. Mon cœur bat la chamade et en même temps je tremble de peur et de joie. Si je ne réussis pas a faire ou dire quoi que ce soit dans la seconde qui suit, le démon de la fuite va s’emparer de moi.
C’est ma sœur qui débloque la situation en m’entourant de ces bras. Les yeux remplis de larmes, elle ne cesse de prononcer mon prénom. Moi, je reste pantois, presque gêné de la voir pleurer. Dans mon cerveau, une petite voix me dit sans cesse que c’est moi qui doit pleurer. C’est mon rôle ! Personne ne peux me prendre cette place... elle est mienne pour toujours.

Pour la première fois de ma vie, je me retrouve a l’opposé d’un problème que je peine a maîtriser, voire a comprendre. Le seul avantage que je tire de cette situation, c’est que je n’ai pas mal a la tête. Ce qui me déstabilise encore plus. Alors que je cherche a comprendre et surtout a parler a ma sœur, apparaît dans l’encadrement de la porte, une silhouette que je reconnais de suite. Mon beau-frère ! Le mari de ma sœur ! Le seul qui un jour a pris ma défense en me sortant des griffes de (l’autre).
D’une voix sereine, mais autoritaire, il s’adresse a ma sœur.

" Mais laisse le donc entrer ! "

Ma frangine semble ne pas vouloir entendre. Elle me serre encore plus fort contre elle, comme si ce devait être la seule et unique fois qu ‘elle aura ce droit. A regret, elle relâche son étreinte pour aussitôt me prendre la main et me tirer dans sa maison. Je n'oppose aucune résistance. Quand bien même, ce serait inutile.

Que dire de la suite de cette soirée ? Je ne m’en souviens plus très bien. J’ai seulement souvenir que j’ai dut répondre a beaucoup de questions. Cela, je ne peux l’oublier, parce que mon bégaiement avait repris le dessus.
Je sais aussi que nous avons beaucoup parlé de (l’autre). Quand je dis "nous", ce serait plutôt eux ! Mon beau-frère en particulier. Il semble avoir peur des conséquences de ma venue au sein de leur famille. Je dois préciser que pendant la soirée, je leur ai demandé si je pouvais rester chez eux.... Très vite, trop vite peut-être, ma sœur m’a répondu

" Tu peux rester aussi longtemps que tu voudras. Tu es ici chez toi. "

J’ai remarqué le regard sévère qu’elle a lancé a son mari quand elle a dit ces mots ! Lui, il a baissé les yeux. Ce n’est pas qu’il ne veux pas que je reste chez eux, mais comme il l’a laissé entendre plusieurs fois pendant la soirée, sa maison est petite et avec leurs deux enfants, ils ont juste la place qu’il faut. A cela, ma sœur lui a répondu
"
"Si s’était pour quelqu’un de ta famille, tu trouverais tout de suite une solution"

A partir de cette phrase, mon beau-frère ne m’a pratiquement plus adressé la parole. Par contre, plusieurs fois durant la soirée, j’ai surpris son regard pesant, dirigé vers moi.
Ma première nuit chez ma sœur, je l’ai passé sur le canapé. Je n’ai pas beaucoup dormi. Cela m’a permis de réfléchir.
A quoi ?  Au brouillon de ma vie ! Tout simplement.
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« Répondre #78 le: 12 Janvier 2017 à 22:11:20 »

 


                           ......... Cela fait plus de deux semaines que je squatte chez ma sœur. Je ne suis pas sorti une seule fois de la maison. (L’autre) habite a environ trois cent mètre d’ici. J’avoue que j’ai peur de la rencontrer. Avant hier, je l’ai aperçu. Elle est passée dans la rue. Pendant quelques secondes, j’ai cru qu'elle se dirigeai vers la maison. Mon cœur battait si fort dans ma poitrine, que j’ai failli faire un malaise. Depuis que je l'ai vue, je sais que mes fantômes sont réels. Je suis persuadé que jamais je ne m’en séparerai. Quoi que je puisse dire, quoi que je puisse faire, j'ai la sensation que pour toujours, j’aurai peur d’elle. C’est une triste vérité, mais elle est réelle.....

Plongé dans mes pensées, je devrais peut-être dire, dans ma peur, je sursaute au bruit que fait le clé qui tourne dans la serrure de la porte d’entrée. C’est mon beau-frère qui rentre du travail.

" Alors Dominique, ça va ? Tu n’es pas fatigué ? Ça ne te dérange pas que je travaille et que toi tu ne fais rien ? "


Je suis surpris par le ton agressif de mon beau-frère. Je veux lui répondre, mais mon bégaiement m’empêche de commencer toute discussion. Alors je reste silencieux. Que faire d’autre ? Si seulement ma sœur était là ! Je me dirige vers la fenêtre, je l'aperçois dans le jardin, elle étend du linge. Mon beau-frère profite de la situation pour me dire ce qu’il a sur le cœur.

" Tu ne peux pas rester chez moi si tu ne travailles pas ! Si tu veux vivre avec nous, tu dois nous payer un loyer. Demain après midi, je t’emmène chez quelqu’un qui peux t’embaucher "

Sur ce, mon beau-frère quitte la cuisine et va rejoindre son épouse. De la fenêtre je peux les voir. Leur discussion semble animée. Il n’est pas la peine de savoir, pour comprendre que je suis le centre d’intérêt de leur dispute.
De les voir se disputer a cause de moi, me rend malheureux. Pourquoi les choses de la vie ne sont-elles pas plus simple ? Pourquoi qu’a chaque fois qu’il est question de moi, rien ne se passe dans le bonheur, la joie ? Pourquoi ma vie est-elle associée a toutes ces négations ? Est-il possible qu’un jour quelqu’un puisse s’intéresser a moi sans que cela porte préjudice a qui que ce soit ? J’en doute fortement.....
 
Pourtant, je sais que mon beau-frère a raison ! Je sais que je dois aller travailler ! Je sais que je dois payer un loyer ! Je suis d’accord avec tout ça !  Mais le problème, c’est que pour faire comme eux le veulent, je dois sortir de la maison. Je dois affronter l’extérieur... ... et l’extérieur, c’est papa, ce sont mes frères, mes sœurs, et surtout, c’est (l’autre).  J’ai peur, j’ai très peur.  Comment faire, comment dire a mon beau-frère et a ma sœur que j’ai peur.... que.....

" Dominique, ça ne va pas ? "

Ma sœur est près de moi. Elle me caresse doucement les cheveux tout en me disant

"  Tu sais Dominique, moi aussi j’ai peur d’elle. Tout le monde a peur d’elle. Mais tu es un homme et au tribunal; le juge a dit......"

Elle a parlé, parlé, et encore parlé.
Je ne me souviens plus de tout ce qu ‘elle m’a dit. Je n’ai retenu que l’essentiel.... " Va travailler ! "
Alors je suis allé avec mon beau-frère a cet entretien d’embauche. Tout c’est passé pour le mieux. J’ai décroché un emploi dans une station essence. Il est prévu que je travaille sept jours sur sept. Comme a la ferme ! Quelle chance..... Pour mes jours de repos, mon nouveau patron m’a dit

" On verra, travaille d’abord ".

J’ai travaillé des jours et des jours sans me reposer. Servir l’essence, laver les voitures, aspirer les intérieurs de voiture, laver les vitres du bureau, balayer le parking, nettoyer……………. Nettoyer, et encore nettoyer. Malgré tout, j’aime mon travail. Et combien il en serai le contraire, que je n'aurai pas le choix.

les semaines passent et se ressemblent. Mais depuis quelques jours, mon patron parle de plus en plus fréquemment avec moi. Il m’apprend comment contrôler le niveau d’huile du moteur d’une voiture, la pression des pneus, nettoyer le pare brise du véhicule pendant que le plein d’essence s’effectue, proposer l’achat d’un bidon d’huile au client, bref, être commerçant.   
Puis, un jour en fin de semaine, il me dit.

" Demain et dimanche, tu restes a la maison. Il faut que tu te reposes. A partir de lundi, tu commenceras a servir de l’essence, encaisser l’argent, et rendre la monnaie. J’ai confiance en toi. Tu es un bosseur "

Ce soir là, j’effectue le trajet qui me ramène chez ma sœur, en pleurant. Ce sont des larmes de fierté. Mon patron m’a ouvertement, directement félicité. Sans aucun détour.
Simplement, fortement, il m’a dit..... j’ai confiance en toi, tu es un bosseur. Jamais de ma vie je n’oublierai ce jour.

Mes nouvelles conditions de travail me plaisent. Je travaille un week-end sur deux, avec toujours deux jours de repos par semaine. Ce travail contribue également a me redonner confiance en moi-même. Au début, j’osais a peine regarder les clients en face. Maintenant, je suis capable de leur sourire et de leur dire bonjour. Je dois avouer que dans mes progrès en relations humaines, un élément motivant et non des moindres me pousse a m’améliorer. Les pourboires !
Pour ainsi dire, chaque client me donne une pièce de monnaie après une prestation. Après avoir servi un plein d’essence, j’entends souvent cette phrase

" Garde la monnaie "

Dix centimes par-ci, vingt centimes par-là, chaque fin de journée me permet de disposer d’un pactole appréciable. En plus de mon salaire.... tout va pour le mieux ! Je prends rapidement conscience que l’argent est le nerf de guerre de la vie.
Comme je n’ai pas de compte bancaire, tous mes gains, salaire, pourboire, vont dans une soupière décorative posée sur un meuble dans sa salle a manger, que ma sœur a mis a ma disposition. Il ne faut pas longtemps pour que cette soupière se remplisse a raz bord. Je suis assez fier de moi. Surtout que je ne dépense presque rien. C’est tout aussi fièrement que je paie mon premier loyer a ma sœur. Il m’est presque autorisé de dire que la vie est belle. Et pourtant.....

Ce matin ressemble a tous les autres matins. Après avoir balayé l’aire de service, le bureau, préparé l’atelier des vidanges, bref après la mise en marche de la station, je m’accorde quelques minutes de répit tout en dégustant un café.
La sonnerie de la porte du bureau retentit. Souriant, je lève la tête vers le premier client de la journée.
Mon sourire se transforme en un regard effrayé. Mon cœur bat la chamade, mes jambes tremblent. Je vais m’évanouir.....
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« Répondre #79 le: 26 Janvier 2017 à 22:06:22 »



                             Devant moi, se tient papa..... je suis incapable de faire un seul geste, incapable de dire un seul mot. Je sais seulement que je vais mourir. Pourquoi ? Je n’en sais rien..... Je le sais, c’est tout......

Fièrement campé dans toute sa grandeur au milieu du bureau, une seule et unique phrase sort de sa bouche.

"Ce soir, tu  rentres a la maison. L’argent que tu donnes a ta sœur, tu peux très bien le déposer sur la table, devant ta mère "

La frayeur bloque mon cerveau. Je ne comprends pas la phrase que je viens d’entendre. Ma vue se brouille, je sens que je vais m’évanouir. J’ai mal a la tête..... Après, je ne sais plus très bien ce qu’il c’est passé.
Quand je maîtrise a nouveau mes sentiments, c’est pour constater que je suis seul dans le bureau. Peureusement, je regarde autour de moi. Il n’est plus là, il est parti. Est-il seulement venu ?  Je ne sais pas, je ne sais plus. Pourtant, je commence a me rappeler la  phrase qu’il m’a dit.....

"Ce soir, tu rentres....."

Non, ce n’est pas possible ! Il ne c’est rien passé ! Papa n’était pas devant moi..... jamais il ne se serait abaissé a un acte de ce genre, jamais il..... admet le Dominique, c’est la réalité, il était là ! Devant toi, il t’a ordonné de rentrer..... De déposer ton argent sur la table..... Non, j’ai mal compris, ce n’est pas ce qu’il m’a dit, j’ai mal compris..... J’ai mal compris.....
 
Un coup de klaxon d’un automobiliste qui réclame de l’essence me sort de mon cauchemar. C’est accompagné d’un soulagement indescriptible que je me rue vers mon client. Pour me changer les idées, sans demander l’avis du client, en plus du plein d’essence demandé, je fais une mise au point de tous les niveaux, suivi d’un nettoyage du pare-brise, pour terminer par la pression des pneumatiques. Éberlué, mon client reste debout a coté de son véhicule.

Alors, pour qu’il libère la piste, je le congratule d’un au revoir autoritaire tout en regagnant mon bureau.
J’entends mon client me rendre mon salut, rajouté d’un " merci pour tout " très chaleureux. Trop chaleureux ! Je ne peux m’empêcher de penser qu’il aurait mieux fait de me donner un pourboire au lieu de..... un pourboire!!!!
Je me retourne a la vitesse de l’éclair et traverse la piste aussi rapidement. Arrivé sur le trottoir, j’ai juste le temps d’apercevoir au loin la voiture qui disparaît dans une rue a droite. Je suis un âne, un véritable âne, une bourrique, un idiot. Oui ! C’est cela. Je suis l’idiot du village qui vient de se promouvoir "idiot de la ville"  Pourquoi ?
J’ai tout simplement oublié de faire payer l’essence a mon client. Son réservoir était vide et il m’a demandé de lui faire le plein. Quelle horreur ! D’un pas lent, je me dirige vers la pompe a essence. Arrivé devant cette dernière, je met plusieurs secondes avant d’oser lever les yeux vers la somme a payer. Mes yeux s’arrêtent sur le nombre le litres servi. Quarante cinq litres ! Des larmes coulent sur mes joues. Je sais déjà qu’aujourd’hui je vais travailler pour rien.

