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Auteur Fil de discussion: Pourquoi ?... ... histoire d'une maltraitance infantile  (Lu 51445 fois)
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dominique
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« le: 17 Avril 2015 à 22:42:26 »

  
          

                           Je souhaite attirer votre attention sur ce témoignage me concernant. Cette histoire relate mon enfance passée en grande partie sous les affres de la maltraitance infantile.

 De quelle manière pouvais-je écrire pour parler de ma maltraitance subie........? Plusieurs possibilités s'offraient a moi.

Les sous entendus.........   Quelle valeur donner a des phrases empreintes de sous entendus?

Raconter cette maltraitance en faisant croire qu'il s'agit d'une personne autre!.............   Comment fait-on?

Utiliser un vocabulaire d'écriture intellectuelle?...............  C'est observer l'horizon mais jamais ces pieds.

Alors, j'ai décidé d'utiliser la réalité. Me dévoiler... ... me prostituer... ... me confier... ... me confesser... ...
Il m'est difficile de vous expliquer cette maltraitance autrement qu'en vous faisant lire quelques passages...... Toutefois, prenez garde ! Cette histoire est cruelle. Elle est écrite avec le vocabulaire de la maltraitance, de ma maltraitance. Ce n'est pas une vengeance........... On ne se venge pas de la maltraitance subie. On en souffre toute la vie. Croyez moi, une vie de souffrance, c'est long...très long.





                  Elle m’a donné la vie donc je me dois de l’appeler ma. . .  Cela m’est interdit. Alors je l’appelle "l’autre". Elle a voulu me détruire. Pourquoi ? Quel est son secret ? . . . .  Quel est mon secret ? Quelle est cette force qui lui a autorisé ces méfaits ?  Quelle faute a-t-elle commise ? Pourquoi as tu voulu me détruire, moi ton fils, la chair de ta chair. Pourquoi ?  Quelle faute ai-je commis ? Celle d’exister ? D’être ton miroir ? Aujourd’hui je souffre toujours de cette maltraitance infantile. Je cherche une réponse à ma souffrance. Une réponse ? A quelle souffrance ? Et pourquoi ?  Je ne sais pas. Ou alors, je ne sais plus. J’appartiens pour toujours au puzzle de la maltraitance.  

Au travers de la lecture de mon histoire, je vous invite à tenir une pièce de ce puzzle.  Peut être réussirez vous à la placer au bon endroit de ma vie....  de votre vie....  Ou tout simplement de la vie.



 
  
                                                  
                        
Extraits tiré de mon livre.......    

 
                                              

 ...... la faim, c'est horrible." L'autre" m'autorisait a manger quatre repas dans la semaine..........sur sept jours, quatre repas.............
C'est quand mes frères et sœurs avaient fini de manger que j'avais le droit de venir a table. A la seule condition que "l'autre" m'appelle. Je ne disposais que de quelques secondes pour arriver..................

"Viens ici fumier"

C'est quand ces mots étaient prononcés par "l'autre" que j'avais le droit de venir manger.............. Un bol de café noir avec un quignon de pain sec trempé dedans.........interdiction de m'asseoir........pas de cuiller.........je ramenai le bol a ma bouche, j'avalais le pain et le café le plus rapidement possible parce que "l'autre ne me laissai jamais finir.

"pose moi ça et dégage"

Je posais le bol. Il en restait toujours dedans.. ...


                                                  




......Ou alors, parce que j'avais osé accepter de la nourriture d'une tierce personne....

"Toi la haut, descends"

mon frère me pousse en bas du lit en rigolant et me dit....

"j'espère que tu vas  crever".

Je me dépêche de descendre....

"avance et arrête de chialer, ordure".

Du doigt, elle me montre la buanderie et de l"autre main  me donne un coup derrière la tête................

"A poil.....et que je n'ai plus a te le répéter"

je me déshabille. De toute façon, je n'ai qu'un slip habillé. Elle me prend par les cheveux,commence a me cogner la tête contre le mur en même temps qu'elle me demande

"qui t'a autorisé a bouffer la bas?"....




Voila une infime partie de la maltraitance que j'ai subi. Mais le plus affreux dans ce que je témoigne, c'est de savoir, j'insiste sur ces mots, c'est de savoir qu'aujourd'hui, maintenant, quelque part, peut être tout près de chez vous, un enfant subit cette maltraitance........
En lisant mon histoire, vous apprendrez le vocabulaire de la maltraitance. Mon objectif principal est de faire connaitre les horreurs de la maltraitance infantile a plus de monde possible.  Âmes sensibles, abstenez vous de lire la suite.






 Je dédie cette histoire a mon épouse qui me soutient tout au long de ma vie et surtout, qui me permet de vivre normalement, quand dans ma tête je ne sais plus.


   Je la dédie également a mes enfants que j'aime plus fort que toutes mes douleurs.


   Je la dédie a tous les enfants maltraités a qui je dis "battez vous..... reconstruisez vous".





Préface


         De par le monde, la souffrance humaine est présente au quotidien. Souvent et bien malgré nous, nous en sommes les spectateurs. Sur le malheur d'un être, on restera solidaire le temps de l'oubli qui se définit par un jour, une semaine, voire un mois, mais rarement plus. Notre capacité a reprendre le dessus sur des faits douloureux qui nous sont imposés, est d'une puissance inimaginable.

Retournez vous un instant, regardez dans votre passé..... vous rappelez vous cette souffrance que la vie vous a imposé lors d'un fait divers quelconque ? ...... Oui ! Vous vous souvenez.
Quels étaient vos mots pour exprimer votre révolte ?..... Quel malheur..... Quelle tristesse...... Quelle horreur..... Mais comment peut-on ?.... Ou vivons nous ?.... Ne peut on rien faire ?.... Pourquoi ?

Arrêtez ! Rejetez cette souffrance et retournez vers votre présent..... C'est vrai, vous aviez oublié ce fait divers. Ne vous reprochez surtout rien car c'est bien normal. Ainsi est conçu le spectateur, capable de passer par dessus n'importe quelle destruction, sans jamais ralentir son avancée dans le futur.

Dans la destruction se trouve le fait divers et bien souvent il s'agit d'un être humain. Que peux dire cette personne ? Que doit-elle dire ? Bien souvent elle est incapable d'exprimer sa souffrance et quand bien le ferait-elle , avec quels mots peut-elle hurler sa destruction ?
Le fait divers a-t-il le droit de malmener le spectateur indéfiniment ? Je n'ai pas la réponse. Parce que je suis un "fait divers" et je vous demande a vous spectateurs, d'entrer dans ma vie quelques jours. J'ai besoin de vous crier ma destruction, parce qu'a partir d'un certain âge, la douleur reste en vous comme marquée au fer rouge et petit a petit, vous ronge tout votre bon sens. Les incidents de la vie les plus bénins deviennent pour moi les plus compliqués. Ce qu'il m'arrive aujourd'hui, c'est que cette souffrance qui est en moi depuis si longtemps, refait de plus en plus surface, me perturbe mais surtout fait de plus en plus de mal a mes proches.
C'est par des mots simples, des mots de tout les jours qu'il faut que je réussisse a écrire ce livre. Je sais que certaines de mes phrases vous révolteront, que certains mots vous choqueront au point de vous dire que..... "Il aurait put utiliser des mots moins cruels". Seulement voilà.... je n'en ai pas le droit . Parce que ces mots cruels.... choquants.... sont les mots de mon enfance, de ma souffrance. De par cet ouvrage, vous découvrirez le vocabulaire de la maltraitance. Je veux que beaucoup de gens sachent.... J'ai besoin de dire mon tourment dans l'espoir que dans ma tête je retrouve une sérénité et surtout que j'arrive a oublier hier pour ne penser qu'a aujourd'hui....... demain.

Tellement d'années ont passé depuis ma maltraitance et il y a toujours ce mot qui me harcèle au plus profond de moi-même. Un mot qui au fil des années, c'est transformé en question. Il peut être puissant un jour, faible le lendemain. Il me terrasse aujourd'hui puis se laisse oublier un temps. Jamais je ne peut prévoir a quel moment il surgira..... Non..... c'est faux ! ce mot m'agresse depuis quelques années a la période de Noël. Il me faut alors user de beaucoup de stratagème pour ne pas me détruire a ce moment là et en même temps, détruire ce fragile univers ou je vie avec mon épouse, mes enfants. Ce mot, depuis un temps il s'appelle "Pourquoi".

Quand surgissent les souvenirs de mon enfance, il n'y a rien d'autre que douleurs.... coups.... pleurs.... souffrance..... abus sexuels..... privation de nourriture..... privation d'école..... privation de copains..... de famille. Aujourd'hui pourtant, après tant d'années d'oubli, tout reviens dans ma mémoire et j'ai mal.... très mal. Ce mal se transforme en haine, en rage, en isolement, en protection exagérée de mes proches, en impulsions de colère a demi contrôlées..... Ce mal qui remonte de plus en plus en moi est un mélange de peur, de frustration que personne ne peut soigner.


Voici mon histoire


           je suis né un soir de décembre mille neuf cent cinquante trois dans un petit village de Lorraine. De ma petite enfance remontent quelques souvenirs épars...... Ma grand mère qui m'a élevé jusqu’à mes trois ou cinq ans.... je ne me souviens plus vraiment. Le décès de mon grand père, un voyage en avion, un pays lointain, le Maroc..... papa est militaire...... il y a un palais......l'école ou nous nous rendions accompagnés de soldats parce que des enfants nous jetaient des pierres.... une école pour les "blancs"...... puis a nouveau un voyage en avion...... et la France. Ensuite mes souvenirs se dirigent vers une caserne, une infirmerie militaire...... je suis allongé sur une table de soins, a cause d'une blessure a la jambe que je me suis fait en tombant sur un morceau de verre. C'est dans cette caserne que l'on m'a soigné. C'est tout ce dont je me souviens de ce début d'enfance.


Nous habitons une maison située en contrebas d'une citadelle. C'est a partir de là que je cerne le mieux mes souvenirs. Mes deux sœurs et mon frère ainé, une autre sœur plus jeune que moi et papa........ Puis, il y a celle qui encore aujourd'hui, je n'arrive pas a prononcer le nom......"l'autre". Je l'ai toujours appelé "l'autre" et je vais être obligé dans mon bouquin, de l'appeler ainsi...... "l'autre".

             Papa, c'est de lui que je peux le mieux parler. Militaire de carrière, docker, mineur de fond dans les mines de charbon, peintre....... Je suis certain que papa a fait tout son possible pour nous procurer le maximum. Dans mon coeur, il reste un être courageux et généreux.

C'est vers l'age de sept ou huit ans que je commence a réaliser que ma vie de gamin est différente de celle de mes frères et sœurs.  Dans ma mémoire, certains souvenirs sont plus forts que d'autres. Je me rappelle un noël...... j'avais reçu un avion a friction que je poussait par terre dans la cuisine. Soudain, pour une raison que m'échappe encore a ce jour, "l'autre" me l'enleva pour le donner a mon grand frère. Ou encore cette personne déguisée en père fouettard qui me poursuivait jusque dans la cave tout en me donnant de très forts coups de bâtons....... Ce personnage ne faisait pas semblant, les coups étaient réels. Remontant de la cave en pleurs, je veux me réfugier dans las bras de "l'autre"...... elle m'empêche de m’approcher d'elle en mettant sa main autour de mon cou et tout en serrant elle me chuchote

 "dégage".

Pourquoi ? Cet autre souvenir marquant..... ma sœur et moi devons aller chercher un dénommé Georges qui habitait je ne sais ou..... une caserne je crois. ma sœur hurlait son prénom de tout ces poumons

"Georges...... tu peux venir ce soir.... papa est parti"

Mais ce soir là, Georges n'est pas venu.Au milieu de la nuit, "l'autre" me réveille a grand coup de gifles tout en me disant que la prochaine fois je devais appeler Georges beaucoup plus fort.

...........Un soir, je suis en train de faire ma toilette quand "l'autre" entre dans la salle d'eau, m'attrape par les cheveux et sans explications aucune, m’enfonce une pince (neigeuse) a cheveux dans l’oreille. Je hurle de douleur, mais tout de suite elle me menace

"ferme là ou je te crève les tympans".

Elle me tire la tête en arrière en me tenant par les cheveux, réintroduit la pince dans une de mes oreilles tout en me disant

"Je vais te la sortir la crasse espèce de pourriture".

........ une autre fois, je suis resté plus de deux jours dans un état de somnolence. "L'autre" m'avait donné un flacon et m'avait dit

" tiens. Bois ça ce sont des vitamines"  

Plus tard, papa m'a réprimandé en me disant que je ne devais pas toucher aux médicaments, que c'était dangereux. J'avais bu du sirop pour dormir.  Quand je lui ai expliqué ce qu'il c'était passé, il me donna une raclée en me disant que je ne devais pas mentir. A partir de cette période, lentement, j'ai commencé a me recroqueviller sur moi même.

....... cet autre fois, la nuit, je suis réveillé par une de mes sœurs. Je ne comprends pas ce qu'elle me veux........ Alors, avec un chuchotement autoritaire elle me dit

" viens avec moi dans mon lit"

A peine couché, elle prends ma main et la pose sur son entrejambe......

"chut.... fait pas de bruit, caresse moi tout doucement".

Un peu plus tard elle me dit

"si jamais tu le racontais, je dirais que c'est toi qui a commencé".

Qu'es ce que j'avais commencé ? Je ne comprenais pas. De toute façon, dans ma tête tout devenait de plus en plus confus. ces quelques souvenirs de maltraitances ne sont pas complets dans ma mémoire. Peut être que le début de ma maltraitance est entré dans mon cerveau comme une forme d'apprentissage et que seul le résultat final m'a permis d'exprimer des sentiments sur la suite des actes odieux qui m'ont étés infligés.
 J'en offre pour preuve l'apprentissage scolaire. Peut on dire que l'on se souvienne parfaitement de son passage en classe de maternelle ? Non bien sur ! Mais quelques bribes de souvenirs sont ancrés au fond de nos mémoires et prennent parfois le dessus sur nos pensées présentes. C'est là que l'on se surprends a dire..... " mais oui, je me souviens quand j'étais petit......"
Je ne souhaite pas m'étendre plus sans commencer a m'égarer dans le labyrinthe des pensées qui, si vous n'y prenez garde, vous conduit dans le doute, voire l'erreur. Ma seule certitude, c'est que l'entrée de la porte de la maltraitance était grande ouverte et j'en avait franchi le seuil.

C'est aussi dans cette période que je réalise que quand papa est là tout est différent.  J'ai l’impression de sortir d'un désordre...... de passer du noir au blanc. C'est, je ne sais comment dire...... c'est tout simplement bien. Papa nous emmenait souvent mon frère ainé et moi se promener en forêt. Ou alors, un endroit qu'il affectionnait parmi tous les autres mais qui était interdit au public civil, le terrain d'entrainement militaire. Là, papa devenait notre héros. Il nous racontait la guerre. Maroc..... Indochine..... Algérie.... Je ne me souviens plus très bien. Il parait qu'il a fait ces guerres. Papa joue beaucoup avec moi. J'ai plein de souvenirs de jeux que nous faisions ensemble. Papa est tout simplement formidable. Aujourd'hui je le sais, avec papa ma petite enfance a été normale.
Certains de ces jeux sont parfois dangereux. Le souvenir de l'un d'eux m'a marqué plus que tout les autres. Plus de quarante années sont passées et la moindre image de ce jour là est toujours aussi nette dans mes pensées. Papa a décidé de nous apprendre a fabriquer un arc. Dans un bois nous avons trouvé des branches souples et robustes a la fois que nous avons entièrement effeuillé. De sa poche, papa sort une pelote de ficelle et en coupe plusieurs morceaux de la même longueur qu'il tresse entre eux. La branche est pliée jusqu'au maximum de sa flexibilité et la ficelle tendue est attaché aux deux extrémités de la branche et voila un arc magnifique. Quelques fines branches bien droites, pointues a un bout et une encoche a l'autre bout les flèches sont prêtes.
Vous devez vous demander ou je veux en venir avec la fabrication de cet arc...... Et bien contrairement a ce que j'ai écrit plus haut, c'est le seul souvenir que j'ai de papa jouant avec moi. Le seul......





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« Répondre #1 le: 23 Avril 2015 à 22:42:28 »

    Un jour, survient un déménagement vers un autre village, pas très loin du précédent, tout au plus une quinzaine de kilomètres. Notre nouvelle habitation est une maison a deux étages aux volets verts. D'un coté de la maison, il y a un jardin et de l'autre, un poulailler avec quelques volailles. Devant la maison, une grande cour, puis la route. Derrière une rangée d'arbres, il y a la gare du village. je crois que la maison appartiens a ma grand-mère, mais je n'en suis pas certain. la seule chose dont je suis sur c'est que c'est dans cet endroit que j'ai vraiment commencé a vivre mon enfer. C'est aussi a partir de ce lieu que les souvenirs de maltraitances que "l'autre" me fit subir, sont les plus présents.

Comment cela a-t-il débuté...... ? Je n'ai pas la réponse. Toutefois je peux commencer mon récit par une certitude........... ce jour là, il faisait beau. Mes frères et sœurs jouent dans la cour et moi, "l'autre" m'a donné un travail. je dois désherber une allée dans le jardin. C'est d'une voix sèche qu'elle m'a dit

 " je te donne jusqu’à ce soir et je ne veux plus voir une brindille d'herbe sortir de terre."

L'allée fait bien une dizaine de mètre de long et un mètre de large et surtout, l'herbe n'a jamais été arrachée si bien que le soir, je n'ai pas terminé mon travail. Il commence a faire nuit. Mes frères et sœurs sont déjà rentrés et moi, a genoux par terre, je continue d'arracher cette mauvaise herbe. Je précise que je ne dispose d'aucun outil. Soudain, une voix me fait sursauter.

 "oh.... Lieber Dominique"

C'est ma grand-mère.... elle ne parle que l'allemand. debout devant moi, elle me tend ses mains que je saisis aussitôt pour me relever.Grand-mère me serre contre elle en même temps qu'elle s'adresse a "l'autre" d'une voix sévère. "L'autre" me regarde d'un air féroce et répond a grand-mère......

"Il n'a pas terminé le travail que je lui ai donné a faire. Il ne rentre pas tant que ce n'est pas terminé"  

Grand-mère élève la voix et en même temps essaie de pousser "l'autre" pour qu'elle nous laisse rentrer. "l'autre" se met a hurler....

"il ne rentrera pas"

Et s'adressant a moi avec une voix hystérique, son doigt pointé vers le jardin....

"toi, dégage terminer ton travail"

Je lâche la main de grand-mère et je recule. "l'autre" me fait peur..... Tout a coup l'impensable se produit. Elle a giflé grand-mère qui en reculant, tombe par terre et heurte violemment le sol avec sa tête. Je m’agenouille a coté de grand-mère et j'essaie de lui lever la tête. Grand-mère ne bouge pas Je crie....

"Grand-mère... ... Grand-mère"

Ses yeux sont fermés. Je tourne mon regard vers "l'autre" qui reste là, debout, les bras ballants le long du corps, le regard hébété. Elle ne dit rien et surtout, ne fait rien pour aider grand-mère.

"tu l'as tuée... ..."

Je me relève d'un bond et je me dirige vers elle tout en pleurant. Je la frappe de toute mes forces a coup de poings et de pieds. Elle ne réagi pas.

"méchante... ... tu es méchante. Je ne t'aime plus... ... plus jamais."

Je m'écroule a coté de grand-mère, je la secoue je l'appelle lui caresse le visage... ... soudain, je l'entends qui prononce mon prénom.

"Dominique"

Grand-mère pleure elle saigne du nez.

"tu as mal grand-mère ?"

elle ne réponds pas, mais elle implore du regard "l'autre", qui n'a toujours pas bougé d'un millimètre. Alors j'aide grand-mère a se relever et main dans la main nous nous dirigeons vers la porte d'entrée de la maison qui est barré par "l'autre", qui se laisse pousser par grand-mère.

"va te coucher Dominique" .

Dans la chambre, rien ne bouge. Pourtant tout ces cris ont dut alerter mes frères et sœurs... ... Je reste longtemps debout dans un coin de la chambre a écouter le moindre bruit, le moindre souffle qui me donnerait la certitude qu'ils dorment vraiment.  Non ! Rien... ... Je sais qu'ils sont réveillés et peut être ont-ils même tout vu, tout entendu.
Le lendemain matin, je n'ose pas sortir de la chambre c'est "l'autre" qui vient me chercher. Sans un mot, elle me traine dehors en me tenant par les cheveux, jusqu’à l'allée que je n'ai pas fini de désherber. Toujours sans un mot tout en continuant de me tirer par les cheveux, elle me force a m'agenouiller au sol, me montre du doigt une autre allée a droite du jardin. Elle me secoue la tête a m'arracher les cheveux en même temps qu'elle me dit

"tu boufferas rien avant que tu ai tout nettoyé. Même si tu dois crever. Je vais te faire souffrir. Tu vas regretter d'être né."

A peine sa phrase terminée, elle me pousse la tête jusqu’à ce que ma bouche soit dans la terre. Me maintenant ainsi, elle rajoute ces mots

"et si tu as faim, bouffe de la merde"

Je ne me souviens plus du nombres de repas que j'ai sauté la fois là. De toute façon, je savais depuis longtemps qu'il y aurait beaucoup d'autres repas que je n'aurais pas... ...
Je vais faire ma première confession. parce qu'avant de l'écrire, je ne l'ai jamais dit a personne. Je m'adresse a toi, "l'autre". Sache le. J'ai bouffé de la merde... ... oui, au sens propre et au sens figuré. Oui, tu lis bien... ... au sens propre. Pour tenir le coup, plusieurs fois dans mon enfance, j'ai mangé mes propres excréments. Ça doit te faire plaisir de l'apprendre.

Cet autre jour, tu m'as tapé dessus avec un manche a balai. Pour quelle raison ? Toi seule le sait. De toute façon, il y a bien longtemps que tu n'as plus besoin d'un motif quelconque pour me battre. Toujours est-il que ce manche a balai tu me l'as volontairement enfoncé dans la bouche., me blessant le fond de la gorge. Je me souviens de tes paroles quand j'ai mis mes mains devant ma bouche pour la protéger

"je vais te faire fermer ta putain de grande gueule"

Pendant deux jours je ne pouvais plus parler ni avaler am salive. Quatre ou cinq jours plus tard, alors que la plaie au fond de ma gorge commençait a peine a guérir, tu m'as forcé a avaler du vieux pain dur. La douleur a été tellement forte que j'ai aussitôt recraché le morceau de pain. Et toi, tu me tapais dessus tout en hurlant comme une hystérique des mots obscènes.

"fumier... .. pourriture... ... racaille... ... "

et pour la première fois, un mot que je n'ai plus jamais oublié

"bâtard... ... "

Combien de fois au fil des ans tu m'as traité de "bâtard". Tu as peut être raison ! Toi seule peut le savoir ! Pendant longtemps j'ai attribué ma maltraitance a ce mot... ... "bâtard". Jusqu'au jour ou papa....... je m'expliquerai plus tard.
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« Répondre #2 le: 26 Avril 2015 à 22:56:57 »

   C'est dans cette maison que j'ai commencé a participer aux tâches ménagères.Dans cette bâtisse ancienne, tous les sols sont recouverts de parquets en bois. Je dois frotter ces planchers avec une espèce de filasse en ferraille jusqu’à ce que le bois devienne blanc. C'est a genoux que je dois frotter les sol avec cette "paille de fer", sans aucune protection pour mes mains, blessées par les échardes de bois qui s'arrachent du plancher. Comme si cela ne suffisait pas, "l'autre viens régulièrement par derrière et me donne des coups de pieds en me criant

"frotte plus vite ordure....."

Ensuite il me faut cirer ces planchers avec une cire caustique, laisser sécher une bonne heure pour ensuite passer d'interminables heures avec des chiffons sous les pieds a faire briller ces parquets. Je me souviens encore des paroles de "l'autre".

"frotte plus fort... ... je veux t'entendre jusque dans la cuisine... ... que ça brille comme un miroir que je puisse me voir dedans... ... si je me lève, je te bousille... ..."

et tout cela, assise dans la cuisine en train de dévorer ses cacahuètes ou sa glace, ses friandises préférées. Comme bien souvent, l'instant que je redoute le plus.

"toi la haut... ... viens ici"

Je sais déjà ce qu'il va m'arriver. Je me dirige vers elle en prenant mon temps, mais pas trop non plus. Attablée au milieu de ses épluchures de cacahuètes, elle me dit

"approches toi encore plus près et baisse toi"

Et là, c'est ou la gifle ou le coup de poing. La gifle, je devrais plutôt dire les gifles, c'est de toutes ses forces que ses deux mains claquent sur mes oreilles. A chaque fois j'ai l'impression que ma tête va exploser. Quand c'est avec les poing, elle me cogne n'importe ou sur le corps, mais en général c'est sur la figure. A ce moment, son regard est cruel mais ses mots le sont bien plus

"prends ça ordure... ... fout le camps de ma vue... ... et je veux t'entendre frotter sale bâtard."

Je retourne faire briller les parquets en prenant soin de faire le plus de bruit possible avec mes chiffons. Papa..... ou est tu ? Tu ne vois rien ? Pourquoi ne fais tu rien pour empêcher tout ça ? Pourquoi? Combien de fois me suis-je posé cette question ? Encore aujourd'hui je me la pose... ... Pourtant il est vrai que quand papa est là, rien n'est pareil. Je travaille toujours autant dans la maison, mais "l'autre" n'ose pas me frapper. Elle ne peut pas agir comme quand elle est seule avec moi. Papa lui a une fois demandé pourquoi qu'a chaque fois qu'il me voit, je suis en train de travailler. "l'autre" lui a tout simplement répondu que c'est moi qui demande a participer aux tâches ménagères de la maison. Papa c'est contenté de cette réponse. Pourquoi ? Je ne sais pas... ... je ne veux même pas le savoir.

A nouveau un déménagement, a nouveau une vieille maison. A nouveau il me faut frotter les planchers avec la paille de fer, les cirer et les faire briller. Rien ne change pour moi, si ce n'est qu'un étage se rajoute, si je puis dire ainsi. Cet étage, c'est la cave. Pour y descendre, un escalier d'une dizaine de marches suivi d'un couloir dont le sol est fait de pierres reliées entre elles par des joints de ciment. A gauche de ce couloir et derrière une porte, se trouve la cave a charbon. Au bout du couloir une autre porte donne accès a la buanderie (salle d'eau) avec un sol recouvert de carreaux de faïence... ... du moins je crois. Après tout, pierre ou carrelage, quelle importance ?  La buanderie est équipé d'une baignoire en pierre de forme carré ainsi que d'un lavabo également en pierre. Deux petites fenêtres a l'opposé de la pièce donnent un semblant de luminosité. A coté de ces fenêtres, une porte donne accès au jardin et dans le coin opposé, une autre porte mène aux toilettes (wc).
Si je vous raconte la cave, c'est parce que j'y ai vécu l'enfer. l'enfer dans chaque recoin de cette cave. l'enfer... ... le mot n'est pas trop fort. Un enfer physique, ou c'est rajouté l'enfer psychique.