Quand une demi-heure plus tard, mon patron fait son apparition, je lui explique ce qu’il viens de m’arriver. Sans omettre bien sur la visite de papa. Compréhensif, parce que connaissant ma situation familiale, il me dit.

" Je suis certain que pour la fin de la journée tu auras réussi a rattraper l’argent qui manque, avec les pourboires "

Perplexe, je demande a mon patron

" Vous croyez ? "

Alors il rajoute

" Tu ne devras laisser passer aucun service de courtoisie et devoir sourire aux clients toute la journée. Allez, au boulot.....  "

Il me montre du doigt les deux voitures arrêtées devant les pompes, ainsi que leurs conducteurs pressés d’être servis.
A mon retour au bureau, mon patron m’a préparé une feuille avec la somme a rembourser. Il m’explique que je n’ai plus qu’a déduire chaque pourboire reçu de cette somme a rembourser. La tâche me parait irréalisable. Les deux clients que je viens de servir ne m’ont laissé aucun pourboire ! Pourtant, avant la fin de la journée, je suis a jour avec ma caisse. Toutefois, je me dois de rester humble. Le mérite ne m’en revient pas entièrement. Plusieurs fois dans la journée, mon patron m’a donné des pourboire qu’il a reçu. Au début, j’ai fait semblant de refuser, pour la forme. Alors il m’a répondu

" Je t’expliquerai ce soir. "

Ce soir là, un peu avant mon départ, il m’a expliqué pourquoi il m’a aidé.

" Tu m’as prouvé ton honnêteté en m’avouant ton erreur de caisse. Tu aurais put ne rien dire puisque nous sommes a plusieurs a mettre les mains dans la caisse. Chacun d’entre nous se serait dit qu’il a fait une erreur. Voilà pourquoi je t’ai aidé. "

C’est vrai ! Il a raison. A certains moments de la journée, cinq personnes différentes sont appelées a toucher a la caisse. Mon patron, ma patronne, leur fils,  leur fille et moi-même. Au fond de moi, je sais très bien que ces gens là ne se trompent jamais. C’est leur métier, leur gagne pain. Alors.....

Ce combat mené toute la journée m’a permis d’oublier papa et sa phrase. Mais maintenant que je suis sur le point de rentrer a la maison, chez ma sœur s'entend, ma peur a repris le dessus. Je n’en mène pas large. Je vais jusqu'à demander a mon patron s’il ne veux pas que je reste pour faire la soirée. Avec un sourire sur les lèvres, il me demande d’attendre quelques minutes. Devant mon regard étonné, il rajoute....
 
"j’ai fait prévenir ton beau-frère"

En même temps, d’un signe de la tête, il me montre l’entrée du bureau. Je me retourne pour apercevoir mon beau-frère qui en pousse la porte. Ma peur se dissipe instantanément. Après lui avoir raconté ma rencontre avec papa, je constate une sorte de malaise dans le regard de mon beau-frère. Cette "situation " comme il dit, ne lui plait pas. Il me dit aussi que j’aurai dut rester ou j’étais. Que depuis que je suis là il n’y a que des problèmes ! Qu’ils ne m’ont jamais demandé de venir, que je ferais mieux de partir. Une rage folle s’empare de moi en même temps que je lui dit

" Trouillard. Oui, tu n’est qu’un trouillard ! "
   
Je bouscule mon beau-frère et pars seul en direction de la maison. Comme maintenant je reconnais bien le coin, je peux éviter de passer devant la maison de " l’autre ". Il est évident que je n'obéirai pas a papa..... quoi qu'il puisse m'arriver.

Ce soir a table, l’ambiance est des plus exécrable. Personne ne parle..... Personne ne me parle ! Ma sœur garde le nez dans son assiette. Mon beau-frère rouspète avec un de ces enfants qui refuse de manger, tout en profitant de la situation pour me passer des messages en forme de sous-entendus....

" Tu ne vas pas commencer toi aussi a ma poser des problèmes ? Pour aujourd’hui, ça suffit ! J’ai mon compte "

Mon cerveau bouillonne comme il n'est pas permis. Mes pensées fusent dans toutes les directions..... Pauvre beau-frère. Si tu savais comme j’en ai marre de tout. Si tu savais comme je regrette d’être venu vers vous. Si tu savais le nombre de fois ou j’ai eu mon compte ! Tu ne peux imaginer.
Et toi ma grande sœur, au lieu de regarder le fond de ton assiette, dis quelque chose ! N’importe quoi ! Parle ! Prends ma défense ! Plongé dans ton silence, tu attends que ton cher mari règle votre problème !
Parce que ce n’est plus de moi, ton petit frère, qu’il s’agit.... c’est d’un " problème ! ". Je suis certain qu’au fond de toi, tu regrettes ma venue. Mais ne t’inquiète pas, je vais rapidement trouver une solution. Voilà ce que j’ai envie de leur dire......

Mais comme d’habitude, aucun son ne sort de ma bouche. Comme a chaque fois ou il est primordial que je m’exprime, la parole me fait défaut. Ce n’est plus tellement mon bégaiement qui m’interdit de m’exprimer. C’est plutôt la crainte de subir les foudres de la personne qui me fait face. Bref, j’ai peur ! Donc, rien n’est changé. Alors, comme une âme en peine, je me lève de table et sors dehors pour fumer une cigarette.

C'est vrai ! J’oubliais..... Depuis peu, je fume. Je trouve cela agréable. Ça me donne une certaine contenance. Quand quelqu’un m’adresse la parole, le fait d’occuper mes mains a sortir une cigarette du paquet, chercher mon briquet, allumer cette cigarette pour tout de suite en tirer une bouffée, tout cela associé, fait que je me sens en position de supériorité face a mon interlocuteur. Ça ne s’explique pas, c’est comme ça.

Assis sur un caillou dans l'allée du jardin, je n’entends pas mon beau-frère arriver. Je sursaute quand il me dit....

" Demain on ira voir pour un autre travail. Il faut que tu trouve du boulot loin d’ici. Ma tante m’a proposé quelque chose "

Il m’explique qu’elle connaît quelqu’un qui travaille dans une usine a une soixantaine de kilomètres d’ici, et qu’il y aurait des chances pour que je me fasse embaucher. Pourquoi pas ? Laissons nous guider ! De toute façon, ai-je le choix ? Je ne pense pas......
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« Répondre #80 le: 09 Février 2017 à 23:47:06 »

 

                                      Je me sens contraint de passer sous silence le nombre de semaines qui ont précédés mon embauche dans cette usine. Pourtant, j'ai l'obligation de dire que de vivre chez ma frangine deviens tout simplement invivable. Ce qui m'oblige a prendre conscience que le lien qui uni un frère a une sœur, n’est rien du tout. Aujourd’hui je sais que ce lien n’est qu’utopie. En y réfléchissant un tant soit peu, il est facile de se convaincre que qui que nous soyons, nous sommes inexistant dans la logique de la naissance de chacun d’entre nous.
L’être humain est un tout. Du premier de la chaîne au commencement de l’univers, au dernier arrivé au moment de la fin de cet univers. La logique c’est transcrite d’elle-même a l’instant. Relisez la phrase précédente !  Le premier ! Que nous ne connaissons pas.  Le dernier ! Que nous ne connaîtrons pas.
Le premier c’est servi de la capacité du deuxième pour engendrer le troisième qui..... jusqu'à l’infini.....
Quelle place occupons nous dans cette caste familiale inventée de toute pièce par... nous même ? Quelle force pouvons nous tirer de ce qu’il paraît être un imbroglio sans commune mesure ? Que devons nous attendre de cette préfabrication fragile que l’être humain a mis en service pour sa satisfaction personnelle ? "La famille"..... rien n'est vérité dans sa création. Qui que nous soyons a ce jour, nous sommes en lien avec le premier né de ce monde.....     

La logique de ce système veut que tout les humains vivant sur cette planète soient frères et sœur ! Pourquoi pas ! Mais alors, ne laissons nous pas nos frères et nos sœurs mourir de faim ou de soif dans certains endroits de la planète ! Ne faisons nous pas la guerre a nos frères et sœurs dans un autre endroit de la planète ! Certains de nos frères et sœurs sont riches, d’autres sont pauvres, il y en a qui sont misérables !  Quelle fragilité familiale ! Heureusement que tout cela a été inventé par l’être humain.   
De par cette analyse primaire, il m’est autorisé de concevoir que le lien "frère sœur" n’a aucune signification réelle.
Bien qu’aujourd’hui j’ai quatre enfants, sans cesse je suis obligé de me dire que ce sont " mes enfants ". Jamais il ne se passe un jour, ou pendant quelques minutes, j’en oublie le sens.
Depuis ma naissance, une grande majorité de gens.... de frères et sœurs, se sont employés a me faire souffrir. Jamais cela ne semble vouloir s’arrêter.

                         

                                           Aujourd’hui, est un jour nouveau pour moi. La tante de mon beau-frère a réussi a me faire embaucher dans l’usine dont elle avait parlé. Comme prévu, mon futur lieu de travail se trouve a plus de soixante kilomètres de la maison. Si j’emploie le terme "futur", c’est que ce premier jour dans cette grande entreprise est plus que bizarre et met en évidence le fait que je risque de ne pas y faire de vieux os.

Nous sommes une douzaine de nouveaux embauchés. Assis sagement dans une salle, nous attendons. Une montre accrochée au mur indique que cela fait plus d’une heure que nous sommes ici. Bien sur, quand je suis arrivé ce matin a six heures, un responsable du personnel m’a accueilli. Il a daigné un regard d’une fraction de secondes sur ma personne, m’a pratiquement arraché des mains la convocation que je lui tendais, et dans un langage que je me dois de qualifier de  (petit nègre) il m’a dit

 "Toi venir avec moi et vite ! Toi comprendre ? "

Je lui répond d’un signe affirmatif de la tête. Tout en suivant ce personnage, je l’entends grommeler des phrases ou il est question de racailles, sales étrangers qui puent, qui prennent la place de leurs enfants.... Et bien d’autres verbes du genre. Arrivé devant une porte, me montrant une pièce du doigt, il m’a dit

" Assis et pas bouger "

Depuis, je reste assis sans bouger. Les minutes s’égrènent lentement. Mon voisin de chaise c’est assoupi. Quelques chaises plus loin, de par son murmure et son balancement, je devine la prière de cet autre personnage. De l ‘autre coté de la pièce, trois autres personnes discutent entre elles a voix basse. Des quelques bribes de conversations que je perçois, je peux dire que la nationalité de ces gens est marocaine. Dans cette salle, comme depuis mon arrivée dans cette usine, il y a quelque chose de pas normal. Je mets un temps a comprendre. Soudain, le déclic !
Ce qui est bizarre, c’est que.... Hé bien voilà ! Je le dis doucement. A part moi, il n’y a aucun.... Français !
De par le physique ou la couleur de peau, je m’entends. Quoi que, bien souvent quand je me regarde dans un miroir, je peux prétendre a beaucoup de nationalités, sauf celle d’être français.
Donc, si j’analyse ce qu’il c’est passé sur ma personne depuis ce matin, je suis dans l’obligation d‘en déduire une chose. Le responsable du personnel me prends pour un étranger !
Il faut vite que je répare cette erreur. En deux enjambées je traverse la pièce, sors dans le couloir et tombe nez a nez avec le responsable du personnel qui accompagne un groupe de personnes en bleu de travail.

" Doucement ! Tu te crois dans ton pays ? Ici pas courir ! Compris ? Assis "

D’un geste impératif, il me montre la chaise qui doit accueillir ma personne. Sans un mot, sans même un regard, je rejoint mon trône et m’y assoie. Accompagné d’un dernier regard adressé a ma personne, un doigt levé, le responsable du personnel se sent obligé de rajouter

" Assis et pas bouger ! "

Ce qui bien sur, ne manque pas de provoquer l’hilarité du groupe qui l’accompagne. Et de rajouter

" Mon chien m’obéit mieux ! "

Fou Rire général du groupe. Sauf un ! C’est un gars qui ce matin a fait le voyage avec moi. Nous étions  ensemble a l’arrêt du bus. Nous avons échangé quelques mots, sans plus.
Un mal être se lit sur son visage. Lui aussi a compris ce qu’il se passe. Je sens qu’il veux intervenir. Je l’en dissuade d’un rapide signe négatif de la tête. Étonné, il hausse les épaules et rattrape son groupe. Je me dois de préciser que le groupe dont il est question, n'est composé que de blancs.....