Nous sommes nombreux a vivre dans cette  maison. Combien ? Je ne le sais plus vraiment. Trois frères et trois ou quatre sœurs... ... je ne sais plus. J'ai souvenir d'une naissance qui c'est passé a la maison. Je jour là pour moi, pas de corvées de nettoyage. J'ai droit a la balade en forêt avec mes frères et sœurs. En fin d'après midi a notre retour de balade, la famille c'est agrandie d'un petit frère ou d'une petite sœur...... je ne me souviens plus. de toute façon, frère ou sœur, cela a-t-il une quelconque sorte d'importance pour moi ? Parce qu'aujourd'hui encore, les liens "frères sœurs" je ne sais pas ce que c'est. J'ai conscience que ce doit être quelque chose d’extrêmement puissant, d'extraordinaire. Je ne trouve pas en moi ce lien qui semble si magique. Il doit être défait...... oui c'est ça ! le nœud a dut s'ouvrir. Ou peut être n'a-t-il jamais été noué ce lien qui...... pardonnez moi je m'égare.
Ma seule réalité, c'est que j'ai un papa. Pas un papa qui m'aime, m'offre ou me donne quoi que ce soit..... non ! Mais un papa qui ne me tape jamais, un papa qui ne me fait jamais souffrir, un papa qui ne m'insulte pas. Quand je dis que papa ne m'a jamais tapé, je mens. J'ai eu quelques corrections de sa part. Corrections justifiées... ... quoique...... bon. Je préfère m'expliquer de suite sur ce sujet.  
Ma première raclée de papa, je l'ai reçue a cause d'une bagarre. Quoi de plus normal ! diriez vous.... sauf que cette raclée je l'ai eu parce que je me suis fait battre par le môme avec qui je me suis battu. De plus, pour ne pas arranger ma situation, le môme en question est le fils du voisin. ce qui a eu pour effet de mettre papa dans une grosse colère. Je peux seulement dire pour ma défense qu'il ne faut pas être costaud pour me battre. Vu mon état physique, n'importe quel gosse du coin a le dessus sur moi. Je ne cherche pas d'excuses...... j'explique.
Ce jour là, je me bat. Je perd la bagarre, je rentre a la maison en pleurs et je tombe sur papa qui me demande

"pourquoi tu pleures ? ".

je sais lui avoir dit que François m'a rossé. Aussitôt il me demande

"et toi tu l'as battu ?"

Je me dois de préciser que pour papa, il faut toujours être le vainqueur, surtout quand on se bat avec une autre personne.

"non"

ma réponse a pour effet de déclencher la colère de papa. Oh ! Les coups ne me font pas vraiment mal. Papa a conscience qu'il tape sur un môme. Ensuite, il me fait la morale dont ses mots sont les suivants.

"A dater de ce jour, quoi qu'il arrive je ne veux plus jamais entendre que tu t'es fait battre. Si tu perds un combat quel qu'il soit, tu sauras qu'un homme ne pleure jamais. Un homme qui se respecte quand il reçoit un coup, il en rend deux. Un homme se relève toujours."

Oui papa.... c'est peut être vrai ce que tu me dit. Mais là devant toi, ce n'est pas un homme qui t'écoute parler..... c'est un môme papa. Un môme qui souffre et se fait battre par "l'autre"..... un môme qui ne réussi plus a se relever et ce môme, c'est ton fils..... Oui papa..... ton fils que tu laisses se faire massacrer par "l'autre'", ton fils que tu ne défends plus...... Non papa. C'est trop facile, trop simple de t'accuser pour ce qu'il m'arrive. Pardonne moi papa. Pardon. Ta vie entière tu la dépose sur la table. C'est "l'autre" qui ne partage pas équitablement. Pourtant papa, si tu voulais......

Ma seconde plus belle raclée que tu m'as donné et il est vrai que tu m'as prévenu a plusieurs reprises, c'est quand tu as appris que je continuais a fréquenter mon meilleur ami. Cet ami, je le voit a l'école. Il a souvent un bout de pain beurré ou une pomme a m'offrir. Il connait ma situation. Il sait tout ce que j'endure. Il me conseille tout le temps d'aller a la gendarmerie pour dénoncer "l'autre". Il trouve toujours des mots pour me consoler quand j'arrive en classe complètement détruit. Seulement voilà..... pour toi, cet ami a un grand défaut. Il n'est pas français. Pourtant je peux te jurer que le pain qu'il me donne a le même gout que celui que je reçois si peu souvent a la maison. Ces mots qui me consolent sont du même langage que nous utilisons a la maison. Papa..... pour toi il faut être blanc de peau pour avoir des droits et tout ceux qui ont le teint mat, tu les considère comme de la racaille. Je ne t'en veux pas papa.... mais cette raclée m'a fait mal. Ton visage haineux m'a également effrayé. Les mots que tu as utilisé pour parler des étrangers, je ne les ai pas tous compris mais je ne t'en veux pas. Je sais qu'en tant que militaire de carrière, tu as fait quelques sales guerres qui t’ont conditionné.  Seulement vois tu, pour nous les mômes, le racisme n'existe pas. C'est vous les grands qui a votre tour nous conditionnez pour plus tard.

Ma troisième raclée de ta part, celle là c'est la plus grave. J'en parlerai plus tard. ce jour là papa, tu as rejoint "l'autre"...... seulement ce jour là.
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« Répondre #3 le: 09 Mai 2015 à 21:40:13 »

  

         Comme n'importe quel môme j'ai droit a une éducation scolaire. Comme n'importe quel môme....... pas vraiment. Pour moi rien ne se passe comme pour mes frères et sœurs. Chaque matin, je suis réveillé par "l'autre" a coup de gifles et une heure avant mes frères et sœurs. Ce qui fait beaucoup rire un de mes frères. Il faut dire que l'on dort a trois dans le même lit. Le problème, c'est que moi je dois dormir a l'opposé de mes deux frangins, leurs pieds dans ma figure, ce qui a pour effet de me faire passer de mauvaises nuits de sommeil.  C'est durant cette période que je subit des attouchements sexuels de la part de mon frère ainé. Il ne se gène pas durant la nuit de me caresser mon sexe et pour que je ne bouge pas, il me bloque au niveau de la gorge avec son pied. Je me souviens qu'une fois il a appuyé tellement fort sur ma gorge, que j’étais proche de l’évanouissement.  Souvent, il ne se contrôlait plus dans ses mouvements et heureusement que cela ne durait pas bien longtemps. Je ne souhaite pas aller plus loin dans mes explications...... vous aurez deviné ce qu'il faisait..... Ce cher frangin avait compris comment obtenir mon silence. A chaque fois il me disait

"si tu le racontes, je te tue"

De toute façon, a qui raconter ce que je subit ?
Quand a ma sœur qui m'avait fait subir des attouchements, il y a bien longtemps qu'elle ne me touche plus. Je crois même qu'elle a pitié de moi..... ça se voit a son regard.

Donc, après une nuit de souffrance, "l'autre" me réveille a coup de baffes tout en me disant

"tu as deux minutes pour descendre"

Arrivé en bas, elle me jette le balai au travers des jambes tout en me disant

"balaie ordure"

Je dois balayer toutes les épluchures de cacahuètes qu'elle a éparpillé partout dans le salon. Mon regard quelque peu hagard dut aux mauvaises nuits que je passe, l'énerve. J'évite donc de la regarder..... je baisse les yeux. Pourtant, il m'arrive de lever mon regard vers elle..... mais cela, je le paie au centuple. "l'autre" se lève de sa chaise dans une fureur extrême et a coup de poing et a coup de pieds, me réduit a un tas dans un coin de la pièce. Le plus pire ce sont ses mots qu'elle me crache au visage.

"pourquoi tu me regardes ?...... baisses les yeux..... baisse les yeux..... baisse les yeux.... "

Tu veux savoir pourquoi je te regarde ? Tu veux vraiment le savoir ? Je sais très bien que jamais tu ne liras ces mots qui vont suivre, mais ils sont pour moi une thérapie.

"si je te regarde, c'est pour te dire que je t'aime...... si je te regarde, c'est pour te demander de me prendre dans tes bras..... si je te regarde, c'est pour que tu me consoles..... si je te regarde, c'est pour que tu me dises que tu est ma maman...... si je te regarde......."

J'ai appris a ne plus te regarder et au fil des jours, tu es devenue "l'autre".
Après avoir balayé les épluchures de cacahuètes, mis la table pour le petit déjeuner, je monte réveiller mes frères et sœurs. Pendant qu'ils déjeunent, je fait les lits et quand ils partent pour l'école, je suis en train de faire briller les planchers.
A huit heure moins cinq, quand "l'autre" est sure que la sonnerie de l'école a retenti, elle me laisse partir non sans m'avoir prévenu comme chaque matin. Elle me bloque dans un coin de mur du couloir, elle met une main sur ma gorge, avec  l'autre elle me met la tête en arrière en me tirant par les cheveux..... là, elle me dit

"dégage a l'école et ferme ta gueule espèce d'ordure..... tu m'as bien compris ? fous moi le camp"

Tes menaces pour que je me taise en dehors de la maison ne servent a rien du tout. beaucoup de gens savent ce que j'endure..... La plupart de ces gens ont peur de toi. Quant au directeur de l'école, c'est un être abject et tortionnaire. Presque chaque jour il m'accueille avec la même phrase

"alors mon petit, on est en retard..... Viens recevoir ta punition.... allez.... tends les mains"

Son morceau de planche s'abat sur ma main droite puis sur ma main gauche avec interdiction de les retirer quand il frappait, sinon un coup sur chaque main se transformait en deux coup sur chaque main et ainsi de suite. Je n'ai jamais retiré ma main et pour mes camarades de classe, j'étais le plus fort.
Quatre coup de planche sur chaque main, sans faire une grimace, sans pousser un cri, sans bouger quoi que ce soit.
Aujourd'hui, si vous me lisez, vous les mômes qui étiez avec moi dans cette classe d'école, il me faut vous avouer quelque chose. Un genre de contrat avait été fait entre "l'autre" et ce directeur d'école. Un contrat verbal que "l'autre" ne s'était pas gêné de lui dire en ma présence.

"s'il vous pose des problèmes, ne vous gênez pas, cognez le franchement et s'il a le malheur de se plaindre, prévenez moi je lui règlerai son compte."

Ceci a été une des nombreuses conversation du genre avec le responsable d'une école de l'éducation nationale et "l'autre". Voila les mômes, maintenant vous savez. Je n'étais pas le costaud que vous imaginiez. Je jouait au dur pour obéir a "l'autre" et ne pas prendre d'autres coups une fois rentré a la maison.

Un jour, un instituteur a fait venir "l'autre" a l'école pour lui faire savoir que je n'avais pas assez d'affaires scolaires.

"madame.... votre fils est très capable. Il a déjà réussi par deux fois le certificat d'étude en blanc. Aussi, il faudrait lui fournir des cahiers et des crayons, l'école ne peux pas continuer a les lui fournir. J'ai contrôlé son sac d'école et il n'y a rien a l'intérieur. Je ne comprends pas...."

vous souvenez vous de sa réponse, monsieur l'instituteur ? Vous souvenez vous de ce regard de furie qu'elle vous a lancé a ce moment là ?  Oui, je sais que vous l'avez vu..... parce que vous avez reculé comme tout le monde. Je ne vous blâme pas monsieur l'instituteur......
Et sa réponse a vos questions, vous en souvenez vous ?  Moi non plus je n'ai pas oublié..... Je me souviens de chaque mot.

"a quoi ça sert que je lui achète des cahiers et des crayons, il les bouffe. Et de toute façon, je le ramène avec moi a la maison. je vais régler ce problème sur le champ"

Merci monsieur l'instituteur..... merci d'avoir essayé. Mais voilà, essayé quoi ? De vous être contenté de cette réponse ! D'avoir excité ce monstre qui cherchait toujours une occasion pour me cogner !  Avez vous vous rempli votre rôle ce jour là ? Permettez moi aujourd'hui après tant d'années, de vous donner ma réponse monsieur l'instituteur.
Non ! vous vous êtes caché derrière vous même, derrière le système..... vous vous êtes..... Et puis, a quoi bon. Sachez toutefois quelles ont étés les conséquences de votre démarche irréfléchie. "l'autre" m' a fait sortir de l'école a toute vitesse en me disant

"barres toi a la baraque.... a poil a la cave.... j'arrive"

Je rentre a la maison le plus vite que je peux. je descends a la cave, je me déshabille entièrement nu, puis j'attends ma "punition". Ce jour là, pendant que "l'autre" me frappait, il était question dans ces phrases d'un instituteur qui ne se mêlerai plus jamais de ce qui ne le regarde pas. il était également question que j'avais intérêt de ne plus jamais réussir n'importe quel exercice  ou certificat d'étude. C'est ce jour là aussi, qu'elle me claqua pour la première fois ma tête contre le mur et a plusieurs reprises.
Quand enfin elle m'abandonna dans un coin de la cave ou je m'étais recroquevillé, je me suis fait une promesse. Plus jamais je ne laisserai qui que ce soit prendre ma défense. J'avais trop mal.
Je ne vous en veut pas monsieur l'instituteur. Mais sachez ceci. Quand l'on commence quelque chose et quelle qu'elle soit, il faut toujours aller jusqu'au bout.... ou alors, faite comme les autres, la majorité, ne faites rien.... ne dites rien.... ne voyez rien.
A partir de ce jour, mon comportement scolaire changea. Non pas que je n'arrivais plus a rien...... mais je n'avais plus le choix. M'instruire pour après me faire cogner dessus ou alors, faire partie du groupe des cancres de la classe et bien sur, apprendre a faire des sales coups. Le plus difficile pour moi fut d'apprendre a ne plus apprendre. Ce n'étais pas facile. Car malgré la maltraitance dont j'étais victime, j'avais une grande soif de savoir. Heureusement quelques temps plus tard, je trouvais la solution.
Tout en restant a ma place parmi les cancres, je commençais a apprendre par cœur  et de tête tout ce que l'instituteur disait ou écrivait sur le tableau. Même les dictées, je les faisait de tête. Par contre dans la catégorie bêtises......
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« Répondre #4 le: 13 Mai 2015 à 21:22:26 »

  Faire l'idiot a l'école, cela s’apprend. C'est avec une grande modération que j'ai participé au concours "secret" des cancres de la classe. Malgré ma maltraitance, je restai toutefois respectueux de mon prochain et j'avais continuellement une peur des adultes ancré en moi. C'est pour cela que dans le classement bêtises, je suis toujours resté bon dernier. Peut être que..... durant une semaine, j'avais ravi la première place pour avoir...... Il faut dire que parmi les cancres, chacun avait sa place. Ce qui fait que chaque jour pour améliorer son "classement" dans le groupe, il fallait imaginer la connerie la plus valable, cruelle ou stupide.
Donc ce jour là, je me propose comme candidat, ce qui a pour effet de laisser planer un silence qui ne fut plus jamais égalé dans ce groupe de vauriens. Certains essayèrent de m'en dissuader car ils savaient tous ce que je subissais a la maison. Rien ne me fit changer d'avis.
Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que la bêtise que je ruminais depuis quelques jours déjà, serait comme une forme de vengeance qui s’abattrait sur le directeur de l'école. Ce n'était pas bien méchant mais je dois dire que j'étais assez fier de moi. J'avais remarqué que le directeur étant un personnage d'une certaine corpulence, ne s'asseyait pas sur sa chaise, mais se laissait tomber nonchalamment sur cette dernière. Aussi, je m'étais dis que quelques punaises disposées judicieusement sur sa chaise, pouvaient avoir un effet conséquent. Voila comment les faits se sont déroulés.
Monsieur le directeur entre en classe.