Depuis quelques secondes, la plus âgée des personnes qui se trouvent dans la salle, me parle dans une langue dont je ne comprends pas le moindre mot. Toutefois, je peux dire sans me tromper qu’il m’engueule. Une colère gronde en moi. Elle n’est pas en rapport avec ce personnage qui semble me faire la morale. C’est une colère que je me refuse a comprendre. Parce qu’elle me fait mal, me fait honte, me met mal a l’aise, me donne envie de pleurer. Je me souviens d'un camarade de classe, quand j’étais petit.... c’était mon meilleur ami.... il n'était pas français...... Papa m'avait beaucoup tabassé parce que....
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« Répondre #81 le: 24 Février 2017 à 22:52:49 »



             ........parce que mon meilleur ami était arabe..... Je ne souhaite pas m'étendre plus loin sur ce sujet. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a quelques années de cela, j'ai rencontré ce "meilleur ami d'enfance". Nous avons bu un verre ensemble, mais nous ne nous sommes pas dits grand chose. Pour moi, les quelques souvenir d'enfance a peu près normales que j'ai eu avec cet "ami" sont restés gravés dans mes pensées durant toutes ces années.. Mais pour lui.... je me rendais compte que je n'existais plus. Alors je me suis levé, je lui ai serré la main, et je suis parti. Bien souvent, nous voudrions que les souvenirs soient en accord avec nos pensées du moment. Ce n'est que rarement le cas....... A nouveau je m'éloigne dans des souvenirs qui n'ont plus lieu d’être, qui.... tout cela a-t-il existé !


         Revenons a cette embauche......  Je dois avouer qu’au début, cette colère venait du fait que l’on m’a pris pour un étranger. Mais quand j’ai regardé autour de moi et que j’ai surpris les visages de compassion de  mes nouveaux compatriotes, j’ai saisi l’ampleur des dégâts qu ‘un personnage imbu de sa personne peux faire. Du coup, je me sens plus que jamais solidaire de ce groupe. Suis-je obligé de préciser que dans le groupe qui accompagnai le responsable du personnel, il n’y avait aucun étranger ! De par le physique, je m’entends.

Vers les huit heures, notre responsable du personnel réapparaît. Désignant quatre personnes du doigt, il leur fait signe de le suivre. Ils disparaissent au bout du couloir. Une demi-heure plus tard, revoilà notre  responsable qui réapparaît. Sans un mot pour qui que ce soit, il refait les même gestes que la fois précédente. Sauf que cette fois ci, il reste a l’entrée de la salle en montrant du doigt la direction a suivre.
Quand viens mon tour de sortir, il met sa main sur ma poitrine, avance vers moi pour me faire reculer doucement mais fermement jusqu'à une chaise. D’une voix calme mais ferme, il me dit

" Assis "

Sans le quitter du regard, je plie doucement mes jambes jusqu'à ce que mon arrière train entre en contact avec la chaise. Je suis terrorisé.  Ce type est fou ! Ce n’est pas possible, il doit avoir une dent contre moi !

" Pas bouger, moi chef, toi obéir. Compris ? "


Comme la fois précédente, d’un signe affirmatif de la tête, je fais comprendre a mon interlocuteur que j’ai bien compris son message. Alors, il me tapote la joue et me gratifie d’un large sourire. Sur ce, sans un mot de plus, il disparaît dans le couloir.
Tout de suite, ma pensée première est de m’enfuir de cette entreprise de fou. Mais voilà ! Je suis coincé. Je dois aussi penser a mon beau-frère, ma sœur, et surtout a moi-même! Alors je tente de me convaincre que tout cela n’est pas bien grave. Que de toute manière, le résultat en sera un emploi. J’arrive même a orienter mes pensées sur le fait que quand ce responsable du personnel m’aura vu travailler, il ne pourra que changer dans sa façon d’être envers moi.
Plongé dans mes pensées, je ne remarque pas tout de suite la présence de celui que je considère être comme mon tortionnaire. Barrant le passage de la porte de toute sa grandeur, il me dit.

" A nous deux ! "

Effrayé comme ça n’est pas possible, je me lève d’un bond de ma chaise. Cette dernière se renverse et comme je me tourne trop rapidement pour la ramasser, je trébuche et m'étale de tout mon long dans la salle d'attente. Je n’ose plus lever les yeux vers cet odieux personnage qui est en train de me détruire en un temps record. Par contre, une colère sourde et féroce s’empare de moi. Et ce qui devait arriver....
D’un bond, je suis sur mes pieds. J’attrape la chaise renversée, pour la projeter au travers de la salle. Debout, les poings serres, j’interpelle ce guignol qui se prends pour je ne sais quelle puissance.

" Toi, écoute moi bien. Si tu essaie encore d’ouvrir la bouche pour me parler comme si j’étais un demeuré, je te démolis. "

Ma colère est sincère, mais contrôlée. En face de moi, mon rival d’un jour n’en mène pas large. Il me balbutie quelques incompréhensibles excuses. Ces mains tremblent et un tic nerveux c’est emparé de ces épaules. Je profite de son état d’infériorité pour m’approcher de lui, poser ma main sur sa poitrine et tout en le poussant dans le couloir, de lui dire

" Je suis français sur les papiers et de naissance ! Tu as bien compris ? Et maintenant, dépêches toi de me montrer mon travail "
 
Il ne lui faut pas plus de cinq minutes pour m’emmener dans un local, me montrer une énorme poubelle métallique équipée de quatre roues, une fourche, une pelle et un balai. Ensuite il m’invite a le suivre en employant un vocabulaire respectueux, mais plein de bégaiement.
Mon travail est simple. Cette entreprise est équipée en grande majorité de tours a métaux. Elle fabrique des pièces pour une usine qui monte des voitures. Mon rôle consiste a ramasser les résidus de limailles qui jonchent le sol autour de ces tours a métaux, ensuite a éponger un liquide blanchâtre qui sert a refroidir et huiler la pointe de façonnage.
Travail que je peux qualifier de facile. Comme je sais depuis bien longtemps qu’il n’y a pas de sots métiers, c’est avec hardiesse que je m’attelle a ma nouvelle tâche. Par avance, je sais que je réussirai ma période d’essai. Tout se passe parfaitement pour moi, malgré l’heure tardive a laquelle j’ai accédé a mon poste de travail.

Une sirène stridente retentit dans l’usine. Effrayé, je regarde autour de moi pour comprendre ce que ce bruit veut dire. Une a une toutes les machines s’arrêtent. Comme une seule personne, l’ensemble du personnel rejoint une immense salle qui sert de réfectoire. Impressionné et surtout mal a l’aise au milieu de cette foule, je me retrouve a la limite de l’angoisse qui ouvre la porte a mes fantômes, a ma folie. Je cherche une sortie pour fuir ce monde, pour..... C’est alors que par derrière, une main se pose fermement sur mon épaule. Tout en me retournant, je serre les poings, prêt a ma défendre. Je n’ai le temps de rien. Une voix me dit

"Veuillez me suivre au bureau, jeune homme. "

Je met un temps a réaliser ce qu’il viens de se passer. Mais comme mon interlocuteur se dirige vers un endroit de l’usine ou il n’y a personne, je me dépêche de le rejoindre.
A nouveau je me retrouve dans une petite salle d’attente, assis sur une chaise. Seulement, tout c’est passé différemment de la première fois. C’est avec politesse que j’ai été invité a patienter quelques instants, en attendant je ne sais quoi....
Je crois bien que je me suis trompé sur ma facilité a effectuer ma période d’essai. La porte de sortie doit se trouver a quelques minutes. Tant pis. J’aurais essayé. Je ne pouvais tout de même pas me laisser faire par l’autre idiot qui se prenait pour une supériorité humaine.
Une porte s’ouvre. Dans l’encadrement de cette dernière se tiens une personne endimanché qui me congratule d’un large sourire. Je suis tenté de me retourner pour être bien sur que cette gentillesse m' est destinée. Par prudence, je reste sagement assis sur ma chaise.
 
" Venez jeune homme, entrez ! "
   
Le monsieur en costume s’approche de moi tout en me tendant sa main droite. Timidement, je me lève et attends qu’il soit en face de moi. J’ai droit a une chaleureuse poignée de main. Ensuite, son bras entourant mes épaules, il m’entraîne vers son bureau. Je ne comprends plus rien. J’ai sûrement loupé quelque chose a un moment donné. Plongé dans mes pensées, je refais surface quand la porte du bureau s’ouvre a nouveau, pour laisser entrer le responsable du personnel de ce matin.
Lui aussi est tout miel avec moi. Il se confond en excuse pour le travail qu’il m’a donné a faire, et m’assure que tout a l’heure je travaillerai sur une machine. Je ne comprend plus rien a ces gens, a cette usine, a ces..... Bref, je suis dépassé par les évènements.

" Votre papa travaille chez nous ? "

A cette question, doucement je lève les yeux vers la porte de sortie. Maintenant je le sais. Il est temps que je m’enfuie. Que je disparaisse de ce lieux ! Alors que je me prépare a bondir hors du bureau, a nouveau la voix se fait entendre..........
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« Répondre #82 le: 09 Mars 2017 à 21:39:11 »


                         

"Le responsable du personnel a mal interprété les ordres donnés. Tout est rentré dans l’ordre. Nous allons vous mettre sur une machine."

Ça y est ! Je  comprends ! Ramasser les saletés  c’est pour les étrangers ! Les français reçoivent un emploi sur les machines ! Et en plus, papa travaille ici !

A partir de cet instant, je ne sais pas ce qu’il me prend. Toujours est-il que je m’entends dire à l’adresse du chef du personnel

" Vous m’avez donné ce travail, je veux le garder. Je n’en ferais aucun autre ! "

Pendant quelques secondes, un silence pesant règne dans le bureau. Soudain, le chef du personnel se met a hurler

" Et puis, après tout ! Allez travailler jeune homme, et attention, nous vous avons à l’œil ! "

C’est avec une immense satisfaction que je retrouve  ma poubelle, ma fourche et mon balai. Fièrement, je me remets au travail sans vraiment me rendre compte que je venais de vivre un grand moment de discrimination, de racisme. Mais le fait de vouloir continuer a faire ce boulot réservé aux étrangers, n’a rien a voir avec la compassion, la pitié ou je ne sais quel autre verbe que le soit disant non raciste se plait a utiliser. Car tout à l’heure dans le bureau, quand j’ai appris que papa travaille dans cette usine, il m’est venu une idée....
Papa qui a toujours prôné la fierté, ne pourra pas supporter que son fils, aussi renié soit il, ramasse les poubelles. Et de plus, dans l’usine ou lui-même travaille ! Pourquoi je fais cela ?  Je ne le sais pas vraiment. J’ai envie de le faire. C’est tout. J’ai peur, mais je sais que je me dois de le faire. Pour l'instant, je ne risque rien. Il parait que nous ne sommes pas sur le même poste.

Le reste de ma journée de travail se passe comme dans un rêve. Pourquoi ?  Dans la partie de l’usine où je bosse, aux commandes des machines outils à quelques exceptions près, il y a que des femmes ! Le moins que je puisse dire, c’est qu’elles sont toutes gentilles avec moi. Chacune d’elle sans exception me gratifie d’un sourire. C’est extra !
Oui ! Je sais. Vous devez penser qu’il ne me faut pas grand chose pour être heureux ! Je l’avoue, c’est vrai ! Toutefois, permettez moi de vous expliquer quelque chose.

Il y a encore quelques mois, mes seuls partenaires de travail étaient mon patron, ma patronne, les parents de ma patronne, et c’est tout !
Quant à mon lieu de travail, il y avait les étables, les champs. Et encore les étables et les champs.
Je me dois de rajouter que mes patrons m’ont rarement souri. Les parents de ma patronne ont été humain avec moi, mais question sourire.... Peut être n’ont-il jamais appris a sourire !
Mon assistante sociale !  Oui, elle m’a souri quelques fois.... De compassion, de lassitude, de déception, de pitié.... mais jamais d’un sourire neutre comme il vous est sûrement déjà arrivé d’en faire a une personne quelconque croisée un jour, comme ça, tout simplement.

La réception d’un sourire vous oblige a une seule question, pour tout de suite vous offrir une palette de réponses.
Elle (il) m’a souri ! Pourquoi ?  Parce que je suis beau (belle), parce que je suis bien habillé, parce que je lui plait, parce que.... parce que tout simplement. La puissance d’un sourire est extraordinaire. Quelque soit la noirceur d’un évènement de votre vie, le sourire d’un autre vous oblige le temps d’un instant a faire abstraction de votre souffrance. Tout de suite, vous ressentez une lumière intérieure vous envahir. Une force entre en vous.
Voilà mon ressentiment pour un sourire reçu ! Si vous n’êtes pas convaincus ou si vous ne m’avez pas compris.... Alors oui ! Vous avez raison ! Il ne me faut pas grand chose pour être heureux. Mais je revendique ce bonheur haut et fort ! Je me refuse même de le partager avec qui que ce soit. Parce que ces dizaines de sourires qui me sont adressés, compensent tous ceux que je n’ai pas eus.
Chacun de ces sourires équivaut a un rayon de soleil qui viens éclairer le brouillon de ma vie. Chacun de ces sourires s’engrange dans mon cœur et me serviront quand les fantômes de ma souffrance tenteront de reprendre le dessus. Chacun de ces sourires.... Ces sourires m’appartiennent ! Ils sont a moi. Cela vous fait sourire ?  Sincèrement ?  De tout cœur..... Merci.                   