"bonjour les enfants"

Toute la classe se lève et répond d'une seule voix

"bonjour monsieur le directeur"

Et toute la classe se rassoit et monsieur le directeur s'assoit a son tour.... son temps de réaction est assez lent jusqu’à ce que la douleur soit enregistré par son cerveau. Survient un changement de couleur du visage qui passe du rose pale au rouge vif écarlate. Le silence est complet dans la classe car bien sur, tous savent quel malheur s'abat sur ce "brave homme" qui soudain, se lève de sa chaise le plus lentement possible tout en nous observant d'un regard ou se lit la colère mélangé a la douleur et ce regard, c'est arrêté sur moi. Vous m'avez observé avec insistance.... Avouez monsieur le directeur qu'au moment précis ou vos yeux injectés de sang ont emprisonné mon regard, vous ne saviez pas que c'était moi le coupable de cette ignominie. C'était ma toute première bêtise.... vous ne pouviez pas savoir.... vous m'aviez choisi. "l'autre" ne vous avait-elle pas donné sa bénédiction ? Avec un tremblement dans la voix vous avez dit

" toi, suis moi dans mon bureau"

Quand votre planche c'est abattue sur moi et pour la première fois ailleurs que sur la paume de mes mains, un seul coup vous m'avez donné..... oui..... un seul. Mon sourire vous a surement bloqué. Je me dois de vous expliquer ce sourire alors que vous me frappiez. Ce sourire vous a fait reculer et vous paraissiez même effrayé..... non pas de votre geste ! puisque vous preniez un malin plaisir a faire souffrir la grande majorité des mômes ce certaines classes. Souffrir.... le mot n'est pas trop fort. Une anecdote me revient en mémoire et il me faut en parler immédiatement. Vous souvenez vous monsieur le directeur des supplications de certains mômes a qui vous alliez abattre votre planche sur leurs mains ?

"non monsieur.... non.... j'ai froid aux mains"

Cette phrase semble drôle ! Malgré sa drôlerie...... Nous sommes en hiver. Monsieur le directeur donnait ses punitions et elles étaient exécutés le lendemain. Il ne connaissait qu'une seule manière de punir, c'était sa planche de bois qu'il abattait sur la main du gosse a punir. Durant la journée de classe, pour une raison qui lui semblait justifié, monsieur le directeur punissait tel ou tel élève.

"toi...... et toi..... demain matin"

Ces derniers savaient que le lendemain a la première heure de classe, ils auraient droit au coup de planche sur les mains.
Le lendemain matin, avec des températures bien en dessous de zéro, debout dans la cour de l'école a attendre la sonnerie qui nous permettra d'entrer dans les classes, vous avez froid aux mains bien plus que les autres parties du corps. La sonnerie retentit et vous vous retrouvez dans une salle de classe surchauffé. De suite apparait monsieur le directeur pour exécuter les "sentences" prononcées la veille...... des coups de planche sur vos mains gelées. Croyez moi, vous en avez pour la matinée a vous remettre. Il vous est impossible de tenir correctement votre porte plume ( encrier... porte plume.... buvard ) Certains "punis" avaient même des difficultés a tourner les pages de leurs cahiers.  Vous adoriez ces scènes monsieur le directeur. Votre sourire vous trahissait. Aujourd'hui encore après plusieurs dizaines d'années, j'ai gardé au fond de ma mémoire votre satisfaction a faire le mal. Pour cela, mesdames et messieurs les enseignants d'aujourd'hui, quand un parent de ma génération entre dans votre classe et semble vous agresser verbalement pour une futilité, c'est parce qu'il a peur que vous fassiez subir a son enfant ce que lui a subi quand il était môme.
Vous les parents..... quatre vingt dix neuf pour cent des enfants ont une vie familiale normale. avouez toutefois qu'on leur a laissé un sacré héritage dont les termes évoquent bien les malaises actuels. Chômage, alcool, tabac, drogue, racisme, sida, pollution, violence..... la liste est longue. Il faut arrêter de nous cacher parce que ces plaies ne viennent pas d'une autre planète. C'est nous les parents qui les leur avons légué. Dans un sens, nos enfants, nous les faisons également souffrir et l'on peut appeler cela de la maltraitance moderne. Au milieu de ce labyrinthe trônent nos enfants qui essaient tout de même de s'instruire. Autour de nos enfants, des instits.... des profs.... leur tendent la main pour leur permettre de s'élancer sur le long et compliqué chemin de la connaissance. A vous les parents. Quand un instit.... un prof.... pète une pile, dans la limite du raisonnable bien sur, soyez compréhensif et faites la part des choses. Mais surtout, dialoguez avec eux. Je ferme cette longue et cruelle parenthèse pour en revenir a.......
Je ne vous oublie pas monsieur le directeur. votre regard effrayé quand vous avez abattu votre planche sur mon dos, ce visage apeuré venait du sourire que je vous ai fait a ce moment précis. Ce sourire, il n'était pas fait pour vous narguer..... oh non ! C'était tout simplement ma manière de vous supplier, vous implorer de ne pas continuer a me frapper. Ce sourire, c'était pour vous dire "arrêtez... vous me faites mal...." Si cela peut vous consoler, votre dérobade m'a fait prendre conscience qu'au fond, vous n'étiez pas si méchant que vous vouliez le faire paraitre. Vous souvenez vous monsieur le directeur de ce qu'il c'est passé quelques années plus tard. Nous nous sommes rencontré dans un train. J'étais militaire et je rentrai en permission. Nos regards ce sont croisés. Ce jour là, vous n'avez pas souri..... oh que non. rapidement, vous avez baissé les yeux durant tout le restant du trajet.... vous avez regardé par la vitre..... pas une seule fois vous n'avez osé me regarder. Moi, je suis resté assis a vous observer sans rien dire. mes souvenirs de souffrance refaisaient surface. la peur se lisait sur votre visage... vos mains tremblaient.... votre respiration aussi, semblait difficile. Vous pensiez surement que j'allais vous donner votre punition avec cette fois ci, exécution immédiate...... Vous vous mépreniez complètement sur mon compte.  Je me posais tout simplement les questions que se pose un adulte face a un de ces anciens tortionnaire. "combien d'autre enfants a-t-il fait souffrir ? A-t-il lui même des enfants..... si oui, les a-t-il également fait souffrir ? Es ce qu'il les a battu ? Es ce qu'il a..... enfin.....
Ne vous formalisez pas monsieur le directeur. ces questions je ne me suis jamais arrêté de me les poser et je me les pose encore a ce jour, a chaque fois que vois un adulte en compagnie d'enfants. Quand mon regard rencontre un couple avec leurs enfants, ce n'est pas le bonheur que je vois en premier..... c'est la maltraitance. Adieu monsieur le directeur..... vous connaissez surement la chanson.



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« Répondre #5 le: 21 Mai 2015 à 20:39:11 »

Cet autre jour, pour une punition que je n'avait pas rendue, j'ai frôlé la mort de près. je ne me souviens plus du pourquoi de cette punition..... tout ce dont je me rappelle, c'est que cette punition avait été donné a toute la classe. Un texte de quelques lignes a copier dix fois. Rien de bien méchant en somme. J'avais réussi a copier ma punition durant les heures de classe, car il était hors de question que "l'autre" l'apprenne. C'était des coups que je ne recevrai pas.  Mais voilà..... elle l'a appris. Qui le lui avait dit ? Merci frangin.....

Il fait nuit et j'ai du mal a dormir...... j'ai faim. Papa était parti travailler en poste de nuit. je détestait cette semaine ou papa travaillait la nuit et dormait le jour. "l'autre" avait les mains libres vingt quatre heure sur vingt quatre. C'était ma semaine d'enfer..... c'était également cette semaine là qu'elle réussissait a me priver au maximum de nourriture et durant ces semaines là je recevais l'autorisation de me mettre a table, tout repas confondu, un maximum de quatre fois avec le droit de ne manger que le strict nécessaire. C'est durant ces semaines que j'ai le plus souffert de la faim et que j'ai commencé a manger mes propres excréments. La faim pousse a l’extrême......

Donc, ce soir là, couché dans mon lit, j'entends "l'autre" qui m'appelle.

"toi la haut.....descends...."  

Elle savait que je ne dormais pas. Je me dépêche de descendre..... arrivé en bas, "l'autre" me montre du doigt la porte de la cave. Dans son autre main, elle tiens les feuilles du cahier que je reconnais tout de suite. Ce sont les feuilles qui m'ont servi a écrire ma punition. Sur le sol de la cuisine est éparpillé le peu d'affaires scolaires que je possède. "l'autre" me pousse déjà vers les escaliers de la cave. Le premier coup que je reçois, c'est un violent coup de pied dans le dos q qui a pour effet de me faire trébucher dans les marches et me faire atterrir la tête la première contre le mur. J'entends a peine "l'autre" qui me dit

"lève toi ordure....."

Comme j'ai du mal a me remettre debout, elle me prends par les oreilles, me tire jusque dans la buanderie et me jette contre la baignoire. Je suis allongé au sol face contre terre et "l'autre", pour que je ne bouge pas, a posé son pied sur mon dos. J'entends a peine sa voix qui me demande

"qu'es ce que c'est que cette punition ? "

Ma figure appuyé contre le sol, j'essaie de lui expliquer mais aucun son ne sort de ma bouche. Puis je ressens une violente douleur derrière la tête..... ma figure tape fortement le sol...... ensuite, c'est le trou noir.
J'ouvre les yeux..... j'ai froid et j'ai mal a la tête. J'ai envie de vomir et surtout, j'ai froid. Combien de temps je suis resté inconscient ? Je ne le sais pas. Je m’efforce de rester immobile..... peut être que "l'autre" est toujours là..... debout derrière moi a attendre un mouvement ou un geste de ma part. Durant un long moment, j'épie le moindre bruit en même temps que je tremble de peur et de froid. Je ne réussi plus a rester dans cette position plus longtemps et je me risque a bouger doucement mes jambes. Il ne se passe rien..... je suis un peu soulagé. "l'autre" est surement monté a la cuisine ou alors elle est partie se coucher.
Le plus lentement possible, je rampe vers un coin de la pièce. Il faut a tout prix que j’atteigne cet endroit, parce que ce sont les coins des pièces qui me permettent de me protéger plus ou moins bien, des coups de "l'autre". Au même instant, je ressens une violente douleur a l'intérieur de ma tête..... j'ai l'impression qu'elle va exploser..... j'ai envie de hurler. "l'autre" est là et partout a la fois. Elle danse autour de moi et son regard est cruel. Il faut que je me sauve là bas.... au bout de la route..... je n'y arrive pas..... papa est là bas.... j'ai tellement peur. J'essaie d'appeler papa mais aucun son ne sort de ma bouche..... je ne me souviens plus de son visage.... il me tourne le dos et s'en va.... "l'autre" continue de danser tout autour de moi. Je suis en train de devenir fou et ma tête qui semble exploser..... elle me fait trop mal. Puis, comme a chaque fois, ce voile noir qui passe devant mes yeux......
Quand je rouvre les yeux, je suis recroquevillé dans mon coin et dans ma tête, tout est redevenu normal. je dois me mettre debout mais j'ai peur..... peur que "l'autre" soit encore là a coté de moi, prête a me frapper. Je prends mon courage a deux mains et je me dirige vers l’interrupteur de l'éclairage. Mes yeux ont du mal a s'habituer a la lumière mais déjà je vois ma punition déchiré en plusieurs morceaux, qui jonche le sol de la buanderie. Ma pensée va a demain matin quand il me faudra expliquer a l'instituteur pourquoi je n'ai pas fait ma punition. En même temps, mon regard est attiré vers la baignoire qui est remplie d'eau a raz bord. La couleur de l'eau est rosâtre Autour de la baignoire, le sol est mouillé..... a ce moment seulement, je constate que je suis tout nu. je cherche aussitôt mon linge de corps que je retrouve au fond de la baignoire. C'est en sortant mes vêtements de l'eau que je remarque que ma poitrine et mes avants bras sont couverts de sang séché. Je me rappelle ce violent coup quand ma figure a tapé le sol. Mon nez est également douloureux et il me semble enflé.  Je regarde a nouveau cette eau rosâtre qui rempli la baignoire. Je suis certain que c'est mon sang qui a coloré l'eau. Mais alors..... aurait-elle essayé de...... J'en suis sur, elle a essayé de me noyer. A moins qu'elle a voulu me ranimer ! Essaie de te souvenir..... rien a faire je ne me rappelle pas. me ranimer en remplissant la baignoire a raz bord d'eau...... Et moi, tout nu et mouillé de la tête aux pieds........  Allez d'accord.... elle a voulu me ranimer. Je regarde a nouveau ma punition qui traine au sol...... je la ramasse et j'essaie d'en rassembler les morceaux. Il manque des morceaux et de toute façon, l'instituteur refusera ces feuilles déchirées. Comment faire pour pouvoir la recopier avant demain matin. Si je ne rend pas ma punition a l'instituteur, elle sera automatiquement doublé......
 Oui, c'est ce genre de questions que je me pose alors que je viens de me faire tuer par "l'autre". je suis mal a l'aise.... il me semble que je ne suis pas seul dans la cave. Il y a quelqu'un d'autre, je le sais. Lentement, je me tourne vers le couloir qui mène aux escaliers..... "l'autre est là, assise sur une chaise, a m'observer avec un regard que je ne lui connais pas. Un regard qui parait soulagé.... je ne sais pas vraiment. En tout les cas, ce n'est pas ce regard habituel auquel j'ai droit tout le temps. Mais cela ne dure pas longtemps. D'on bond elle se lève de sa chaise, s'avance tout près de moi et m’attrape par l'oreille. Elle me tire vers les wc. Là elle me dit

"jette moi ça dans les chiottes"

Je met quelques secondes a comprendre ce que je dois jeter dans les toilettes. je la regarde hébété puis suppliant. Aussitôt elle me prends par le poignet et me tape la main sur le rebord des toilettes tout en me disant

"ouvre la main espèce d'ordure..... lâche moi ça....."