Cela fait deux semaines que je travaille dans cette usine et sans bénéficier de l’aide de ma hiérarchie, je me suis offert un nouveau poste de travail en plus de celui qui m’a été attribué. Comment cela est-il possible ?
Avant hier, alors que je ramassai les copeaux métalliques devant une machine, la personne qui y travaille me demande si je peux la remplacer dans sa tache le temps qu’elle aille aux toilettes.

" Cinq minutes, pas plus ! Je suis en retard dans le nombre de pièces a fournir.... s’il te plait ! "

J’avoue que je n’ai pas résisté plus de dix secondes a l’appel au secours de cette femme. Surtout que le travail n’est pas difficile. Aucune qualification n’est requise. Il suffit de prendre une pièce métallique avec la main droite, de poser cette pièce sur la machine, de fermer les mâchoires de fixations avec la main gauche, de mettre la machine en route, et quand cette dernière a terminé son creusement, il suffit de refaire les gestes précédent dans le sens inverse.
Au bout d'un mois dans cette usine, je remplace fréquemment une douzaine d’ouvrières, en plus de mon travail que j’effectue hardiment. Seulement voilà ! Ce n’est pas du goût de mon chef de secteur qui, malgré les doléances des ouvrières lui expliquant le coté pratique de la situation, m’envoie devant le responsable du personnel.

" Alors jeune homme, on veux réinventer la manière de travailler ? "

Debout au milieu du bureau, les mains derrière le dos comme un enfant devant son instituteur, je regarde sans écouter, le grand décideur de mon travail. Il a tellement de choses a me dire, pardon, a me crier, a me hurler, que  je préfère ne rien comprendre. Et apparemment, mon silence est payant. Comme mon chef de secteur est présent, c’est lui qui se fait engueuler. Et comme il essaie de répondre, l’autre l’engueule encore plus fort. J’en profite pour quitter le bureau et attendre dans le couloir.
Quand mon chef me rejoint, il a une telle rage en lui qu’il est incapable de me parler sans bégayer. Toutefois, je comprends que mon emploi dans cette entreprise est compromis. Mais tout cela m’est égal. En tout cas, sans avoir compris les paroles de mon chef, je me retrouve a l’extérieur des bâtiments de l’usine a ramasser les saletés qui jonchent le sol. Mes outils ont changés. Un récipient métallique et une paire de gants usés.

Un type viens me voir, me fait savoir en quelques mots qu’il est mon nouveau chef et me dit que quand toutes les saletés seront ramassées, il viendra me donner un autre travail. Quand cet autre travail sera terminé, il m’en donnera un autre, et ainsi de suite. Comme je reste sans réaction, il me dit

" Comme ton intelligence paraît être en dessous de la moyenne, laisse moi te mettre au parfum. Arrange toi pour que le ramassage des saletés dure jusqu'à la fin de ton poste ! "

Et dans un rire aussi gras que sa corpulence, il s’éloigne en direction d’un minuscule bâtiment qui lui sert de bureau ainsi que de hangar a matériel. Ce type ne peut pas s’imaginer les travaux ingrats que l’on m’a déjà fait exécuter avant d’arriver ici. Alors ce ne sont pas ces saletés que je dois ramasser qui vont m’effrayer.
Toujours est-il qu’une heure plus tard, je me retrouve dans son bureau a attendre ses ordres pour le travail suivant. C’est accompagné d’une grande colère qu’il m’a emmené vers mon nouveau travail. Désherber un espace fleuri.... Je dois avouer que ce travail je l'ai fait avec grande peine.

Pourquoi ? Seul dans ce lieu, a genou dans l’herbe, il ne m’en a pas fallu plus pour me rappeler une scène de mon enfance maltraité.
Sur les ordres de ( l’autre ), pendant plusieurs jours j’ai dut désherber une allée de jardin.... Tout me reviens subitement en mémoire. Les coups, les insultes, les privations de repas, ( l’autre ) qui tape grand-mère.... Les rires de mes frères et sœurs.....
S’en est trop ! Il faut que je me sauve d’ici.... Je dois me cacher, j’ai mal a la tête.... Je dois trouver un coin.... un coin sombre.... Un coin où je peux me recroqueviller, pleurer, dormir. Un coin où je peux gérer ma souffrance.... Oui ! Gérer ma souffrance, ma douleur, mes tares.
Au bout d’une course folle, je trouve refuge derrière l’usine, dans le renfoncement d’un mur, a coté du système de ventilation du bâtiment.

Combien de temps je suis resté la, je ne le sais pas. J’ai pleuré.... J’ai appelé mes fantômes, j’ai pleuré.... pleuré.......
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« Répondre #83 le: 18 Mars 2017 à 23:19:32 »

 

                          Maintenant que je suis redevenu normal, il me faut affronter le monde des autres que j’ai quitté sans permission. Je cherche quel mensonge je vais bien pouvoir dire a mon chef pour justifier mon absence.

" Alors mon gars, je vois que le message est passé ! On va bien se comprendre maintenant "

C’est mon chef.... Il croit que je me suis caché pour ne pas travailler. Quel idiot !  Enfin... du moment que je n’ai pas besoin de mentir pour justifier  mon absence...

Les jours passent, identiques l’un a l’autre. Je suis en train d’apprendre a être fainéant. Mais le plus pire de cette situation, c’est que je perds le goût au travail. Je n'ai plus de motivation et je peux pratiquement rester tout le poste a ne rien faire..... c'est horrible ! Je me dois de prendre une décision et rapidement.
La sirène de l’usine retentit, annonçant la fin de la journée de travail. D’un pas lent, je me dirige vers les vestiaires. Moralement, je suis a plat. Physiquement, je suis en forme. Mais déjà je sais que demain je ne reviendrai pas dans cette usine. J’ai conscience que mon comportement n’est pas des plus normal, mais j’ai aussi conscience que leur comportement a eux n’est pas non plus normal. Je sais qu’il me manque quelque chose pour pouvoir travailler dans un groupe, mais je n’arrive pas a définir ce manque. Si seulement l’on pouvait m’expliquer ce qui ne vas pas.... Je serai capable d’apprendre ! Mais c’est difficile quand on ne connais pas les règles du jeu de la vie. Et de toute façon, ce n'est pas ici que je réussirais a comprendre ce qui ne va pas chez moi....

Assis au fond du bus qui doit me ramener a la maison,  je réfléchi a un autre emploi. Mais franchement, avec mon problème, je ne vois pas ce que je pourrais faire. L’idéal serait que je trouve un emploi ou je travaille seul. Comme avant, dans les fermes ! Seulement voilà, il est hors de question de retourner d’où je suis péniblement parti. Bien sur, je pourrai aussi trouver un emploi de commis de ferme dans une autre exploitation agricole que celle ou j’ai travaillé. Quelques agriculteurs m’avaient fait des propositions, mais je n’ai plus envie de travailler la terre. Je reconnais aisément que c’est un métier empreint d’une grande noblesse. Seulement, il faut être tombé dedans étant petit. Autrement ce n’est pas possible d’aimer cette terre nourricière qui au fil des jours, des mois, des années, absorbe inlassablement votre sueur.
Et moi, petit bonhomme de la ville, je ne ressens aucune fierté a travailler cette terre. Au contraire ! Je trouve ce travail dégradant, humiliant. Je suis persuadé qu’il faut être propriétaire agricole pour aimer ce travail.
Aimer... non ! Ce n’est pas le mot qu’il faut employer. Pour ma part, je dirai... accepter ce travail, accepter cette vie, accepter de...
Mes pensées sont bloquées d’un coup quand je vois la personne qui monte dans le bus.
C’est papa !
Il ne prends jamais le bus, il rentre toujours avec une autre personne en voiture ! Je suis terrorisé. J’essaie de me faire tout petit, de trouver un endroit ou me cacher... Papa se dirige vers moi. S’il s’assoie a côté de moi, je vais mourir de peur. Alors, la seule solution que je trouve, c’est de fermer les yeux. Tout de suite je me sens mieux. Il me reste encore une dernière défense.
Je suis capable de m’endormir de force, fatigué ou pas. Je peux m’endormir pour de vrai en quelques secondes. C’est une des tares que j’ai gardé de ma maltraitance. La peur de quelque chose ou de quelqu’un me donne la possibilité de me plonger dans un sommeil que je considère protecteur. Je conçois que c’est stupide de se réfugier dans le sommeil pour éviter les ennuis, mais a part la fuite, je n’ai rien trouvé de mieux.

" Bonjour fiston, comment tu vas ? "

Papa c’est installé a coté de moi et il me dit bonjour comme si de rien n’était. Il m’appelle « fiston » comme si nous avions toujours été ensemble ! Alors moi, sans ouvrir les yeux, sans réfléchir plus loin, je lui dit

" Je ne suis pas ton fils, mes parents sont  l’assistance publique  ! laisse moi tranquille "
 
Ma phrase a peine terminée, je me ramasse plusieurs coups de poing sur la tête. Je n’ose toujours pas ouvrir les yeux. Alors papa me prend par le col de ma veste, me tire vers lui et me dit

" Si tu le courage, essaie de le répéter ! "

Alors je rassemble le peu de courage qui est en moi, et tout en appuyant fortement de la voix sur chaque mot, je lui hurle

" Tu n’es plus mon père, le juge des enfants me l’a dit. Pour moi, tu n’existe plus, laisse moi tranquille ! "

Papa reste sans réaction. Ces yeux sont rougis et des larmes coulent le long de ces joues. Il a de la peine, mais tout m’est égal. Il essaie de me dire quelque chose, mais déjà je me lève de ma place pour aller m’asseoir a l’avant du bus.
A peine assis, je regrette mes paroles. Je prends conscience que papa doit souffrir. L’envie me prend de retourner a l’arrière du bus, me jeter dans les bras de papa et de lui demander pardon, quand je sens le regard insistant de mon voisin de banquette. A nouveau sans plus réfléchir, je me lève, approche ma figure au plus près de son visage, et lui crie

" Et toi, tu as un problème ? "

Un violent coup de frein me projette contre la vitre qui sépare le chauffeur des passagers. Sans avoir le temps de réaliser ce qu’il vient de se passer, le chauffeur du bus me prend par le col de ma veste, me sort du bus et me dit

" Maintenant écoute moi bien. Tu as deux secondes pour choisir. Ou tu la ferme, ou tu rentres a pied ! "

Sous l’effet de la surprise, je suis incapable de lui répondre. Heureusement, il prend mon silence pour de la soumission. Alors, aussi rapidement qu’il m’a tiré dehors du bus, il me fait rentrer a l’intérieur de ce dernier. Après m’avoir plaqué sur un siège, il me dit

" Pas un mot jusqu'à l’arrivée, sinon... "
   
Son doigt pointé en direction de la sortie du bus est très convaincant. Quelques secondes plus tard, je me réfugie dans mon sommeil protecteur......
                                 
" Réveille toi, on est arrivé... ..."

J’entrouvre péniblement les yeux pour apercevoir le visage de papa penché au-dessus de moi. Je suis trop fatigué pour réagir. Sans plus réfléchir, je descends du bus et me dirige lentement vers la maison.
Pourquoi lentement ? A quelques dizaines de mètres de là, j’aperçois la silhouette d’un personnage qui m’a toujours fait peur. C’est un autre de mes beau-frère. Pendant mon enfance, lors de ma maltraitance, jamais ce beau-frère n’a pris ma défense.  Bien au contraire ! S’il avait osé, il m’aurait tapé dessus.
 
" Reste là, ton père a quelque chose a te demander. Si tu veux vivre longtemps, tu n’as pas intérêt de refuser "

Sa phrase est accompagnée par son regard qui m’indique le vide et la voie de chemin de fer qui se trouve une quinzaine de mètres plus bas. Je tremble de tous mes membres. J’essaie de m’enfuir, mais il m’attrape fermement par le poignet.

" Reste ici petit merdeux "

Sa voix est menaçante.  Alors je lui crie

" Lâche moi tout de suite ! "

A peine ma phrase terminée, une autre main me saisit par le dos de ma veste et me pousse en direction du pont. C’est papa ! Il me bascule par-dessus le parapet du pont et tout en me maintenant dans le vide il me dit

" Maintenant tu choisis, ou tu reviens a la maison, ou je te tue ".