A ce moment seulement je prends conscience que je tiens encore en main les morceaux de ma punition, que je lâche dans les toilettes. "l'autre" ne m'a toujours pas lâché l'oreille qui me fait horriblement mal. Mais de toute façon, je ne sais plus vraiment quelle partie de mon corps me fait le plus souffrir.

"tire la chasse d'eau et grouille toi"

En même temps que je tire la chasse, elle me trempe la tête dans les toilettes. Je n'ai pas compris ce qu'elle m'a dit a ce moment là..... j'ai des nausées et surtout, j'ai mal a la tête. "l'autre" me redresse  toujours en me tirant sur l'oreille. Elle me plaque violemment contre un mur tout en me disant

"je te préviens écrase la ou je te crève. Fous moi le camp.... monte et que je ne t'entends surtout pas."


Je monte péniblement jusque dans la chambre ou je suis accueilli par des rires étouffés.  je sais qui tu es toi qui rigole de mon malheur.... toi aussi tu me fait bien souvent souffrir. Je me couche et il ne me faut que quelques secondes pour que je m'endorme. Je ne sais plus.... ma mémoire est complètement vidée de tout sens logique.
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« Répondre #6 le: 08 Juillet 2015 à 23:36:49 »

le lendemain matin alors que tous les élèves sans exception, présentent leur punition a l’instituteur, je tente de me faire le plus petit possible dans mon banc. Il est inutile que je dise quoi que ce soit a l'instituteur..... il semble se douter que j'ai un souci pour faire cette punition a la maison. Je lui demande a la faire durant la récréation, mais il refuse tout en me montrant d'un signe de tête la direction du bureau du directeur. Je quitte la salle de classe le plus lentement possible. je ne suis pas pressé de rencontrer le directeur......

"alors, tu as décidé de faire parler de toi ? tu veux faire la forte tête ? réponds ! parle quand je t'interroge...... ne reste pas silencieux ou alors...... "

Debout face a moi, il s'appuie de tout son corps contre moi et me coince contre le mur. Je me met a hurler

"vous me faites mal.... arrêtez.... vous n'êtes pas ma....."

je crie de toute mes forces tout en m'enfuyant de son bureau. Je courre jusque dans ma classe. Après, je ne sais plus trop bien ce qu'il c'est passé..... tout est trop flou dans ma tête. je vois l'instituteur qui me tiens par les mains..... c'est tout ce dont je me souviens. Mais cela a-t-il une grande importance ? Ma punition a été doublé et durant plusieurs jours qui suivirent, elle continua de doubler. Moi bien sur, je ne pouvais pas faire cette punition, parce que "l'autre" me l'interdisait. Et combien même, je n'avais ni cahiers ni crayons et sur ordre du directeur, l'instituteur n'a plus le droit de me donner aucune fourniture scolaire. Quelques jours plus tard, un copain me donne un cahier et un stylo. je demande a l'instituteur de pouvoir faire ma punition pendant les cours, il refuse. je mendie a nouveau pour la faire durant la récréation, même refus. Je sais que vous voudriez bien m'autoriser a faire cette punition durant la récré. Mais vous comme tout les autres instituteurs de cette école, vous devez obéissance au directeur. Je n'ai plus de solution, alors je laisse courir les choses. On verra bien jusqu’où cela ira.

Comment papa a-t-il été mis au courant pour ma punition ? Je ne le sais pas vraiment. Je me doute un peu de connaitre la personne qui l'a prévenu.....  de toute façon, il était temps que cela se termine parce que j'en suis a copier ma punition environ dix mille fois......
 Aussi ce soir, lorsque papa me demande ce que veux dire cette punition qui n'est pas faite depuis nombres de semaines, c'est a la fois un sentiment de crainte et de soulagement qui m'envahit. je commence a expliquer a papa que toute la classe avait été punie de la même façon, que j'avais fait ma punition et que..... et que.... Une chaise remue assez fortement dans la cuisine. Je lève les yeux. "l'autre" est là a me regarder d'un air féroce et je peux lire dans son regard ce a quoi je m'expose si je dis a papa ce qu'il c'est passé. Alors par dépit, je me réfugie dans le silence.
Le silence...... c'est ce que j'ai appris a faire très tôt et ce que fait tout enfant maltraité...... se réfugier dans le silence. Pour ma part, j'ai appris en même temps que je recevais des coups par "l'autre". Elle me posait une question a laquelle je n'avais pas le droit de répondre. la question était posée en même temps que je recevais les coups. au début, je répondais a sa question pour ne plus recevoir de coups..... mais c'était tout le contraire qui se produisait. le monstre que j'avais en face de moi me cognait encore plus fort tout en m'ordonnant de la fermer, de ne pas dire un mot. La phrase que "l'autre" utilisait était la suivante.

"ferme ta sale gueule.... tu réponds a aucune question. Même si c'est quelqu'un d'autre qui te pose une question, tu ne réponds jamais".

Cette phrase était toujours accompagnée de coups de pieds, de coups de poings.... elle me cognait la tête contre un mur en me hurlant cette phrase.  Plusieurs semaines de ce conditionnement et vous apprenez a devenir muet comme une tombe. On ne nait pas martyrisé.... on le deviens a cause d'une tierce personne.
Que pouvais-je faire devant papa ce soir là, si ce n'est que de rester silencieux ?  Alors papa me fait la morale ou il est question que toute faute doit toujours être assumée, que l'on doit faire face comme un homme a tout les problèmes de la vie et...... que je ne retournerai pas a l'école avant que ma punition soit terminée ! Si tu savais papa, c'est tout ce que je demandais. Pouvoir faire cette punition pour que les brimades que je reçois a l'école s’arrêtent, que je puisse a nouveau rentrer dans ma salle de classe, m'asseoir a ma place et comme avant, souffler.... me reposer.... rester assis.... récupérer, tout simplement.
Pour écrire cette punition, j'ai vidé deux stylo et entamé un troisième. je ne sais combien de jours j'ai passé a écrire. Le temps que papa est a la maison, j'ai seulement besoin d'écrire ma punition. Mais quand il est a son travail, "l'autre" me fait faire tous les travaux ménagers et ne se gêne pas pour me déchirer plusieurs feuilles de ma punition sous prétexte que c'est mal écrit. Papa me permet de me détendre dix minutes par heure d'écriture, mais quand il est pas là, "l'autre" m'interdit de bouger de ma chaise sous aucun prétexte que ce soit. Un jour, je suis resté assis sur ma chaise plus de neuf heure. J'ai dut supplier "l'autre" pour qu'elle me laisse me lever. Je ne souhaite a personne de souffrir de cette manière. Neuf heure sans avoir le droit de lever les yeux de ma feuille ou de m'arrêter d'écrire, sous peine de prendre des coups. J'ai bien essayé de demander a aller aux toilettes, mais elle m'a répondu

"t'as qu'a te pisser dessus..... mais si je vois une goutte par terre, je te tue".

Je me suis plaint a plusieurs reprises de mal a la tête. "l'autre c'est levé, c'est mise derrière moi et m'a demandé

"ose le répéter si tu a le courage"

Une fois j'ai osé le répéter...... "l'autre" m'a pris la tête entre ses mains et me l'a cogné a plusieurs reprises sur la table. Un peu plus tard, elle a prise les feuilles de ma punition, les a transformées en plusieurs boulettes et m'a forcé a les manger...... j'avais oser lui dire que j'avais faim.
Un matin, mon calvaire prends fin. Ma punition est terminée et j'ai le droit de retourner a l'école. C'est presque un jour de fête pour moi. Durant le trajet qui me mène a l'école, je suis tellement heureux que je fredonne une petite chanson enfantine. Mon frère, me dépasse en courant, en profite pour me donner un grand coup de poing dans le dos et continue son chemin en rigolant.
je suis dans le bureau du directeur, mon "tas" de punitions dans mes mains. Le directeur ne daigne pas un regard vers moi. Il m'ignore totalement. Au bout de quelques minutes, je pose le tas de feuilles sur son bureau, mais tout de suite, il me dit

"enlève moi ces cochonneries de mon bureau"

Je récupère aussitôt mes feuilles en lui demandant ou je dois les poser. Sans lever les yeux vers moi, il me montre la poubelle du doigt et me dit

"sa place, c'est la dedans"

Je reste sans voix. Mon regard va de cette poubelle au directeur. A nouveau ce dernier me montre la poubelle du doigt sans dire un mot et toujours sans me regarder. Dans mon cerveau mes pensées se mélangent pèle-mêle. Jeter ma punition a la poubelle sans que vous la regardez ! sans que vous me disiez que...... Vous devriez me dire quoi ? C'est vrai ! Qu'es ce que je dois attendre d'un être tel que vous ?  Qu'es ce que..... Je me dirige vers la poubelle et j'y jette avec rage ma punition. Enfin..... a quoi bon.
Ici se termine un épisode de ma vie qui m'a beaucoup fait souffrir. Aujourd'hui, en me relisant, j'en tire une conclusion. Entre cette poubelle et vous, monsieur le directeur, la différence est......



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« Répondre #7 le: 28 Juillet 2015 à 22:25:32 »


      "Viens ici fumier....."

C'est par ces mots que "l'autre" m'appelle pour une nouvelle raclée...... du moins c'est ce que je croyais. Mais ce jour là, j'ai appris que l'horreur peut employer d'autres chemins. Elle me coince contre le mur, sa main serre ma gorge..... Je l'entend me dire

"Tu vas faire ce que je te dis.... Tu vas aller chez la salope d’à coté et lui dire que c'est une pute...... ensuite tu viens me dire ce qu'elle t'as dit. "

Je dois aller insulter ma voisine..... tout simplement.  Le plus lentement possible, j'entre dans sa cour et me dirige vers sa maison. Je met plusieurs secondes avant d'oser toquer a sa porte. La voisine ouvre sa porte et me demande.....

"Que veux tu Dominique"

En baissant les yeux, je lui dit.....

"Je dois vous dire que vous êtes une salope"

Aussitôt ma phrase terminée, je me met a pleurer car j'ai peur de sa réaction. mais elle se contente de me dire.....

"Pauvre Dominique..... rentre chez toi tu vas avoir froid"

C'est vrai que j'ai froid..... je grelotte. Ce qui est normal car je suis en en tricot de peau, en short et en sandale. Nous sommes en hiver. Je retourne a la maison. A peine rentré, "l'autre" me demande....

"alors, qu'es ce qu'elle t'as dit ?"

En tremblant, je lui répète la phrase de la voisine. Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que les coups commencent a pleuvoir. Elle me cogne a coup de pieds et a coups de poings tout en hurlant des mots que je ne comprends pas. J'ai terriblement mal a la tête et comme a chaque fois, au bout d'un moment je ne sais plus....... c'est le trou noir.

A plusieurs reprises "l'autre" m'a envoyé insulter les voisines. Toujours les deux mêmes. Elles ont "vue" sur notre maison et savent ce qu'il s'y passe. Elles sont au courant que dans cette baraque, un môme se fait massacrer..... Je vous demande pardon mesdames. J'étais obligé, je n'avais pas le choix.
Bien des années plus tard, j'ai appris par un juge pour enfants, pourquoi "l'autre" avait une telle haine envers vous mesdames. Vous avez été les premières a signaler a la police que chez vos voisins il y a un môme qui subi la maltraitance, qui se fait massacrer a petit feu. A plusieurs reprises vous avez signalé ces faits a la police. C’est vous mesdames, grâce a votre persévérance qui avez mis le système en marche pour me permettre de sortir de cet enfer.....
Aujourd'hui, je souhaite apporter un témoignage vous concernant mesdames, juste pour vous faire connaitre, malheureusement je ne sais rien de vous. Je n'ai même jamais essayé de vous revoir, non pas que je n'en ai pas le courage, mais vous habitez trop près de cet enfer...... mon enfer. Je vous suis reconnaissant mesdames. Éternellement reconnaissant. Merci...... mille fois merci.

                                                                   ***********************


             Le jour de paie est un des rares jours ou je ne me fais pas taper dessus. La raison en est simple.
"L'autre" pars le matin en ville et ne rentre que le soir, les bras chargés de commissions. Trois jours après le salaire, pour moi les choses rentrent dans l'ordre, si je puis m'exprimer ainsi. Je me fais a nouveau cogner dessus par "l'autre".  Au bout de huit jours maximum après le salaire, il n'y a plus un centime a la maison...... les placards sont vides de toute nourriture.
C'est moi qui doit aller mendier dans les deux magasins qui sont a proximité de notre rue. Quand je dis "mendier", le terme est peut être exagéré. Je dois demander aux commerçants qu'ils nous fassent crédit......... Y-a-t'il seulement une différence ?

"Viens ici pourri..... Tu vas chercher a bouffer et tache de ramener quelque chose ou alors......"

C'est sur ces mots et tout en me cognant a coups de poing et de pieds que "l'autre" m'envoie a la mendicité. En me poussant brutalement dehors de la maison elle rajoute

"tu sais ce qu'il t'attend si tu reviens les mains vides"

Je courre jusque chez le premier épicier, j'entre dans son magasin et tout de suite je lui demande....