J’entends mon beau-frère qui lui dit

" Mais lâche le ! Cette sale pourriture ne mérite pas de vivre ! "
 
Je devine le silence de papa. Je sais que ma dernière heure est arrivée. Je ferme les yeux, et devant moi défilent pèle mêle des images d’un passé proche et lointain. Des chevaux attelés a une charrette,  des  visages de camarades d’école, mon assistante sociale,  Madame X,  Antoine... ... Et... ... Et une voix qui semble bien réelle, puissante, autoritaire, une voix accompagnée de pas qui semblent courir

" Vous êtes malade ! Remontez le tout de suite ou je vais chercher la police "

Sans que j’en prenne conscience, je me retrouve debout sur mes pieds. Mon père et mon beau-frère sont déjà loin. Ils courent comme des voleurs ! Ce n’est pas possible ! Je n’ai pas failli mourir !  C’est un cauchemar, je vais me réveiller ! Non tout cela est réel. Bien réel. Mon père et mon beau-frère ont essayé de me tuer. S’en est trop ! Je n’en peux plus. Je me met a pleurer et hurler en même temps. Je veux que tout cela cesse, ce n’est plus possible de vivre de la sorte. Il faut que je trouve une solution ……… Une solution finale ! Sans pouvoir contrôler la moindre de mes pensée morbides, j’enjambe le parapet du pont et…………

" Doucement mon garçon ! Tu ne vas pas t’y mettre non plus ! Reviens parmi nous "

C’est la même voix que tout a l’heure alors que j’étais suspendu dans le vide.  En ouvrant les yeux, je découvre un homme d’une quarantaine d’année. Il est gentil, très gentil. Il m’éloigne du pont et me dit

" Maintenant tu vas rentrer chez toi et te reposer. Mais permet moi de te donner un conseil. Va a la police. "

Je suis complètement vidé de toute réaction. Le regard dans le vide, je m’éloigne de cette personne qui, je n’en ai pas encore conscience, m’a certainement sauvé la vie. C’est au bout d’une centaine de mètres que je réalise que je ne marche pas en direction de la maison. Il faut que je puisse m’asseoir tout de suite pour réfléchir a ce que je dois faire. Je ne peux plus continuer de cette manière, je dois trouver une solution, la, maintenant.
Je décide de ne pas bouger de cet escalier avant de savoir ce que je dois faire. J’ai du mal a me concentrer. Les images de papa et de cet idiot de beau-frère qui essaient de me jeter par-dessus le parapet du pont, défilent dans mon cerveau. Il n’y a pas de place pour une solution a mon problème. Alors, au bout de quelques minutes passées a essayer de réfléchir, je décide de rentrer a la maison. Chez ma sœur et son mari. Je ne leur dirai pas ce qu'il viens de ce passer.                                   
Ce soir là, pendant le souper,surpris par mon silence, mon beau-frère m'interpelle

" Tu as un problème ? La nourriture n’est pas bonne ? Si tu n’aimes pas, tu as qu’a aller manger au restaurant ! "

Ce type commence sérieusement a me soûler. Il croit être le régulateur de mes ennuis ? S'il pouvait prendre conscience qu'il fait partie de mes problèmes ! Son champ de vision concernant les soucis de la vie est restreint comme peau de chagrin et en plus de cela, il croit ces propos intelligent. Et ma soi-disante sœur, pourquoi ne dit-elle jamais rien?  Pourquoi n'essaie-t-elle pas de prendre ma défense ?  Elle pourrait dire a son mari qu'il me laisse tranquille! Je ne sais pas, c'est ma sœur, ma sœur aînée!
Non! Au lieu de cela, elle fait comme si de rien n'étais. J'ai même la sensation qu'elle est d'accord avec lui. Elle semble approuver ces remontrances verbales. Ou alors, elle a peur de lui. Ce qui ne m'étonnerai qu'a moitié. Quand je la vois ainsi, le nez dans son assiette, le visage fermé, ce n'est pas de la colère que je ressens, mais plutôt de la pitié. Oui! De la pitié.
Pas la pitié qu'un frère devrait avoir pour une sœur! Non, puisque je ne connais pas la valeur des liens affectifs qui doivent unir un frère a une sœur. De toute façon, je suis très mal placé pour aborder ce sujet. Le sentiment de pitié que je ressens serait identique si a la place de cette sœur, serait assis un parfait inconnu. Je ne suis pas responsable de la froideur de mes sentiments! Ce n'est pas moi qui ai repoussé mes frères et sœurs quand j'étais petit, c'est eux qui m'ont rejetés! Sur les ordres de "l'autre", je le conçois, mais je suis certain que s'ils avaient voulu... ...
Il est temps que je quitte cette famille, je doit plutôt dire "ces gens". Seulement voilà, pour aller ou? Pour aller chez qui ? Et puis tant pis. C'est décidé. Cette nuit je pars. Une fois dehors, je trouverai bien vers ou me dirige mon destin.

Soudain, sans crier gare, une personne fait irruption dans la cuisine. Un jeune homme, bien habillé.......
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« Répondre #84 le: 28 Mars 2017 à 20:57:13 »


                                         ........mieux que moi en tout cas ! Tout de suite, comme par magie, l'ambiance des habitants de la maison passe de la morosité a la joie de vivre. Il faut dire qu'avec son sourire jovial, ainsi que ces phrases toutes plus comiques les uns que les autres, il ne laisse le choix a personne.

J'apprend qu'il s'appelle "Patrick" et semble être en famille avec mon beau frère. Ma soit disante sœur, qui comme par magie retrouve l'usage de la parole, fait les présentations.

"Patrick je te présente Dominique, Dominique je te présente Patrick."

Je ne suis pas du tout surpris de la manière dont les présentations sont  faites. Je suis entièrement persuadé que ma soit disante soeur n'a pas plus de sentiments a mon égard que je n'en ai envers elle. Lors des présentations, elle aurait put préciser que je suis son frère!  Non, rien!
Et puis, de quoi je me plains? S'il me restait un soupçon de doute,il est balayé a tout jamais. Entre un père qui veux que je rentre a la maison pour mon argent et une soeur qui ne me reconnais pas comme frère, je suis prêt a prendre la direction de la ferme, me mettre a genou devant mon patron et ma patronne pour les supplier de me reprendre. A cet instant précis, je donne raison a mon patron quand un jour il m'a dit que mon avenir se trouvait " au cul des vaches a ramasser leur merde." C'est décidé je retourne d'ou.....

"Alors Dominique, tu réponds?"

C'est la voix de mon beau frère qui me tire de mes pensées.  Lui répondre ! Mais quoi ? Devant mon air ahuri, ils comprennent tous que je n'ai pas écouté leur conversations. Et bien sur, cet idiot de beau-frère en profite pour me rabaisser. S'adressant a Patrick,il lui dit

"Quand tu veux qu'il te réponds, répète  plusieurs fois ta question. C'est sûrement a cause des coups sur la tête qu'il a reçu quand il était petit"

La fin de sa phrase déclenche chez ce ....  un rire gras et moqueur.  C'en est trop! Jamais personne ne c'est permis jusqu'a ce jour de se moquer de moi en utilisant la maltraitance que j'ai subi étant môme. D'un bond, je me retrouve devant lui, les deux poing serrés, prêt a cogner. D'un regard menaçant je lui dit

" Tu n'est qu'un gros tas de merde!"

Aussitôt après, je tourne mon regard vers ma soeur. Alors que j'espère y trouver du soutien, avec horreur je découvre un visage rempli de haine a mon égard en même temps qu'elle me dit

"Dégage de chez moi, et n'y remet plus jamais les pieds."

En moins de cinq minutes je jette mes quelques affaires dans mon sac  je me retrouve sur la route, assis sur ma mobylette. Les pensées remplies de haine, je prends la direction de la ferme.

Alors que j'arrive a la sortie de la ville, je suis rattrapé par un "deux roue" comme je n'en avais jamais vu. On dirait un engin de compétition. Le bruit que dégage son pot d'échappement me donne des frissons. J'ose un regard du coin vers le conducteur de ce magnifique bolide.
Quelle surprise! C'est Patrick ! Il me crie quelque chose, mais le bruit des moteurs  de nos mob. m'empêche de le comprendre. Je ne sais pas trop ce que je dois faire. Je devrais plutôt dire que je n'ai pas envie de savoir ce qu'il essaie de me dire. Peut être qu'il continue de se moquer de moi! Ou alors il essaie de me dire de ne plus jamais revenir! J'ai tout de même insulté un membre de sa famille. Et puis après tout, je m'en fiche complètement.

J'utilise le reste de puissance que ma mobylette peut fournir pour essayer de le semer. Mon compteur indique quatre vingt km heures. Et malgré cela, Patrick continue de rouler a coté de moi comme si de rien n'étais. Je peux lire sur son visage un sourire de satisfaction. De temps en temps il accélère, se met devant moi, décélère brutalement pour aussitôt remettre les gaz. Manoeuvre qui m'oblige a ralentir de plus en plus.
Il ne me faut pas longtemps pour que je m'énerve. Alors comme a chaque fois que je ne contrôle plus une situation, je commet un acte irréfléchi.
En plein virage, je presse de toute mes forces la poignée du frein arrière. Ce geste a pour conséquence de bloquer la roue arrière alors que je suis penché dans un virage!  La chute est dure et douloureuse. Mais c'est ce que j'ai besoin pour a nouveau maîtriser les événements présents. Et ça marche ! 
Patrick a jeté son engin dans le fossé et court dans ma direction en criant mon prénom.
Maintenant il est penché au dessus de moi, mais n'ose pas me toucher. Je n'ai rien de cassé je le sais, mais il faut que ce type paie le prix fort. Je veux qu'il ai la peur de sa vie. Pendant quelques secondes encore je fais semblant d'être dans les pommes. Mais quand je décide de me "réveiller", c'est pour constater qu'il n'y a plus personne au dessus de moi. Les yeux ouverts, je reste immobile. Quand je suis sur que Patrick est parti, ce qui est normal..... il a dut avoir peur, je me met assis au bord du fossé.
Je fais un rapide bilan de mes blessures pour constater que les deux paumes de mes mains ainsi que le coude gauche, sont en sang.  J'ai aussi un bel oeuf sur le front  qui me fait assez souffrir. Mais bon, on a rien sans rien. Je vais pouvoir continuer mon chemin  vers mon avenir.....

"Ça y est! Tu as fini de faire l'idiot ? Tu veux bien m'écouter maintenant ?"

Je suis tellement effrayé par cette voix qui viens de derrière moi, que je me retrouve a nouveau au fond du fossé. C'est Patrick ! Il est encore là ! Appuyé contre un arbre, de l'autre coté de la route, il rigole comme.... comme un idiot. Je me suis fait avoir. A force de chercher, j'ai fini par trouver plus malin que moi. Fièrement campé au dessus de moi, il me tend une main que je me refuse a prendre.
 
" Allez, sors de ce fossé "

Son regard est sévère.  Je n'ai plus la possibilité de refuser le dialogue, la confrontation.  J'ai peur ! Qu'est ce qu'il va me dire? Qu'est ce qu'il va me faire? Tout en sortant de mon fossé, plongé dans mes pensées a deux sous, Patrick me dit

" Voilà ce que ma mère te propose.  Tu peux venir vivre chez nous.  Tu n'auras pas de loyer a donner et ma mère est prête a te trouver un travail en Allemagne.  Ensuite, si tu veux, on pourrait devenir copain ! C'est pour cela que je suis venu ce soir chez ta sœur "

Mon cerveau a des difficultés a enregistrer ces  données.  Je ne me souviens déjà plus du début de sa proposition.  Mes maux de tête commencent a se rappeler a mon bon souvenir. Pour éviter qu'ils ne me fassent souffrir, je ferme les yeux. J'essaie de rester calme, mais ce n'est pas possible après ce que je viens d'entendre. Il ne me reste qu'une solution pour pouvoir reprendre le dessus sur mes pensées.

D'un bond, je rejoins ma mobylette. A part quelques éraflures sur la selle et le réservoir, le guidon légèrement tordu, je peux dire qu'elle n'a rien. En quelques coups de pédale rageur, je réussi a mettre le moteur en marche. Sans réfléchir plus loin, je saute en selle et démarre le plus rapidement possible.  Me voilà de nouveau sur le chemin de  la ferme.
Mon cerveau est en ébullition.  Il ne me faut pas longtemps pour trouver la proposition de Patrick très intéressante. Petit a petit, je commence a ralentir mon engin, pour finalement me retrouver a l'arrêt au bord de la route. 
Allez, demi-tour, laissons nous guider par le destin!  Pour une fois qu'il est a mon avantage ! Et si toutefois je me trompais,  je serai vite sur la route de la ferme.

Patrick n'a toujours pas bougé du lieu de " l'accident ". J'ai l'impression qu'il savait que je reviendrai vers lui. Ce qui me met a nouveau en position d'infériorité face a lui. Ce que je déteste le plus. Alors, contre toute attente, je passe devant lui sans m'arrêter, tout en lui criant

" Alors tu te décide? Tu viens? "
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« Répondre #85 le: 15 Avril 2017 à 21:04:10 »

C'est beau chez Patrick....   Chaque pièce de la maison est meublée avec un luxe dont j'étais loin d'imaginer l'existence. Il est vrai que dans les fermes ou j'ai vécu, la manière de meubler la maison d'habitation est le dernier des soucis de ces gens. La richesse d'un agriculteur réside dans la possession de matériels agricole des plus performant. Le reste est superflu. Même ma soit disante frangine n'a pas des meubles aussi beau que ceux là !

"Viens, entre, ne reste pas sur place !"

Timidement, je me dirige vers ce qui semble être le salon. Je reste en admiration devant un énorme canapé qui semble m'inviter a m'asseoir.