"on peut avoir de la nourriture ? on passera payer plus tard"

L'épicier me regarde d'un air hautain et me dit

"dis a ta mère qu'elle me paie d'abord ce qu'elle me doit".

Sa réponse sonne en moi comme un glas. Je sais ce qu'il m'attend si je rentre sans rien a la maison. Je reste là, devant le comptoir du magasin, suppliant qu'il me donne quelque chose a ramener a la maison. Pourtant je sais parfaitement que l'épicier ne me donnera rien. Cela fait plusieurs mois que j'essuie ses refus. J'espère aussi de la compassion de la part de ce monsieur. Il sait ce qu'il m'arrive si je rentre sans rien a manger a la maison.  Dès le début de ma "mendicité" je lui avais expliqué ce que "l'autre " me fait si il ne me donnait pas de nourriture. Au début, il me donnait quelques menue nourritures...... Mais aujourd'hui, c'est terminé. Jamais "l'autre" n'est venue le rembourser et la somme est importante. je me souviens d'une fois, ou dans le magasin se trouvait une de mes voisines. Elle confirma a l'épicier que je me faisait massacrer quand je revenais les mains vides...... Il lui avait répondu

" Je ne suis pas là pour supporter toute la misère de la rue a moi tout seul..... et puis, quand ces gens là touchent leur salaires, ils ne viennent pas le dépenser dans mon magasin....."

Je suis toujours là, debout devant l'épicier a attendre...... Alors ce dernier sort de derrière son comptoir, m'attrape par le bras et m'accompagne gentiment mais fermement jusque sur le trottoir tout en me demandant de ne plus venir dans son magasin si je n'ai pas d'agent. Dans le second magasin, la réponse de l'épicier a été pratiquement identique que celle de son collègue.
Sur le chemin du retour, je traine le plus possible. Je m'imagine les bras chargés de bonnes choses a manger. A la maison je suis accueilli par mes frères et sœurs comme un sauveur. J'entre triomphalement.... il sont tous autour de moi et scandent mon prénom avec admiration. "l'autre" me sourit et......... je suis a quelques dizaines de mètres de la maison et je me met a courir le plus vite que je peux. Je devine la silhouette de "l'autre" derrière le rideau. Elle n'a pas besoin de dire quoi que ce soit. Je sais que quand je ne ramène pas de nourriture, je dois faire le tour de la maison par la cour et entrer directement a la cave.
A peine la porte de la cave refermée derrière moi, "l'autre" sort d'un coin et me cogne de toute ses forces. sans un cri, sans un mot, elle me cogne..... elle me cogne..... me cogne.
 J'ai compris ton silence, j'ai compris cette punition muette que tu m'infliges. Ce n'est pas moi que tu cognes..... c'est l'épicier...... c'est le boulanger..... Tu veux détruire le système, l'ordre établi.... Mais voilà, eux, n'ont jamais senti tes coups parce que c'est a moi que tu les donnais. C'est a moi que tu faisais mal...... a moi seul.




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« Répondre #8 le: 08 Août 2015 à 23:47:13 »


         Le manque d'argent dans notre famille est justifié par le faite que "l'autre" le dépensait en grande partie en jouant au tiercé (course de chevaux) et peut être aussi parce que nous sommes ce que l'on appelle une "famille nombreuse". de toute façon, pourquoi dois-je tenter de justifier ce manque d'argent et de nourriture...... ?

La nourriture........ Manger, c'est ce qui me fait le plus défaut.  La faim est quelque chose d'horrible. "l'autre" m'autorise a manger quatre repas dans la semaine, pas un de plus. En comptant les repas de "matin, midi, soir" sur une semaine...... quatre repas sur vingt et un ! Il est facile pour "l'autre" de me priver de nourriture. Comme nous sommes une famille nombreuse et que la table est trop petite pour accueillir toute la famille, ce sont les plus jeunes qui mangent en premier et ensuite c'est au tour des plus grands. Pour ma part, je ne fait partie ni des plus jeunes ni des plus grands. C'est quand toute la famille a fini de manger et quitté la cuisine, que je suis autorisé a venir a table...... a la seule condition bien sur que "l'autre" m'appelle. Quand c'est le cas, je me dépêche de venir a table, elle me laisse seulement quelques secondes, sinon mon assiette est vidée a la poubelle.

"viens ici fumier"

C'est seulement quand ces trois mots sortent de sa bouche, que j'ai le droit de venir manger. La plupart du temps, j'ai droit a un bol de café noir avec un morceau de pain trempé dedans. C'est toujours la même chose...... je reste debout devant la table, je n'ai pas le droit de m'asseoir, je n'ai pas le droit de prendre de cuiller....... je ramène le bol a ma bouche et j'avale le pain ainsi que le café le plus rapidement possible, parce que elle ne me laisse jamais vider complètement le bol. Alors que j'avale difficilement la première gorgée je l'entends me dire avec férocité

"pose moi ça et dégage"  

je pose le bol sur la table. Il en reste toujours dedans. Je repars a mes tâches ménagères. Rapidement, des nausées me prennent l'estomac. A de nombreuses reprises, j'ai vomi ce semblant de nourriture. Vomi...... oui. La première fois que j'ai vomi, ça c'est passé devant "l'autre". Je viens juste de manger une bouillie de je ne sais quoi qu'elle a écrasé grossièrement dans un saladier. Sur son ordre, je dois avaler le contenu du saladier posé sur une chaise sans utiliser mes mains et a genou comme un chien. Malgré la faim qui me tenaille, j'ai du mal a avaler cette mixture sans nom. A la troisième bouchée, les nausées me prennent et bien sur, je vomi tout ce que je viens d'avaler. "l'autre" me dit

"ramasse moi ça ordure"

Je me lève pour aller chercher un chiffon. Elle m’arrête en m'attrapant les cheveux. Elle a les yeux injectés de sang.... elle me force a me mettre a genou.....

"ramasse avec les mains"

J'essaie tant bien que mal de ramasser, mais elle ne me lâche pas les cheveux.....

"bouffe ta merde saloperie"

Je la regarde..... je l'implore.... rien n'y fait

"bouffe..... démerde toi"

Je rapproche les mains de ma bouche...... j'ai des nouvelles nausées, j'ai mal au ventre. Je ne peut pas faire ce qu'elle m'ordonne. Je suis un  humain...... J'ouvre les mains.... tout retombe par terre. Elle ne me lâche pas les cheveux et des coups de pieds dans les jambes me font tomber a genou. Je me sens mal... je m'écroule a terre. "l'autre" me frotte la figure dans mon vomi en même temps qu'elle me hurle

"tu vas bouffer..... tu vas....."  

Après, je ne me rappelle plus... Comme a chaque fois qu'elle me cogne dessus, je me suis évanoui.

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« Répondre #9 le: 14 Août 2015 à 22:54:26 »



                                  Ce que je vais vous raconter maintenant, c'est passé un été....... J'ai droit a quelques jours des vacances dans un centre aéré proche de là ou j'habite. Comment... ... pourquoi j'ai eu droit a ces vacances... ... aucune idée.


 Ce matin là n’est pas différent des autres matins, sauf que je dois m'habiller tout de suite, sur ordre de "l'autre". Elle me jette un short et un tricot de peau a la figure tout en me disant

"enfile ça et dégage de ma vue"

Je m'habille rapidement et je reste sans bouger dans un coin du couloir. Mon frère ainé passe près de moi, me regarde longuement et me souri....... Pas un sourire de gentillesse, non...... mais plutôt un sourire narquois, moqueur.
Mes autres frères et sœurs passent devant moi sans même me regarder. Il y a longtemps qu'ils ne me voient plus. Savent-ils seulement que je suis leur frère ? Ils s'installent a table et discutent avec "l'autre". Dans leurs conversations, il est question de vacances, d'amusements, de profiter pleinement de ces journées...... Ils semblent toutes et tous heureux. La voix de "l'autre" résonne

"c'est l'heure, le bus va arriver"

Mes frères et sœurs sortent en courant de la maison. Moi, je reste dans mon coin près de la porte de la cave sans oser lever les yeux. "l'autre" s'approche de moi avec des yeux remplis de haine. Elle me prends par les deux oreilles et tout en me cognat la tête contre le mur a plusieurs reprises, elle me dit

"tu vas me foutre le camp avec les autres, mais je te préviens..... tiens toi a carreau"

Elle me lâche les oreilles seulement quand on arrive a la porte d'entrée, pour me pousser dehors tout en rajoutant

"dégage et ferme ta gueule"

Je suis sur le trottoir devant la maison...... je cherche du regard mes frères et sœurs. Ils sont nulle part. Vers ou sont-ils partis ? Je ne sais pas quelle direction ils ont pris. Alors je rentre dans la cour. "l'autre" est derrière le rideau de la fenêtre. Je la regarde avec des yeux implorants. Son regard est furieux. Elle disparait de derrière le rideau pour apparaitre a la porte d'entrée qu'elle viens d'ouvrir avec fracas.

"rentre abruti"

A peine a l'intérieur elle me cogne dessus tout en me disant

"tu es trop con pour aller prendre le bus ? Je vais te réveiller moi....."

...... beaucoup d'autres phrases qu'aujourd'hui  je ne me rappelle plus très bien. Elle me relève du sol en me tirant par les cheveux......

"le bus, c'est devant l'école. Fous le camp....."

J'ai mal a la tête..... j'ai envie de vomir mais je courre jusque devant l'école. Le bus arrive en même temps que moi. Sans rien dire ni demander quoi que ce soit a personne, je monte dans ce bus, je m'assoie et je m'endort presque immédiatement.

J’entrouvre les yeux et j'aperçois une grosse tête penchée au dessus de moi, en même temps qu'une voix me demande

"bonhomme ça va? tu te sens bien ?"

je tourne la tête avec difficulté. Mon frère ainé est également là. Je l'entends expliquer a une personne que mon comportement est normal et que je suis toujours comme ça.....

"ne vous inquiétez pas, il a la santé fragile....... il est toujours comme ça quand il se réveille."

Deux adultes m'aident a sortir du bus. On traverse une cour pour se diriger vers un préau. Soudain, une vision de rêve s’offre a mes yeux. J'ai du mal a croire que c'est la réalité. Je suis sur que je dors encore. des tables sont disposées en rang sous le préau et sur ces tables, des bols remplis de cacao fumant, des paniers en osier remplis de tranches de pain des récipients pleins a raz bord de confiture...... du beurre..... sans que je puisse me contrôler, deux mots sortent de ma bouche.

"j"ai faim"

Ils m'installent a table et pour la première fois depuis bien longtemps...... peut être pour la toute première fois tout simplement, j'ai mangé. Mais alors mangé, tout ce qui était a portée de mes mains. Une tranche de pain dans chaque main, sans beurre ni confiture....... je me gave tant que je peux.
Un peu plus loin, je vois une personne qui discute avec mon frère ainé qui semble mal a l'aise, parce qu'il regarde le sol.

Alors frangin... ... que lui as tu dit ? quel mensonge as tu inventé a mon sujet ce jour là ? Es ce que cette personne t'as cru ? Bien sur, tu n'avais pas a justifier cette situation..... tu n'avais qu'un an de plus que moi..... mais souviens toi comme tu la soutenais "l'autre"...... Aujourd'hui encore, il parait que tu la soutient toujours ! Je veux bien le croire. Enfin.....
ne t'inquiète pas frangin, je vais également parler de toi dans ce bouquin. Je vais raconter tous les sévices que tu m'as fait subir......

J'en reviens a ce repas gargantuesque que je suis en train de faire. Ce sont les responsables du centre qui m'ont empêchés de continuer a me goinfrer de tranches de pain sec........ De toute façon, je ne peux plus rien avaler. J'ai des nausées et bien sur, quelques minutes plus tard, je vomi tout ce que je viens d'avaler. Deux personnes me soutiennent et m'accompagnent dans une salle d'eau. Ils me passent un peu d'eau sur le visage, puis m'emmènent dans un local ou sont alignés plusieurs lits........

"choisis toi un lit et repose toi"

Je me laisse tomber sur le premier lit venu pour m'endormir tout de suite. Quand les responsables du centre me réveillent, il est déjà la fin de la journée et il est l'heure de prendre le bus pour retourner a la maison. Je ne me sens pas bien du tout. J'ai des maux de tête ainsi que des vertiges. J'ai faim.......
Durant le voyage de retour, mon frère assis juste derrière moi ne cesse de me chuchoter

"attends quand on rentre.... tu vas voir"




 
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« Répondre #10 le: 15 Août 2015 à 22:53:07 »


A peine arrivé a la maison, mon frère discute avec "l'autre". Je suis trop loin de lui pour entendre ce qu'il dit, mais je sais qu'il parle de moi et de ma journée au centre aéré. je m'approche doucement vers eux, mais "l'autre" m'ordonne de monter dans la chambre.

Cela fait plus de vingt minutes que j'attends, assis sur le rebord d'un lit mais rien ne se passe. Alors, je me risque a m'approcher de la fenêtre de la chambre. ( "l'autre" m'interdit formellement de regarder par quelque fenêtre que ce soit quand je suis dans une pièce de la maison quelle qu'elle soit. ) Papa est dans le jardin, il arrache de la mauvaise herbe. Je toque a la vitre..... pourquoi je fais ça ? Je n'ai pas de réponse a donner. Papa se redresse et d'un signe de la tête, semble me demander ce que je lui veux. Je me contente de lui faire un sourire. Sur son visage, je lis de l'étonnement... ... puis il se remet a jardiner.

"enlève toi de cette fenêtre"

"l'autre" se tient debout derrière moi et mon frère est a ses cotés. Il s'avance tout près de moi a tel point, que je sens le souffle de sa respiration contre mon visage. Son regard devient méchant, effrayant. "l'autre" lui dit

"vas-y... ... n'hésite pas... cogne le"

Avant que je puisse esquisser le moindre geste, il me donne un grand coup de poing dans le ventre. Je tombe a genou, le souffle coupé....... j'entends mon frère qui me dit

"ça, c’est pour aujourd'hui"

Je lève les yeux vers lui et lui demande ce que je lui ai fait. Immédiatement "l'autre" me cogne dessus en me demandant qui m'a donné l'autorisation d'ouvrir ma bouche. Je sais pourtant que je n'ai pas le droit d'adresser la parole a qui que ce soit dans cette maison sans que "l'autre" m'en donne l'autorisation. Ce qui n'est pas vraiment un réel problème pour moi, vu que depuis bien longtemps la plupart de mes frères et sœurs ne me parlent plus du tout. Il faut préciser que "l'autre" leur avait interdit de me parler et a ce jour encore, en 2015...... la plupart d'entre eux ne me parlent toujours pas. A ce jour, "l'autre" doit surement veiller a ce que aucun contact ne se fasse entre eux et moi....... Elle doit avoir peur de ce que je pourrais révéler..... Car en fin de compte, mes frangines et frangins ne connaissent qu'une seule "vérité", la sienne.......
Ne vous inquiétez pas mes chers "frères et sœurs"...... moi non plus, je ne souhaite pas renouer quoi que ce soit avec vous. A une seule exception... ... C'est avec toi, ma petite sœur qui avait je crois, huit mois alors que je vivais mon enfer... ... Je t'attends depuis toujours. J'espère ta venue a chaque instant de ma vie et je t'attendrai jusqu’à ce que le bon dieu me rappelle a lui. J'ai une révélation importante a te faire. Petite sœur... ... La création de ce bouquin est directement lié a toi. Je m'expliquerai plus loin dans mon bouquin......

J'en reviens a cette fin de journée.......

Il fait nuit. J'ai du mal a trouver le sommeil parce que j'ai faim. Soudain, j’entends papa qui part travailler. Il est en poste de nuit. Je commence a trembler de tout mon corps. je sais déjà que la journée n'est pas finie pour moi. Quelques minutes après le départ de papa, la voix de "l'autre" résonne dans les escaliers.

"toi la haut... ... descends"

Mon frère me pousse en bas du lit en rigolant tout en me disant

"j'espère que tu vas crever"

Je me dépêche de descendre et j'entre dans la cuisine. Il n'y a personne. En me retournant je vois que dans le couloir,  la porte de la cave est ouverte. Je m'avance avec crainte vers cet enfer........  je l'aperçois en bas des escaliers dans une pénombre. Je n'ose pas affronter son regard et je commence a chialer. Je ne pleure pas de peur... .. ce sont des pleurs d'un môme qui ne sais pas pourquoi il doit vivre cet enfer, pourquoi il.......

"descends et arrête de chialer ordure"

A peine en bas des escaliers, elle me montre la buanderie et de son autre main me frappe un grand coup derrière la tête.

"a poil et que je n'ai plus a te le répéter"  

Je me déshabille. De toute façon, je n'ai pour seul vêtement qu'un slip. Elle me prends par les cheveux, commence a me cogner la tête contre le mur en même temps qu'elle me demande.

"qui t'as autorisé a bouffer la bas..... qui ?"

ce soir, je me fait massacrer pour cette nourriture que j'ai mangé au centre aéré. Elle me cogne dessus avec tout ce qu'il lui tombe sous la main. Mais ce soir là, je n'ai pas vraiment ressenti les coups. Je revoyais les belles tartines de pain et ce bon bon chocolat chaud que j'avais reçu. Bien sur, mon estomac n'avait rien put garder de ces délices, mais mon cerveau restait marqué de cette adorable vision. C'est sur ces pensées que, recroquevillé dans un coin de la buanderie, je ferme les yeux en même temps que "l'autre" s'acharne sur moi a coup de poing et de pieds.
La suite, toujours la même. "l'autre" me réveille un peu avant que papa ne rentre de son travail, me menace pour que je ne dise rien, en même temps qu'elle me donne des coups.
Les deux fois suivantes ou j'ai eu le droit de retourner au centre aéré, je n'ai touché a aucune nourriture. Ni le matin, ni le midi, ni le quatre heure. De toute façon, mon frère ainé me surveille et ça lui procure un immense plaisir. Quand aux responsables du centre aéré, ils m'ont demandé une seule fois pourquoi je ne mangeais pas. Je leur ai répondu que je n'ai pas faim... ...
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« Répondre #11 le: 18 Août 2015 à 22:14:08 »


             Avec le peu de nourriture que "l'autre" m'autorisait a manger,il faut que je me débrouille pour tenir le coup. Aussi, certaines nuits sont employées a me nourrir..... quand je le peux, bien sur. Par exemple, quand papa ne travaille pas en poste de nuit donc, il est a la maison
Vers une heure du matin, après m'être assuré que tout le monde dort, je sort de mon lit le plus doucement possible. Je dois prendre mille précautions pour ne réveiller personne. Je traverse les deux chambres en prenant soin de ne pas marcher sur les endroits du plancher qui grince. A mon avantage, du fait que tout les jours je frotte ces planchers pour les faire reluire, j'en connais le moindre défaut. Une fois descendu a l'étage, je me dirige vers la cuisine. Ma première recherche de nourriture se fait dans la poubelle..... je trouve les épluchures de cacahuètes que "l'autre" a dévoré la vaille au soir. Ensuite, je fouille dans le buffet ou est rangé le pain..... je regarde combien de millimètres de pain que je peux couper, car il ne faut pas que "l'autre" puisse le remarquer. C'est très rare quand je peux couper une fine tranche de pain. Ensuite, il y a le seau qui se trouve sous les escaliers de la cave. Il sert a y mettre les restes de repas de la journée, mélangés avec de l'eau. Ces restes de repas sont pour nourrir le chien de la famille. Dans cette "soupe" quand j'ai de la chance, je peux y trouver un quignon de pain qui flotte a la surface. Ou alors, en fouillant au fond du seau, des os dont je rogne le moindre morceau de viande....... quand bien sur il y en a.  Ensuite, je me dirige vers le sac de travail de papa ou en général, je trouve des miettes de pain qui y trainent au fond. Tout ce qui peut apaiser ma faim est avalé. Je n'ai pas le choix. C'est la seule solution pour que je tienne le coup.

La faim, c'est quelque chose d'horrible. Elle vous empêche de dormir la nuit, elle vous interdit de réfléchir, mais surtout, elle vous affaiblit chaque jour un peu plus. mais le plus pire, c'est que la faim vous laisse des séquelles pour la vie entière.  
Pendant de nombreuses années, ces séquelles ce sont traduites de la façon suivante. En aucun cas nous ne devions manquer de pain a la maison et surtout, pour la nuit. Il devait toujours rester un morceau de pain dans le buffet. Non pas pour le manger, mais pour me rassurer psychologiquement. Il m'arrivait de me lever au milieu de la nuit alors que mon épouse dort..... et sans un bruit, de me couper une fine tranche de pain que je dévorai rapidement, avec au plus profond de mon être, la crainte de me faire prendre......
Bien sur, il est arrivé a plusieurs reprises qu'il n'y ai plus de pain a la maison pour la nuit. Alors commençait pour moi un enfer qui se traduisait par de la nervosité, de l'agressivité verbale vis a vis de mon épouse que je considérait comme responsable de cette situation. Bien sur, je ne le lui faisait pas savoir, mais toutes les excuses étaient valables pour l'agresser verbalement. En même temps, je me dégoutais de mon comportement que je ne réussissais pas a contrôler. Je ne maitrisait plus ma logique de pensée et seule la peur me commandait. Puis, quand je trouvais enfin un semblant de sommeil, ce dernier était peuplé de cauchemars sans fin...... de cauchemars de mon enfance.
Aujourd'hui, je veux pouvoir le hurler du plus profond de mon être a celles et ceux qui refusent de l'entendre. "la faim, ça détruit un être humain quel qu'il soit. La faim peut rendre fou un être humain. La faim pousse un être humain a commettre des actes irréfléchis. La faim est une des principales clé qui ouvre le verrou de la folie chez un être humain.  La faim est toujours présente dans un coin de mon cerveau........ Je fais seulement en sorte de ne jamais en utiliser cette clé.  
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« Répondre #12 le: 24 Août 2015 à 21:28:24 »

            Quelques temps plus tard..... ou plus tôt..... Cela a-t-il une quelconque sorte d'importance.......


            "l'autre" a trouvé un autre moyen de me faire souffrir. Comme tous les jours, je me trouve a l'étage dans une des chambres, a en faire reluire le plancher de bois avec deux chiffons de laine, un sous chaque pied. Je me déplace dans la chambre a la manière d'un skieur de fond au moment de son sprint final. La seule différence entre lui et moi, c'est que pour moi, la ligne d'arrivée n'apparait jamais... ... Chaque jour, je passe plusieurs heures a faire reluire ces planchers. Aussi, je suis a la fois soulagé et effrayé quand j'entends la voix de "l'autre" qui m'interpelle....

"toi la haut..... descends"

Soulagé, parce que enfin je peux me reposer de ces heures de courses interminables, avec des chiffons sous les pieds. Mon corps entier tremble de fatigue.
Effrayé, car je sais par avance que je vais prendre des coups...... comme ça, gratuitement. car cela est son bon plaisir de me cogner quand cela lui chante.
Je descends les escaliers le plus lentement possible parce que ce jour là, plus que les autres jours, j'ai faim. je ne sais plus a quand remonte mon dernier "repas". Je suis trop faible pour réussir a penser logiquement a quoi que ce soit. "l'autre" m'attend en bas des escaliers. Elle sait que la faim me tenaille les entrailles. Je passe lentement devant elle, les yeux fixant le sol, attendant le coup...... Son poing s'abat violemment sur ma tête en même temps qu'elle me dit

"avance ordure"

Sous la violence de ce coup, je manque de m'écrouler. Sans vraiment m'en rendre compte, j'entre dans la cuisine ou je vois posé sur la table, un plat rempli de semoule. Je sais qu'a midi "ils" ont mangé du couscous. "l'autre" sort du buffet un autre plat vide et une louche qu'elle pose sur la table tout en m'ordonnant

"là"

Avec crainte je tourne mon regard vers elle. Son doigt me montre la chaise que je saisi immédiatement en main, ne sachant quoi en faire. Il me faut préciser qu'en aucun cas je n'ai le droit de me mettre assis sur une chaise et de surcroit a table, sans son autorisation. Jamais assis nulle part ...... toujours rester debout et les yeux baissés vers le sol. C'est la loi pour moi, sa loi. Je me souviens d'un jour ou je me suis mis assis a table avant qu'elle ne m'en ai donné la permission...... Elle m'a cogné dessus de toutes ces forces en même temps qu'elle m'a dit des mots, qui encore a ce jour, plus de cinquante années plus tard, résonnent dans ma tête......

"les porcs dans ton genre n'ont rien a foutre a table...... n’essaie plus jamais de t'y asseoir sans mon autorisation"

Voila pourquoi je ne sais pas quoi faire de cette chaise. Mais déjà, "l’autre" saisi le balai qui trône dans le coin de la cuisine et tout en m’assénant sur le dos des coups avec le manche du balai, elle m'ordonne

"assis ou je te tue"

je m'assoie aussitôt sur la chaise qui est a un bon mètre de la table...... et tout de suite "l'autre" recommence a me cogner avec le balai en me hurlant

"avance ta chaise contre la table.... pourri"

puis elle m'ordonne......

"sers toi"

je la regarde..... ce qui a pour effet de l’énerver encore plus.

"ne me regarde pas et sers toi espèce d'ordure"

Plusieurs gifles accompagnent cette phrase. Je tire vers moi le plat de semoule et avec la louche, je met de la semoule dans le second plat. Pas dans une assiette..... non, dans un plat. Ma tête me fait mal ainsi que mon dos. Un doigt me fait horriblement souffrir..... surement un coup de balai pris tout a l'heure quand je protégeait tant bien que mal, ma tête de mes mains.  "l'autre "s'énerve.

"donne moi ça"

En même temps elle m'arrache la louche des mains et commence a me servir. le plat déborde mais elle continue de mettre des louches de semoule en même temps elle me dit

"tu vas bouffer, je te le garanti...... je vais te faire crever moi....."

Il y a de la semoule partout sur la table ainsi que par terre. Elle me redonne la louche en main et me dit

"et maintenant bouffe espèce de porc...... et vide moi tout. Tu ne te lèveras pas de cette chaise avant d'avoir tout vidé"

La louche dans une main, je cherche des yeux une fourchette. "l'autre" se tient derrière moi et tout en me frappant derrière la nuque elle me hurle

"bouffe avec la louche...... avale....."


Je commence a manger cette semoule...... il n'y a pas de sauce, pas de légumes, pas de boisson sur la table que cette semoule sèche comme du sable. Ça ne veux pas descendre et mon estomac me fait mal. J'ai des nausées en plus de violentes douleurs a la tête. Je ne me sens pas bien du tout. J'avale le plus doucement possible la première bouchée. "l'autre" m'arrache la louche des mains tout en me disant

" avec les mains...... bouffe ordure......"

En quelques minutes, mon estomac est plein. Je tente de le lui faire comprendre en mettant mes deux mains sur mon ventre. mais "l'autre" me hurle.....

"avale ... ... avale... ..."

........... en même temps qu'elle me tape dessus. je vide le plat en entier et toute la semoule qui est répandue sur la table. Elle me force a tout manger. Je ne dois pas en laisser une miette. Mon ventre me semble énorme et j'ai l’impression qu'il va exploser. je peux a peine bouger....... J'ai mal.

"et maintenant fous le camp et crève....."

En même temps qu'elle me hurle ses mots, elle me donne un coup de poing dans le ventre. Je réussi péniblement a descendre dans la cave. Je reste debout dans un coin, je ne peux plus bouger....... Je pleure.