" Mets toi assis, ne reste pas debout ! "

Patrick se jette dans un fauteuil, pose ces pieds sur la table basse et me demande

" Tu  veux boire ou manger quelque chose ? "

Je lui répond d'un léger signe négatif de la tête. Je suis mentalement paralysé par ce lieu, autant que par ce type qui se prends pour je ne sais quoi. Il faut dire qu'il n'en faut pas beaucoup pour impressionner le commis de ferme que je suis encore au fond de moi.
Tout en buvant une bière, Patrick me raconte sa vie, ses conquêtes amoureuses, ses copains, sa musique préférée, sa guitare, bref..... il m'en fiche plein la vue.
Il  me parle aussi de ses parents. Le peu qu'il m'en dit me laisse penser que ce type est gâté jusqu'a la mœlle. J'apprends qu'il a deux soeurs, mais il n'en parle pas du tout. De son père, encore moins. Mais de la personne qu'il parle le mieux, c'est sa mère.....
Elle semble être le chef de famille... ... Il est en adoration de ces propres paroles glorifiant sa mère. Peut être que cette personne pourra faire quelque chose pour moi. Je me risque a lui demander

" Ou sont tes parents ? "

" Ma mère bosse en Allemagne "

De son père, il ne me dis rien. Tant mieux, de toute façon, je suis fatigué. Alors je ne me gène pas de fermer les yeux pour me forcer a m’endormir.

" Jeune homme, réveillez vous! "

Une douce voix tente de me tirer de mon sommeil. Qui est-ce ? Je ne le sais pas, il fait trop sombre dans la pièce. Tout ce que je peux dire, c’est que le parfum de cette personne sent très bon. Alors, pour ne pas l’oublier, je prends une lente et longue respiration. C’est a cet instant que je prends conscience que je suis dans un lieu inconnu et qu’une personne que je ne connais pas, est penchée au dessus de moi. D’un bond je suis au garde a vous a coté du canapé ou je me suis endormi.

" Calmez vous jeune homme, je suis la maman de Patrick "

Mes maux de tête me reprennent. Je ne sais pas ce que je dois faire. Et si Patrick était là, tout irait mieux ! Alors, comme a chaque fois que je ne sais plus, j’attrape mon sac et me dirige d’un pas rapide vers la porte. Mais cette dernière est fermée a clef ! D’un regard circulaire je cherche une autre sortie possible. Rien... Je panique de plus en plus....
Alors que tout  semble perdu, Patrick sort d’une pièce, qui par en juger de l’odeur qui l’accompagne n’est autre que les toilettes.

" Eh! Qu’est-ce qu’il se passe? "

Sa mère lui répond....

"C’est Dominique il veux partir! "

Me tenant fermement mais amicalement par les épaules, Patrick me dit

" Viens Dominique, on va discuter dans ma chambre "

Docilement, je me laisse mener jusque dans une chambre, ou tout de suite, seulement par la décoration de cette dernière, j’en oublie qu’ une minute avant je voulais partir. Les murs sont remplis de posters de personnages que je ne connais pas. Apparemment, ça semble être des chanteurs. Sur le lit, trône une guitare dite (sèche),que tout de suite Patrick attrape et commence a en faire sortir une mélodie des plus jolie.
Tout en jouant de sa guitare, il me dit...

" Viens, assied toi a côté de moi, je ne vais pas te manger "

Timidement je me pose sur le lit, tout en gardant une distance respectueuse avec ce mec qui me semble très sur de lui. Pour donner le change, je fais semblant de m’intéresser a tout ce qui se trouve dans la chambre. C’est alors que je découvre une maquette ferroviaire d’au moins deux mètres sur deux. Je profite de ma découverte pour me lever du lit.

" laisse tomber, ça ne marche pas ".

Patrick se lève du lit et quitte la chambre tout en tajoutant....

"  Viens on va manger, c’est l’heure. "

Je reste planté devant cette superbe maquette qui représente une gare de triage ainsi que plusieurs voies ferrées qui vont dans tout les sens.

" Alors Dominique, tu viens manger? "

C’est Patrick qui m’appelle. Je n’ai pas très envie de me retrouver a table avec sa famille. Mais je ne sais pas ce que je dois faire pour échapper a cette épreuve. Pourtant, il faut que je me décide. Je ne peux pas rester enfermé dans cette pièce le restant de ma vie! Allez, j’y vais, on verra bien comment ça va se passer.

" Mange Dominique, sers toi.... prends ce que tu veux... Mange ! "

C’est la maman de Patrick qui tente de briser ma gène. Timidement je tend ma main vers l’assiette de charcuterie. Tout de suite, la maman de Patrick me sers plusieurs tranches de saucisse. Je tend la main pour prendre du pain, aussitôt elle m’ en sers plusieurs tranches.

" Ce soir on mange simple. On ne savais pas si tu viendrais! Mais a partir de demain, on mange chaud tous les soirs "

Je suis aux anges. Je n’ai jamais vu une table aussi bien garnie en nourriture.  En plus de ça, j’ai de nouveau une personne qui s’occupe de moi. Je sens que je vais ma plaire ici.....
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« Répondre #86 le: 28 Avril 2017 à 23:48:06 »



                                 Les jours se suivent et se ressemblent. Depuis plusieurs semaines, je n’ai pas mis le nez dehors. Je ne travaille plus! Je ne décide plus de rien! Je ne pense plus! Bref je me sens bien. Trop bien. Une seule pensée occupe mon esprit.... pourvu que ça dure ! Seulement voilà, comme a chaque fois… …

" Ce soir tu sors avec moi, mes copains veulent te connaître. Et je ne veux pas d’excuse! "

C’est Patrick qui reviens a la charge avec son histoire de copains qui veulent faire ma connaissance. J‘ai le sentiment que le bon temps s‘achève. Et ce coup ci, je ne sais pas quoi inventer pour échapper a ma première sortie. Patrick sourit de mon regard embarrassé. Avant que je puisse dire ou faire quoi que ce soit, il me répète en appuyant chaque mot qui sort de sa bouche

" Et cette fois ci, pas d’excuses "
 
D’un petit sourire en coin, je lui fais comprendre que je suis d’accord. De toute façon, ai-je le choix ? Alors que je suis déjà en train de tirer les conclusions de ma prochaine rencontre avec ces « amis », Patrick se sent obligé de rajouter

" Et… … essaie d’être sympa pour une fois. Ce sont mes potes! Ils pourront devenir les tiens. "

Si j’avais le courage de te parler, de te dire ce que je pense, tu saurais comme je m’en fiche d’avoir des copains. C’est le dernier de mes soucis.  Ce que je veux, c’est rester seul. Mais il est difficile de vouloir la solitude quand on est entouré de gens qui ne savent pas, ou ne sont jamais restés seuls un instant de leur vie.
C’est leurs droit.... Le problème, c’est que ces gens vous entraînent de force dans le brouillon de leurs vies. Ils ne respectent rien de toute cette construction fragile que vous avez édifié jours après jours, années après années. Je peux même dire qu’ils se fichent de ce que vous  êtes, de ce que vous pensez, de ce que vous souffrez. Le seul objectif de ces gens est de satisfaire leur plaisir. 
Patrick veux me montrer a ces potes comme une bête de foire. Un môme de l’assistance, qui de plus est un ancien commis de ferme, pas la peine de chercher a  savoir quelle va être leurs réactions. Gare a eux si jamais un seul de ces « potes » me manque de respect. Je suis prêt a cogner dans le tas.

" Salut Dominique, moi c’est Denis, tu vas bien?  Salut, moi c’est…… "

Pendant plus de cinq minutes je serre des mains a des mecs dont j’oublie immédiatement et volontairement le prénom. Je me fous de tous ces soit disants « potes ». Ce que je veux, c’est rentrer. M’enfermer dans ma chambre et ne plus avoir a faire semblant d’être content de rencontrer des gens. Je me fous des gens. Quels qu’ils soient! Je déteste la foule et là, je suis servi parce qu'il y a au moins une vingtaine de mecs qui m’entourent. La plupart discutent en même temps. Ce qui me met de plus en plus mal a l’aise. Je commence doucement a avoir mal a la tête. J’ai des difficultés a garder les idées claires. Je dois quitter ce lieu. Je me sens prisonnier au milieu de ce .... je dois m’enfuir.... partir. Rentrer a la maison, m’enfermer dans ma chambre, ne plus… …
Je bouscule tout ceux qui se trouvent devant moi et me dirige d’un pas rapide vers la maison. Je me force a ne pas crier, ne pas courir, a ne pas… …
Mais! Qu’est-ce qu’il te prends Dominique? C’est quoi cette nouvelle réaction ? Tu ne cours pas ? Tu ne crie pas ? Pourquoi ? Tu as un nouveau problème qui fait surface ? Tu donnes le change.... Tu pars sans faire ton caliméro !  Serais tu devenu… … normal ?
Au bout d’une vingtaine de mètres, je prends conscience du silence qui règne dans la bande des « potes » a Patrick. Alors, sans que je puisse rien faire, je ralentis le pas jusqu’à m’arrêter complètement. Je ne sais plus trop quelle position adopter. Tout ce que je trouve d’intelligent a faire, c’est de chercher quelque chose d’imaginaire dans mes poches. J’en profite pour me retourner lentement. J’ose lever les yeux vers le groupe qui, en plus du silence, m’ignore complètement. Ils me tournent carrément le dos. Comme si je n’existait pas. Maintenant, je suis complètement déstabilisé.

" Tu viens avec nous? On va se balader "

C’est Patrick, qui a nouveau se mêle de ce qui ne le regarde pas. Pourtant ce coup ci, je trouve mon compte dans ces propos. D’un pas sur et lent, je me dirige vers eux. La plupart sont déjà en train de partir. Patrick me prend par le cou comme s’il était mon meilleur ami……  Je me laisse guider.

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« Répondre #87 le: 12 Mai 2017 à 21:03:21 »

" ………….  Aujourd’hui, tu viens avec moi, je vais te trouver du travail. "

Je regarde autour de moi…. Personne ! A part la maman de Patrick et moi, il n’y a personne d’autre dans le salon.

" Oui Dominique ! C’est a toi que je m’adresse. Il est temps que tu retournes travailler. Ça fait deux mois que tu es là et il est temps que tu travailles……. "

Et voilà ! Le bon temps semble terminé. Il va falloir que j’aille a nouveau travailler. Je ferme les yeux pour tenter de m’évader hors de la réalité, alors que la maman de Patrick semble m’expliquer de quoi sera faite notre journée. Je crois comprendre qu’elle a pris exceptionnellement congé pour s’occuper de mon cas. Il semblerait que nous allons nous rendre en Allemagne dans une très grande usine qui fabrique des voitures.

Nous sommes assis dans une salle d’attente depuis environ une demi-heure. La maman de Patrick semble nerveuse. A chaque fois que la porte s’ouvre, elle se lève et tente de regarder a l’intérieur du bureau ou entrent a tour de rôle les candidats a l’embauche. Mais a chaque fois, elle n’a pas le temps d’y jeter un regard .
Je voudrais bien lui demander ce qu’elle veux voir, mais je n’ai aucune envie. Je m’en fiche complètement. C’est bien le dernier de mes soucis que de vouloir aller travailler.... sur le moment !
Soudain, l’impensable se produit. Elle se lève et se met près de la porte comme si son tour était venu. Il doit bien y avoir une dizaine de personnes qui doivent passer avant nous.
Dans la salle, quelques murmures de désapprobations fusent de ci de là. Pour ma part, je me fais le plus petit possible sur ma chaise.
La porte s’ouvre…… et de suite, la maman de Patrick apostrophe le monsieur qui en tiens la clenche. En même temps, elle fait un petit signe de la main accompagné d’un large sourire, a une personne qui doit se trouver dans le bureau. Au bout de quelques secondes, qui me paraissent une éternité vu la situation, un monsieur de forte corpulence apparaît dans l’encadrement de la porte.
Ces deux là se connaissent…. C’est sur ! Ils semblent s’échanger maintes politesses accompagnées de sourires de complaisances. La situation en est presque comique. Personne dans la salle n’ose plus rien dire. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Assis le plus droit possible sur ma chaise, je tente de me faire remarquer par l’ensemble de l’assistance. Pour une fois que je suis du bon coté de la barrière, je ne vais pas me gêner. Un a un, j’observe a tour de rôle chaque personne de cette salle d’attente. A part trois personnes qui semblent se ficher complètement de ce qu’il se passe, tous les autres sont, dans ce que je pourrais qualifier, une « fureur agressive » envers la maman de patrick.
Soudain, la maman de Patrick me fait signe de la rejoindre. Alors que je me lève de ma chaise, certaines personnes ne se gênent plus pour exprimer leurs mécontentements a haute voix. Il faut la voix puissante du monsieur qui se trouve avec nous pour calmer ce beau monde.

Je me dois pourtant de préciser un fait très important…. Je ne parle pas un mot d’allemand et je ne le comprends pratiquement pas. Et pourtant, au bout d’une demi-heure de discussions et d’un dossier rempli par la maman de Patrick et ce monsieur, je suis embauché. Sans que je puisse dire quoi que ce soit, la maman de Patrick à décidé de mon futur.
Bon… je dois avouer que je suis tout de même content de pouvoir a nouveau retourner travailler.