Ce jour là, "l'autre " m'avait détruit....... détruit d'une manière que je je comprenait pas parce que je ressentais de la honte..... honte de moi. Je voulait mourir. Oui..... pour la toute première fois depuis que je subissait cette maltraitance, je souhaitais mourir, je voulais disparaitre, ne plus me voir, ne plus savoir, ne plus....... Je ne comprenais pas ce sentiment. Le plus pire de ce jour là, c'est que certains de mes frères et sœurs ont étés témoins de ce que je venais de subir. Aucun d'eux n'a bougé pour tenter de prendre ma défense. Pourtant, je savais au fond de moi que je devais résister seul a toute cette souffrance et que personne ne lèvera le petit doigt pour me défendre, pour m'aider. C'est pour cette raison en particulier et pour bien d'autre fois que vous, mes deux sœurs ainées, je vous en voudrais le restant de ma vie. Vous étiez les témoins réels de la folie de ce monstre envers moi....... Jamais je ne vous pardonnerai d'avoir laissé faire.

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« Répondre #13 le: 02 Septembre 2015 à 21:39:14 »

                C'est une quelconque journée d'hiver. Il neige et mes frères et sœurs sont partis jouer dehors. Moi, comme tout les jours, mes chiffons sous les pieds je fais briller les planchers des chambres.
Permettez moi de vous apporter une explication avant de continuer a vous narrer cet énième faits de maltraitance subie. "l'autre" a la phobie du propre. Il faut toujours que tout brille de mille feux partout dans la maison. Rien ne doit trainer, tout doit toujours être rangé a sa place. Dans sa grande folie du nettoyage, les planchers de la maison ont une grande importance pour elle. C'est pour cette raison que la plupart du temps je me retrouve les chiffons aux pieds a faire reluire et encore reluire ces foutus planchers. Si ce ne sont pas les planchers des chambres, ce sont les sols de la cave que je dois nettoyer. Quand "l'autre" trouve une tache a n'importe quel endroit de la maison, elle me cogne de toute ses forces a n'en plus finir en me hurlant des obscénités. Elle entre dans une sorte d'hystérie comme si la tache qu'elle viens de découvrir, peux lui faire du mal. Une tache........ ne suis-je pas moi-même une tache dans ce décor familial ?

Donc, mes chiffons sous les pieds, je suis en train de faire reluire les planchers de la chambre près de la fenêtre. Non pas qu'il est plus sale qu'ailleurs dans la pièce, mais cela me permet de regarder par la fenêtre tout en frottant le sol. Je peux voir tomber la neige et ce spectacle me semble magnifique. Ça m'est tellement agréable de voir comment cette neige d'une blanche pureté refaçonne les imperfections de la nature. Chaque flocon qui tombe s'emploie a effacer les rides de l'automne passé. Cette blancheur me réchauffe également le cœur. J'entends sans pouvoir les voir, des mômes qui jouent. J'en oublie de frotter le sol. Soudain, une voix qui semble venir d'outre tombe me sort de ma torpeur.

" qu'es ce que tu regardes espèce d'ordure ? "

Avec un sursaut de frayeur, je me retourne. "l'autre" est là, tout près de moi et son regard est rempli de cruauté. Je me prends a penser que la neige est responsable de ce qu'il va m'arriver. La neige m'a fait oublier ce a quoi je sers dans cette maison...... La neige m'a rendu heureux durant quelques instants....... La neige m'a...... elle a donné une occasion a "l'autre" de me cogner dessus pour me punir de ce plaisir psychique que j'ai réussi a installer durant quelques minutes au milieu de mon enfer de chaque instant.

" tu vas répondre espèce de pourri...... qu'es ce qu'il y a dehors ? "  

Elle me fait mal..... En me tenant fortement par les deux oreilles, elle me secoue la tête dans tout les sens en me la cognant a plusieurs reprises contre le mur. J'ai trop mal alors je pousse un cri de douleur. "l'autre" s'arrête aussitôt de me cogner et met une de ses mains autour de ma gorge. Elle serre de toute ses forces...... je l'entend me dire

" ferme la.... je ne veux pas t'entendre"

Je n'ai plus d'air, ma vue se brouille en même temps que mes jambes deviennent molles. Et puis comme a maintes fois ou elle me massacre, plus rien......
De l'eau froide sur ma figure me réveille. "l'autre" se tient debout devant moi, une casserole a la main. Qu'es ce que je fais là ? Que c'est-il passé ? J'essaie de me souvenir, de comprendre, mais j'ai trop mal a la tête. Une voix lointaine me dit de me lever..... j'essaie mais je n'y parviens pas. Quelqu'un m'aide a me relever mais je ne tiens pas debout. Ma tête semble vouloir exploser et j'ai des nausées. Je réalise soudain que c'est "l'autre" qui m'aide a me lever. Elle me serre tendrement contre elle tout en me murmurant

" pourquoi tu n'obéis pas ? "

C'est une phrase du genre là, je ne me souviens plus très bien..... Je perçois a nouveau une autre phrase lointaine qui me dit.....

"couche toi et dors. Ça va aller mieux"

Après, je ne sais plus........

Il fait nuit quand j'ouvre les yeux. Mes frères et sœurs dorment du sommeil du juste. J'ai besoin d'aller aux toilettes. Sans faire le moindre bruit, je me lève et descend les escaliers. Dans la cuisine, la lumière est allumée. J'ose lever les yeux. "l'autre" est assise a table et son regard est bizarre..... ses yeux sont rougis et brillants comme si elle a pleuré.  Au lieu de descendre a la cave ou se trouvent les toilettes, j'entre dans la cuisine. Je m'approche de "l'autre"....... je suis tout près d'elle....... elle n'a aucune réaction. sans que je puisse contrôler quoi que ce soit, je pose ma mains sur ses cheveux que je commence a caresser le plus doucement possible. Elle se tourne vers moi....... Son visage semble complètement détruit. Elle me prends par les épaules...... me serre contre elle et d'une douceur de voix que je ne lui connais pas, elle me dit

"dominique...... si tu savais. Si seulement tu savais dominique...... j'ai mal..... comme j'ai mal......."  

Elle pleure tout en me serrant fortement contre elle. Son visage est tout près du mien quand elle commence a me parler

" dominique..... il faut tu saches....."

Soudain, elle semble sortir de cette torpeur qui l'emprisonne et me repousse doucement mais fermement. "l'autre" a voulu me dire quelque chose mais elle n'y est pas parvenue. Le regard suppliant je veux lui dire...... les mots sont là, tout au fond de mon être...... des mots simples et compliqués a la fois, des phrases complètes qui ne demandent qu'a êtres dites, mais aucun son ne sort de ma bouche. Un mot plus fort que tous les autres semble vouloir sortir..... ce n'est pas un mot, mais un nom. Un nom que chaque enfant quand il apprend a parler, donne..... offre a la personne qui l'a mis au monde. Un nom que des milliards de mômes de par le monde, prononcent sans en imaginer la réelle signification ou seulement sa valeur.
Pourtant, moi je ne réussi pas a le prononcer. J'essaie de le crier de toute mes forces

" ma....  ma....."

Je bégaie a plusieurs reprises le début de ce nom qui signifie....... Mais que signifie pour moi ce nom ? Vas-y dominique, explique toi !  

Ce nom que je me refuse depuis si longtemps a prononcer et maintenant je voudrais...... Force toi dominique ! Elle a prononcé ton prénom a plusieurs reprises ce soir et tu as aimé ces instants. Ton corps a été parcouru d'un sentiment jusqu'alors inconnu pour toi...... dis le dominique ! vas-y, prononce le ce nom et peut être qu'après cela.....
non ! je n'ai pas le droit..... je dois jamais..... je me met a pleurer. C'est "l'autre" qui me sort de cette impasse verbale ou je suis englué jusqu'au plus profond de mon moi....... ou j'ai failli..... Non !!!!! je n'ai pas failli.

"va te coucher"

Je la regarde pour...... mais elle semble déjà plongée dans un autre monde. Son regard rivé sur la nappe, elle semble ne plus pouvoir bouger.
Je descend a la cave pour aller aux toilettes. Ensuite, je ne remonte pas. Dans le noir complet, je reste debout dans un coin de la cave. J'ai appris a aimer le noir. C'est protecteur. Je m'accroupis dans un coin de la buanderie et je m'endors......
Rêve...... réalité..... Aujourd'hui je sais que ça c'est passé et une chose est sure. Ce soir là, "l'autre" avait ouverte une porte et c'était faite aspirer...... elle était entrée dans mon monde..... dans mon enfer. Elle avait souffert autant que moi et de sa souffrance j'en éprouve encore a ce jour, une immense satisfaction.... un plaisir incommensurable. Je vous semble cruel !!!! je sais qu'il vous est impossible de me juger sur ce simple fait..... ce serait trop facile. Mais ne dit-on pas souvent d'une personne que "l'élève a dépassé le maitre.....".





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« Répondre #14 le: 03 Septembre 2015 à 21:29:29 »

       Depuis quelques temps, grand mère habite avec nous. Elle est impotente, donc il faut s'occuper d'elle tout le temps. C'est ma grand mère et c'est également ma marraine. Grand mère parle seulement en allemand. Je ne l'ai jamais entendu parler le français. "l'autre" crie beaucoup avec grand mère et pourtant, elle ne s'en occupe pas du tout. C'est une de mes sœurs ainée qui reste constamment avec elle. A chaque fois que je le peux, je rejoint grand mère dans sa chambre. Elle me donne beaucoup d'amour...... me parle tout doucement. Je n'ai pas besoin de comprendre ce qu'elle me dit, parce que le seul fait d’entendre le son de sa voix blotti dans le creux de ses bras, suffit a mon bonheur.  Ce matin là, je n'ai pas besoin de ruser pour entrer dans la chambre de grand mère. C'est elle qui a demandé a me voir. Folle de rage, "l'autre" n'a pas put refuser, car papa est là.....
Après quelques minutes passé dans ses bras, grand mère me fait comprendre que je dois fouiller dans sa vieille valise. Elle me demande de déchirer la doublure en tissu qui en recouvre l'intérieur. Je découvre une importante somme d'argent en billets. Quelle somme, je ne le sais pas. Je n'ai pas la notion de la valeur de l'argent. Je sais seulement que la somme doit être importante. Grand mère me fait comprendre que je dois lui cacher cet argent. Je tremble a l'idée de devoir faire cela, mais pour grand mère je suis prêt a tout. Comme je sais que "l'autre" doit  être derrière la porte a écouter ce que me dit grand mère, c'est avec des mimiques du visage que nous communiquons. Avant de sortir de la chambre, je roule les billets pour en faire un rouleau le plus serré possible que je cache sous mon aisselle. Je ne quitte pas la chambre avant d'avoir embrassé grand mère une bonne dizaine de fois.
Dans le couloir, je croise mon frère ainé qui me lance un regard haineux. Et oui frangin...... il y a quelqu'un qui m'aime dans cette maison. Moi aussi depuis que grand mère est là, j'ai droit a ma part de bonheur..... Très courte je le conçois, mais tellement plus intense. Le plus important frangin, c'est un bonheur que je n'achète pas comme toi tu le fais avec "l'autre".  Combien de fois par jour je t'entend rapporter a "l'autre" que..... "dominique a fait ci..... dominique a fait ça...... celle ci a pris......  celle là a donné....." . Pauvre couillon va, c'est une affection au rabais que tu récoltes auprès de "l'autre". Ce n'est même pas le mot "affection" qu'il faut employer, mais le mot "récompense"....... oui c'est bien cela, "récompense". Tu rapportes et elle te caresse...... Si tu t'en sens capable frangin, réfléchi voir a quoi tu ressembles avec cette phrase..... "je rapporte et elle me caresse"...... tu vois pas ! J'en suis sur que si.
Je descend a la cave pour y cacher l'argent de grand mère. dans un coin de la cave a charbon, il y a une caisse que papa a fabriqué. Elle est profonde et remplie de sciure de bois. Je creuse le plus profond possible dans la sciure puis je sors l'argent que j'ai coincé sous mon aisselle. A ce moment, une voix me fait sursauter.

"qu'es ce que tu caches là........ donne moi ça....."

C'est mon frangin qui se tient debout devant moi. Je le supplie de ne rien dire a "l'autre", mais rien n'y fait. Je lui explique que c'est l'argent de grand mère mais il s'en fiche royalement. Ses yeux sont rivés sur ce rouleau de billets....... il les déroule et commence a les compter en même temps qu'il remonte les escaliers de la cave. Je le rattrape et le connaissant que trop bien, je lui chuchote a l'oreille

"si tu me rend l'argent de grand mère, je ferai tout ce que tu veux"

Il s’arrête de monter les escaliers, se retourne et me dit

"tout ce que je veux..... tout ? "

Je le regarde avec fermeté et je lui dit

"oui..... tout ce que tu veux..... tout."

Il me promet que si j’obéis a ses moindres désirs, dans quelques jours il me rendra l'argent.

C'est a partir de cet instant et durant de longues très longues semaines, que tu as cher frangin, toi mon frère ainé, abusé sexuellement de moi. Attouchements, pénétrations anales avec des objets de toutes sortes........  Ce meuble sous les escaliers de la cave..... sur ton ordre, je devais m'y allonger nu et toi tu.......
Je croyais avoir la force de pouvoir mettre par écrit toutes les saletés que tu m'as fait subir...... mais je ne réussi pas a aller plus loin dans cet univers abject qu'en même temps je découvrais..... cet univers dont je n'imaginais même pas son existence.... Je ne trouve pas la force pour raconter tes actes odieux sur ma personne...... le courage me manque et surtout, la honte m’envahit. Oui...... c'est toi qui a abusé sexuellement de moi et c'est moi qui ai honte...... après toutes ces années passées, j'ai toujours aussi honte de ce que tu m'as fait subir.
A quoi bon..... il est inutile que je m'attarde sur ce sujet qui restera pour toujours très douloureux dans chaque recoin de ma personne.

L'argent de grand mère..... je ne l'ai jamais revu et elle ne me l'a jamais réclamé. Pardon grand mère de n'avoir pas su t'aider la seule fois ou tu avais besoin de moi. Pardon grand mère.
Merci grand mère, merci marraine pour cet immense univers de bonheur que tu as su me donner en si peu de temps. Merci pour tout et comme me disent très souvent mes enfants, "je t'aime".



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