Que dire de mon passage dans cette usine….. Que je travaille en Allemagne, donc considéré comme étranger, mais que cela ne fait aucune différence avec un ouvrier allemand. Il est vrai que les allemands sont beaucoup plus ouverts aux étrangers que nous autres français. Le seul critère qui entre en compte, c’est d’être aussi productif que n’importe qui dans l’usine. Pour les responsables de cette usine, seul compte le rendement. La nationalité d’une personne est le moindre de leur souci.
Je peux aussi dire que j’ai vécu en direct la modernisation de l’usine. ( fabrique automobile de marque américaine ). J’ai vu comment les robots ont commencés a remplacer les hommes. Comme j’étais au soudage des fonds de caisse des voitures, ce secteur employait énormément de monde. Sur ce que l’on appelait un « manège », se trouvait une douzaine de personnes qui bossaient ensemble sur la même partie de tôle. Les ouvriers étaient disposés en cercle (manège) et chaque main de chaque ouvrier disposait une pièce dans des serrures.
Pour que vous compreniez mieux, imaginez que votre main droite pose une pièce de tôle dans une serrure (pince) que la main gauche de votre voisin de droite va fermer, alors que votre main gauche ferme la serrure de votre voisin qui se trouve a votre gauche, qui de sa main droite a posé une pièce de tôle dans cette serrure et que de la main gauche il ferme…… et ainsi de suite pendant 8h 45 par jour.
Donc, j’ai vu comment un robot a remplacé ces ouvriers qui, de dix qu’ils étaient, est passé a un ouvrier….. De plus, ce robot soudait directement les tôles assemblées. L’ère de la modernisation commençait a montrer son nez.

Pour ma part, après m’avoir testé sur plusieurs lieux de travails différents…. Eh oui ! Ils étaient comme ça les allemands. Ils disaient que chaque être humain a sa place dans l’entreprise et que c’est a eux, les contremaîtres, de trouver ou nous serons le plus efficace.
Donc, ils m’ont testés sur plusieurs postes de travails différents, et au bout de quinze jours, ils en ont déduits que je serai efficace sur un travail en solo. Il est vrai que je ne valais rien en équipe. Normal ! J’ai toujours travaillé seul. Rien que le regard de mes collègues de travail me faisait perdre mes moyens.
J’ai faillit me battre avec un type qui n’arrêtais pas de se frotter a moi. A chaque fois qu’il le pouvait, il en profitait pour se coller. Ce qui faisait beaucoup rire les autres. Alors pour l’avoir menacé avec une clé anglaise, je me suis retrouvé cinq minutes plus tard devant un genre de psy. attaché a l’usine, qui m’a fait parler pour me comprendre.
Quand je dis « m’a fait parler »… c’était plutôt…

" si vous ne me dites pas ce que je veux savoir…. Vous serez renvoyés "
 
Alors j’ai parlé. Je lui ai fait savoir ma maltraitance infantile ainsi que mon tortueux parcours jusqu’à l’instant présent devant lui.
Il m‘a écouté sans me couper la parole. Ensuite, il a donné un coup de fil, un contremaître c’est pointé dans le bureau, ils se sont parlés en allemand, mais auparavant ils s’en sont excusés, et mon nouveau contremaître  ( Maitre Emmerich)  m’a emmené sur mon nouveau poste de travail. Je n’oublierai jamais ce bonhomme. Il a été un père pour moi pendant mon passage dans cette usine. S’il n’avais pas été là, j’aurais été rapidement licencié. Pourquoi ?…. Parce que c’est dans cette période que j’ai connu celle qui allait devenir l’amour de ma vie…
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« Répondre #88 le: 09 Juin 2017 à 20:50:12 »



                                                       Voila environ deux mois que je bosse dans cette usine. Mais je dois avouer que depuis quelques jours, le cœur n’y est plus. Je suis malade. Ce n’est pas que je sois malade d’une grippe ou je ne sais quoi encore….. Non ! Je ne suis pas bien dans ma tête.
Il est vrai que je n’ai jamais été aussi heureux depuis bien longtemps. La maman de Patrick s’occupe de moi comme une…. maman,  j’ai des copains, un véritable ami, un compte en banque avec de l’argent que je peux utiliser….. à la condition que j’en parle avant à la maman de Patrick, je suis bien habillé….

Et pourtant, il me manque quelque chose. Je ne réussis pas vraiment à définir ce qui ne va pas dans ma tête. Je commence même à refuser de sortir le samedi soir avec mes potes. Il faut dire que c’est chaque samedi pareil. Soit nous nous rendons dans des boites de nuit en Allemagne, soit nous nous baladons comme des âmes en peine dans notre quartier. Ce n’est pas évident d’avoir dix huit ans dans les années 70. A part les bistrots et une "maison d’œuvre" qui fait bal populaire chaque samedi soir, il n’y a rien d’autre pour nous divertir. Alors, nous allons par obligation dans une grande ville allemande, qui se trouve a 6 km de chez nous. Mais au bout d’un moment, a force de toujours fréquenter les mêmes boites de nuits, j’en ai marre. Je suis dans une sorte de brouillard. Je ne vois pas ce que j'ai envie de voir. Il faut dire que mon problème psychologique est aussi simple que compliqué.

Voilà…… Chacun de mes potes a une petite copine, sauf moi. Je suis trop timide pour oser aborder une fille. Et de plus, je sais que mon légendaire bégaiement fera obstacle à toute initiative de ma part. J’en ai pour preuve un souvenir horrible et pénible a la fois. Permettez moi de vous raconter ce souvenir…….
Cela c’est passé pendant que j’étais a la ferme. Vous avez souvenir du passage ou je vous narre ma rencontre avec un mec, alors que j’étais en train de manger près d’un feu de branchages. Ce type m’avait bluffé en mettant sa main couverte de boue dans la braise…..
Il m’avait dis que ces potes voulaient faire ma connaissance….. Hé bien, quelques temps plus tard je me suis rendu dans son village….. J’ai fait la connaissance de ses potes….. Durant plusieurs semaines, on a passé de merveilleux moments ensembles. Un soir, mon  copain (J’ai oublié son prénom…. Désolé) m’a présenté a sa frangine. Auparavant, il m’avait dit qu’elle en pinçait pour moi…. Je ne souhaite pas entrer dans les détails, parce que
 aujourd’hui encore, je souffre de ce pénible instant passé devant cette fille…..  Elle était tout sourire quand elle c’est avancée vers moi et m’a déposé un baiser sur chacune de mes joues…..

" Bonjour…. Je m’appelle Valeine….. Et toi ? "

J’ai failli lui dire mon prénom. Mais j’étais tétanisé et à la fois troublé par les deux baisers….. De mon prénom, je n’ai réussi qu’à lui dire les deux premières lettres que je n’arrêtais plus de répéter

" Do…. Do…. Do…. Do…."

Mon légendaire bégaiement venait de prendre le dessus. Je m’écroulais intérieurement. Je ne savais plus quoi faire de moi-même….. J’étais perdu….. Elle, elle continuait de me regarder avec le même sourire. Pas un instant, elle ne c’est moquée de moi. Alors, j’ai tenté de m’enfuir. C’est a cet instant que j’ai réalisé qu’elle me tenait les mains….Elle me les serrait très fort….. Comme pour me retenir…...
Jamais plus je ne suis retourné dans ce village…..

En rapport avec ce douloureux passage de ma vie,  j’en ai gardé une tare. Je ne supporte pas que quelqu’un, autre que mon épouse ou mes enfants, me fasse la bise. Quand malgré moi, une personne étrangère a la famille, force ma « barrière », c’est le souvenir et le visage de cette fille que je vois. Pourtant, malgré que cela remonte à environ quarante ans, son visage est toujours aussi présent dans ma mémoire…..
Non !..... Je ne regrette pas cette fille. Mais ce jour là, j’ai bien cru que jamais je n’aurais droit au bonheur, comme n’importe qui, et cela a cause de mon bégaiement. Pendant de nombreuses semaines qui ont suivies ce fait, je n’ai pas cessé de penser à ces deux baisers innocents qui m’ont faits fondre comme neige au soleil. J’ai compris que plus jamais je ne voudrais que quelqu’un m’embrasse, aussi innocemment soit-il. Pour moi, le fait de recevoir ou donner un baiser, est devenu quelque de très sentimental….. de personnel. Plus jamais je n’ai voulu que quelqu’un d’étranger, entre dans ma vie de cette manière. La poignée de main suffit amplement. Elle est synonyme de respect. 

Voila une des raisons pour laquelle je ne suis pas vraiment bien dans ma tête depuis quelques temps. Je veux avoir les mêmes droits que mes potes. Je veux pouvoir moi aussi être amoureux. Je veux….. Je ne sais pas vraiment ce que je veux….
Il y a bien une fille qui me court après, mais j’ai bien trop peur de lui parler. Et puis, mes potes m’ont dits que je mérite mieux que ça…... Alors je tourne en rond comme un fauve en cage, et dans ma tête ça gamberge très fort.  De plus, pour enfoncer encore un peu plus le clou, je dois vous raconter l’histoire du " club ".

Le " club ", comme nous nous plaisons a l’appeler, est une ancienne cave a charbon qui appartiens aux parents de Patrick et que nous avons transformé en lieu de rendez vous entre potes. Nous y écoutons de la musique.... nous buvons…. nous fumons.... nous discutons de refaire le monde…. et nous avons tous juré, que jamais une nana n’entrerai dans notre " club ". Tout allait pour le mieux jusqu’au jour ou….. l’un d’entre nous prends solennellement la parole.

" Les amis…. Nous allons être obligés de revenir sur notre promesse. On ne peut pas continuer à refuser les filles qui veulent entrer dans le club et qui …… "

C’est Patrick qui a pris la parole ce soir. Il tente de nous faire changer d’avis sur un " juré craché ".  Les discussions vont bon train et chacuns d'entre nous de donner son avis sur la question. Comme à chaque décision concernant le club, on en arrive au vote.

La question posée est :

" Les filles doivent-elles entrer au club. "

Sur un bout de papier, chacun d’entre nous devons écrire  oui ou non. Ensuite nous plions notre papier pour le jeter dans la casserole qui sert à faire cuire les pâtes.
Patrick remue les billets….. en sors le premier, l’ouvre  et un sourire au coin des lèvres, il annonce… oui. Le second billet…. oui.  Le troisième billet… oui. Le suivant,… non. Ensuite, pour  les autres billets restant…. oui. Onze billets, dix oui et un non.
Apres un long silence et s’être regardés comme des chiens de faïences, tous les regards se tournent vers moi. Bien sur, ils savaient que j’avais voté non. Je suis le seul à ne pas avoir de copine….. Je dois sûrement avoir un air d’abruti, parce qu’ils commencent a partir dans un fou rire magistral. Ne sachant plus quoi faire, je me lève de mon coin et je quitte le club. Leurs rires deviennent plus fort…..


Le club tourne a fond. Plus personne ne sort en boite. Tous nos samedis soirs, "nous" les passons a écouter de la musique avec les filles.
Comme je suis le seul à ne pas avoir de copines, j’ai été bombardé D.J. Enfermé dans une minuscule guérite, j’ai comme rôle, celui de changer les 33 tours sur les platines. Je n’ai pas le droit de choisir la musique que je souhaiterai entendre. Il parait que je suis trop crooner. C’est vrai que j’adore les chansons romantiques. C’est difficile pour moi de voir tous mes potes en train de draguer sous mes yeux. Je les envie… …

Le club fait fureur dans notre quartier et depuis quelques temps, nous sommes obligés de refuser du monde. Cela ne se fait pas sans mal. Alors mes potes m’ont bombardés….. " videur ". C’est a moi d’interdire l’entrée du club a certains mecs avec lesquels mes potes ont eus des embrouilles par le passé. Comme je ne sais pas quoi faire pour me rendre intéressant, j’accepte et remplis ce nouveau job en y mettant beaucoup de volonté… … trop de volonté.
Un jour, un mec a tenté de forcer mon autorité. Sans discuter, je l’ai tabassé comme un malade. Il faut dire que j’avais la pression depuis plusieurs semaines. Un rien m’énervait. Bien sur, mes potes ne faisaient rien pour me retenir… … Bien au contraire. Ils me poussaient dans mes bagarres. Le mec que je venais de rosser a eu du mal à se relever. Sa figure était en sang. Intérieurement, j’aurais voulu l’aider, lui demander pardon. Extérieurement, j’avais envie de continuer à le massacrer.
Quelques minutes plus tard, cet idiot est revenu avec son père. Quand ce dernier m’a " chargé " comme un buffle, je n’ai pas hésité une seconde. Je me suis laisser manger quelques coups, pour bien faire comprendre a d’éventuels témoins de la scène, que c’est lui qui a commencé a cogner. Ensuite, j’avoue que je m’en suis donné a cœur joie. En quelques coups bien placés, j’ai mis hors d’état de nuire ce débile mental….. Ils sont partis tous les deux. Le père a promis qu’il me tuera un jour……
C’est la dernière fois ce jour là, que je me suis battu avec qui que ce soit. L’image de ce papa et son fils s’éloignant en se soutenant mutuellement, hante encore à ce jour mon esprit. Je ne suis pas fier de moi. Jamais plus je ne les ai revus.

Pendant longtemps, mes idiots de potes narraient cette histoire à qui voulait l’entendre. Et bien sur, les répercussions ne ce sont pas faites tardées. Il ne se passait pas une semaine sans qu’un type du coin ne cherche a se battre avec moi. J’en avais marre. Alors j’ai interdit a quiconque de la bande, de continuer a raconter quoi que ce soit sur moi… … sinon je « leur rentre dedans ». Ca a marché. En quelques semaines, le calme était revenu.


                       
                                   
                                                Depuis quelques jours, je suis en arrêt de travail. Une méchante coupure au niveau du coude. Alors, comme une âme en peine, je tourne en rond pendant toute la journée. Mes potes sont au boulot. Et je dois avouer que sans eux, quoi que j’en dise, je ne sais pas quoi faire de mes dix doigts. Je passe le plus clair de mon temps assis sur les escaliers, à regarder les gens passer sur le trottoir. Pour la majorité d’entres eux, ce sont des personnes d’un certain age …. Des vieux quoi !

Jusqu’au jour où… … elle est apparue… …
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« Répondre #89 le: 03 Juillet 2017 à 14:08:51 »

            

                                                  une silhouette féminine...... gracieuse....... s'approche d'un pas rapide et sur. J'ai déjà entraperçu cette fille a plusieurs reprises sans vraiment y prendre garde. Mais jamais je n'ai eu la chance de pouvoir l'observer a ma guise.

De taille moyenne, des cheveux mi-long de couleur châtain qui entourent un joli visage, des magnifiques jambes qu'elle offre généreusement au regard de tout un chacun grâce au port d'une mini-jupe plissée qui semble être faite pour elle seule, les formes généreuse d'une poitrine que l'on devine sous un chemisier de couleur clair......

Elle va passer devant chez moi et Il me reste une poignée de secondes pour décider si je soutien son regard au cas ou...... ou si comme a mon habitude, je baisse les yeux tout en faisant semblant de m'intéresser a mes chaussures. Bien sur, ce sont a mes godasses que je me suis intéressé. Les jours suivants, c'est caché derrière une porte entrebâillée de la maison ou j’habite, que j'attends avec impatience de pouvoir l'observer a ma guise. je suis bien trop timide pour oser me montrer. Combien de temps ce manège a-t-il duré.....

heureusement un soir, Patrick qui a repéré mon manège depuis pas mal de temps, m'explique qu'il va falloir que je fasse connaissance avec cette fille si je ne veux pas devenir un pervers...... un voyeur.
J'ai beau lui dire que c'est a cause de ma timidité que je ne me montre pas et que de toute façon, cette fille ne s'intéressera jamais a un gars comme moi, il ne me crois pas. Pour Patrick, une fille quelle qu'elle soit, est faite pour être abordée et plus..... si affinité.
Moi, je lui explique que je suis rêveur et que je souhaite vivre une seule et unique histoire d'amour avec une seule et unique femme...... Pour lui, je ne suis plus a sauver...... mais il me dit également que cette fille est faite pour moi. Il ne sais pas pourquoi, mais il le ressens au fond de lui. Et quand Patrick ressens quelque chose...... on y crois obligatoirement.

Toujours est-il que grâce a ses conseils ses encouragements et surtout a sa présence a mes cotés, aujourd'hui je suis dehors. Je suis a la vue de la fille qui occupe tous mes rêves et fantasmes depuis des semaines.

........Alors que je commence a baisser la tête, Patrick m'envoie un super coup de coude dans le dos. Aussitôt je relève les yeux...... juste a temps pour apercevoir un sourire discret que me fait cette fille. J'en tremble de tout mes membres. Bien sur, je suis incapable de répondre ou faire quoi que ce soit et combien le voudrai-je, je ne saurais pas par quel bout commencer.

Déjà elle s'éloigne de son pas pressé. J'entends vaguement Patrick me dire qu'il lui semble savoir qu'elle apporte a manger a une personne âgée qui vit seule, mais qu'il n'y a rien de sur. Il me dit aussi que la famille de cette fille et en particulier sa maman, est une sorte de sorcière qui fait le mal. Ces gens seraient dangereux. Il rajoute que cette fille a plusieurs sœurs qui sont également capables de faire le mal a distance.... Patrick aurait entendu des adultes de sa famille parler de cela entre eux lors d'une réunion familiale....

Pour ma part, je me fiche pas mal de ce que les gens peuvent penser et dire de cette famille. Moi, je sais qu'une fille a porté son regard vers moi et..... m'a sourit a moi ! Dominique. Donc, rien ni personne ne pourra dévier mes pensées de cette fille. Et puis, elle m'a sourit !  Du moins, je pense que ce sourire m'est adressé.... Oui, c'est a moi et a moi seul qu'elle a sourit. Je le sais..... je le sens. Ce sourire m'appartiens. Encore a ce jour, je ne saurais quels mots mettre, pour exprimer mon ressenti de cet instant qui sera a tout jamais le plus beau moment de ma vie..... c'est tout simple, il n'y a pas de mots. Ou alors, mille arc en ciel mélangeant leurs plus belles couleurs au milieu de millions de cœurs d'amour virevoltants parmi des soleils caressant les pétales des plus belles roses du monde et au milieu de toute cette féerie..... son sourire.... son sourire et encore son sourire.

                                                                                                              
 *****

J'ai repris le travail et bien sur, je n'ai plus la possibilité de "voir" la fille de mes rêves, de mes fantasmes. C'est plusieurs jours plus tard, alors que je sors de l'immeuble pour me rendre a l'arrêt du bus qui doit me conduire a mon travail, que je peux a nouveau la voir.
A quelques mètres de là, Patrick discute avec une copine pour qui il en pince sévèrement. Mais cette fille est du genre sérieuse et tous les mecs du coin savent qu'elle ne se "donnera corps et âmes" qu'a l'homme qui l'épousera. Pourtant, malgré ce barrage en béton, il ne désespère pas de...... Sacré Patrick. Il ne doute de rien ni de personne et encore moins de sa propre...... Soudain......

.......... elle est a quelques pas de passer devant la porte d'entrée de la cour de notre habitation. Elle est vêtue d'un chemisier clair déboutonné au maximum autorisé, d'une veste en toile légère de couleur bleu marine et de la plus belle et surtout plus courte de ses mini-jupes. C'est de loin celle que j'aime le plus. Cette mini-jupe est de couleur vert clair tachetée de blanc, plissée tout autour et surtout, elle est très courte..... je serais tenté de dire, trop courte. On devine la terminaison de ses cuisses et on peux le laisser a imaginer......

- " tu veux ma photo ? "


Ces quelques mots me sortent de ma contemplation et me ramènent a une réalité quelque peu perturbée pas ce spectacle que m'a donné ce corps de rêve. Mes joues sont rouges de honte. Je voudrais pouvoir m'enfuir mais je suis incapable de réagir de quelque façon que ce soit.

Elle m'a parlé !!!! a moi..... elle m'a dit "tu veux ma photo"..... Mais que oui ! je veux sa photo. Je la garderai serré contre mon cœur ma vie durant.... Nuit et jour je la regarderai sans jamais pouvoir m'en lasser une seule seconde.......
Patrick, qui n'a évidemment rien loupé de ce qu'il vient de se passer, me fait un sourire rempli d'encouragements. Malgré cela, je suis incapable de réagir. Le spectacle que ce corps de rêve m'offre tout en s'éloignant, ne me permet pas pour l'instant de pouvoir dire ou faire quoi que ce soit. Ces cheveux brillent comme un soleil. Sa démarche a la fois gracieuse et petite fille sage , me laisse sans voix. Je suis subjugué pas ces jambes et surtout cette mini-jupe qui dévoile de temps en temps un soupçon de lingerie féminine que jamais je n'aurais pensé voir un jour.
Quelques secondes plus tard, en m'adressant a Patrick  je m'entends dire......

- " tu vois cette fille Patrick..... et bien je l'aurais un jour.... jusqu'au bout ".

  Et bien sur, comme a chaque fois que la droiture du chemin de ma vie est perturbé, je commence a déconner parce que rien n'est plus comme ce devrait être. Je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Chaque instant de mon existence je le passe a penser a cette fille. A l'usine, je ne suis plus capable de produire le nombres de pièces imposées et mon contremaitre est très en colère contre moi. Comme le système social allemand est bien en avance sur les autres pays, notamment la France, je ne tarde pas a me retrouver devant une psychologue de l'entreprise.
Pressé de questions en tout genres, je ne résiste pas bien longtemps avant de lui expliquer mon "nouveau problème". Et oui ! Pour moi, le fait de connaitre cette fille est devenu un problème.
Donc, je me retrouve a raconter ma chienne de vie a une psychologue d'entreprise qui, a plusieurs reprises a les larmes aux yeux quand je lui parle de certains passages de ma vie.
Bref, tout cela pour en fin de compte qu'elle apprenne que je suis ce que l'on fait de plus timide et ignorant en matière de femmes. Ignorant..... oh que oui.... plus ignorant que moi, tu meurs. Je vais allègrement sur mes 19 ans et je n'ai jamais eu ou put..... comment dire.... je ne connais rien de rien sur ce qu'il peut ou doit se passer entre une femme et un homme quand ils sont amoureux...... Je ne sais pas comment est fait le corps d'une femme..... Je devine leurs formes au travers de leurs habits sans jamais pouvoir imaginer a quoi cela ressemble.
Mais surtout, il y a ce barrage dans ma tête qui m'empêche de penser autrement que "honteusement" aux parties intimes d'une femme. Pendant ma maltraitance, "l'autre" m'a complètement démoli psychologiquement. vous comprendrez mieux si vous vous connectez sur ce passage j'ai regardé ses seins[/b] ........

C'est difficile, voire impossible de pouvoir aborder une fille quand l'on a vécu ces sortes de traumatismes. Pour moi, tout ce qui touche a l'intimité d'une fille m'est complètement abject, voire effrayant. Je suis bien souvent a deux doigt de vouloir de vouloir faire du mal aux filles.... Ce qui m'en empêche..... je ne le sais pas. Dans ma tête il y a comme un labyrinthe ou des milliers de pensées tentent d'émerger toutes ensembles. Heureusement qu'a partir d'un certain moment, je commence a avoir des maux de tête a vomir. Pour les faire passer, je suis obligé de fermer les yeux..... de pouvoir dormir..... de m'éteindre.

Toujours est-il que grâce a la psychologue de l'entreprise, je ne suis pas viré. Bien au contraire, j'ai rendez vous avec elle une fois par semaine et cela, pendant mes heures de travail. Ce qui n'est pas pour me déplaire..... Je me dois de vous avouer que malgré le dévouement de cette personne, rien n'a changé dans ma tête. Il y a une chose essentielle qui bloque tout. Cette femme ne m'est rien..... Le fait de savoir qu'elle est payé pour m'écouter me suffit a faire un blocage total dans tout ce qu'elle tente de m'apporter. Et pourtant, aussi bizarre que cela peut paraitre, j'ai besoin de cette personne. Non pas pour l'écouter, mais pour lui parler..... lui parler et encore lui parler..... jusqu'à plus soif.
 Je ne sais plus combien de temps a duré cette "relation". Tout ce dont je me souviens, c'est que l'entreprise m'a un jour envoyé faire un stage de soudeur dans une autre ville et que quand je suis revenu, le bureau de la psychologue était occupé par une autre personne..... un homme. (fin de la séance....)

Je parle beaucoup avec Patrick de ma future conquête. Il prends également ma défense contre sa mère qui, depuis qu'elle est au courant que je souhaite sortir avec cette fille, ne cesse de me faire des morales a deux sous. Elle c'est permise de dire que dans la famille de cette fille, ce sont toutes des putains et que cette fille l'est encore plus que ses sœurs.....
Ma réaction a ces mots ! aucune...... Encore faudrait-il que je comprenne ce que veux dire ce mot.... "putain". je l'ai bien souvent entendu ce mot. Il était dit par tout le monde et personne dans bien des cas de la vie de tous les jours.
De nouveau, c'est Patrick qui m'a expliqué...... a tenté de m'expliquer ce que cela voulait dire. Mais j'étais tellement idiot et ignare pour comprendre de quoi il retournait que bien vite Patrick a abandonné. Il m'a tout simplement dit......

- "elle te le montrera surement un jour si tu persistes a vouloir sortir avec elle....."

......... Encore aujourd'hui, je t'en veux pour cette phrase, Patrick. Je te croyais mon ami. Mais en fin de compte, tu étais déjà "un vieux". Tu t'étais laissé bourré le crane d'imbécilités en toutes sortes qui étaient divulguées sur maintes personnes et je suis sur qu'au fond de toi, tu croyais a ces connerie. Dommage. Moi, je te croyais plus intelligent que cela.

Oups ! j'anticipe sur une pensée a ton égard qui m'est venue quelques années plus tard. Donc......

........persistes a sortir avec elle".

Puis, il rajoute

- "je vais t'expliquer ce que l'on va faire samedi prochain...... tu dois voir une femme nue..... "

je suis sur que la rougeur de mon visage doit se voir a plusieurs centaines de mètres a la ronde. je baisse les yeux tout en cherchant une idée pour me casser de là. Voir une femme nue..... voir une femme nue.... voir une femme nue.... Mais il est fou ce type ! Jamais je ne pourrais..... jamais.
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